Les auteurs : On a déjà croisé le travail de scénariste de Jean-Christophe Deveney sur ce blog pour sa collaboration avec Núria Tamarit pour Géante. Cette fois, c'est avec Edouard Cour, auteur français né en novembre 1986 en charge des dessins qu'il collabore pour cet album.
L'histoire : Nés sous le ciel crasseux du « Saint-Empire romain germanique », Hans et Helma étaient destinés à une vie de labeur et de pauvreté. Leur don et leur amour pour la musique s'offriront à eux comme un espoir, une lueur dans leur quotidien sombre et terreux.
Après la disparition de leur famille, ils vont être recueillis par un ermite musicien qui va leur faire découvrir la richesse des sons de la nature.
Accueillis ensuite dans un pensionnat religieux, ils vont apprendre les bases de la lecture et du solfège, leur permettant de déchiffrer les plus belles partitions de leur époque.
Adoptés par un margrave, seigneur de guerre, ils découvriront ensuite la beauté des instruments de musique.
Les palais de plusieurs villes européennes seront enfin les témoins silencieux de leur réussite et de leurs plus cruelles déceptions.
Mon avis : Cet album est unanimement salué par la critique et a reçu entre autres le prix BD FNAC France Inter 2026. On vante un récit initiatique grandiose de deux orphelins sauvés par la musique avec une mise en image d'une beauté folle. Personnellement, j'avoue être passée à côté.
Peut-être est-ce trop baroque pour moi ? Mais cette quête de l'absolu divin dans la musique, de l'accomplissement de l'artiste uniquement par ce chemin ne me parle pas. Je n'ai pas été sensible à cette histoire d'exaltation et d'ascension sociale par le biais de la musique. C'est torturé, violent et froid à mon goût. Le récit se perd aussi dans des considérations métaphysiques parfois plombantes sur le sens de la création tout en gardant une construction très linéaire et sans surprise : un lieu, une composition dans l'épreuve, un départ vers une autre ville. Ca parle en fait beaucoup mais donne assez peu à ressentir.
Les références artistiques sont nombreuses et j'ai trouvé dommage qu'elles soient cachées par des changements anecdotiques de noms (lieux et personnes historiques). Est-ce simplement pour donner une impression de conte intemporel ? Pour toucher à l'onirique voire parfois à l'horrifique ? Il y avait je pense moyen de ne pas user de cet artifice un peu artificiel.
Mais quand l'histoire ne vous captive pas, quand on reste trop à distance, le dessin seul ne peut pas contrebalancer la déception de lecture.
Soli Deo Gloria, de Jean-Christophe Deveney et Edouard Cour
Éditions Dupuis
Octobre 2025


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