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24 janvier 2020

Exposition : Christian Boltanski, faire son temps


Au centre Pompidou, lorsque vous achetez une entrée pour une exposition, vous pouvez faire les autres expositions du même niveau avec votre billet. L'occasion de découvrir d'autres univers souvent inconnus ou qui, en tout cas, ne m'aurait pas déplacée sur le seul nom. J'ai remarqué que souvent, ces expositions secondaires me plaisaient davantage que celles pour lesquelles j'étais venue. Ce fut le cas pour Twombly par rapport à Magritte, et ce le fut de nouveau pour Boltanski par rapport à Bacon.

Pourtant, ça partait mal avec une courte vidéo digne d'un film de la série Saw, où on voit un homme avachi par terre en train de cracher du sang au point de se vider complètement puis une première salle qui laisse songeur. Sauf que, on comprend intuitivement les références et on se laisse facilement porter par les œuvres proposées desquelles une émotion évidente transpire.

Boltanski, Théâtre d'ombres 1984-1997

Boltanski, La mort du grand père 1974
Boltanski, Réserve des Suisses morts 1990

Construite par Boltanski lui-même comme une rétrospective de son travail, cette exposition est extrêmement accessible. Même les néophytes comprennent vite les thèmes qui lui sont chers : la mémoire, la fragilité humaine... le tout sur 2000 m carrés. Dans une déambulation presque labyrinthique, le spectateur s'interroge sur ce qu'il reste de lui même une fois qu'il a "fait son temps", sur ce qui fera mémoire individuelle ou collective, sur les traces qu'il laissera. Acceptons-nous facilement de disparaître ? Comment l'Homme tente-t-il par tous les moyens de repousser l'oubli ?

Boltanski, Autel chases 1988

Boltanski, Monuments 1986
Boltanski, Réserve : les Suisses morts 1991

Des thèmes qui ne peuvent donc que parler au visiteur en le renvoyant à son propre vécu et à son histoire toute personnelle, avant d'ouvrir la conscience du collectif.

Boltanski, Les regards 2011

Boltanski, Misterios 2017
Boltanski, Crépuscule 2015

« Ceux qui m’intéressent sont toujours des inconnus, des anonymes. Je pense que chacun de nous est totalement unique et extrêmement important et que tous les humains sont prodigieux, donc tous les humains méritent mon attention. » 

Boltanski, Animitas Chili 2014

Boltanski, Prendre la parole 2005
« La grande question que je me suis posée c’est l’importance de chacun et de sa fragilité. On se souvient de son grand père mais pas de son arrière grand père : il y a le merveilleux de chacun, mais qui s’efface très rapidement. Chaque être humain mériterait d’avoir son musée après ses 60 ans. »


Informations utiles :

Du 13 novembre au 16 mars 2020
Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h, nocturne le jeudi jusqu’à 23h
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris
Tel : 01.44.78.12.33

Tarif : 14€
Tarif réduit : 11€

Site du Centre Pompidou ici

2 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

J'avais vu certaines de ses oeuvres à Grenoble, et j'avais été impressionnée.

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : oui, spontanément ça ne m'aurait pas intéressée mais je suis bien contente de l'avoir découvert. On ne peut pas rester insensible devant ses oeuvres.