La Terre verte [Alain Ayroles, Hervé Tanquerelle et Isabelle Merlet]

Les auteurs : On retrouve ici Alain Ayroles au scénario, qui avait déjà fait des merveilles sur Les Indes fourbes, cette fois accompagné par Hervé Tanquerelle, dessinateur de bande dessinée français né en 1972 qui a déjà mis en scène le Groenland dans un de ses précédents ouvrages, et Isabelle Merlet, coloriste de bande dessinée française qui a notamment collaboré avec Nury et Meurisse entre autres.

L'histoire : Aux derniers temps du Moyen Age, les ultimes descendants des Vikings tentent désespérément de survivre sur les rivages glacés du Groenland. Un homme au lourd passé, en quête d'une seconde chance, débarque parmi eux. Leur apportera-t-il le salut ou précipitera-t-il l'effondrement de la " Terre verte " ?

Mon avis : Après Les Indes fourbes, autant vous dire que mes attentes étaient hautes en entamant cette lecture. Est-ce pour ça que ça n'a pas fonctionné ?

Pourtant, sur le papier, tout devait fonctionner. Le récit épique d'un homme décidé à se construire par la conquête d'un royaume. La construction, hautement inspirée de Shakespeare puisqu'on suit Richard III qui aurait réchappé à la bataille de Bosworth, est découpée en cinq actes eux-mêmes découpés en scènes. Le personnage principal est égocentrique, bourré d'ambition, abject en tout point. Pourtant, il semble fasciner la population locale, j'avoue ne pas avoir compris pourquoi. Juste à cause de son armure ? Et si l'on n'accroche pas à ce personnage principal, la mayonnaise ne prend pas. D'autant que le côté théâtral est porté à l'excès, avec un flot de paroles grandiloquentes qui dessert le récit. Là où Ayroles faisait mouche avec De capes et de crocs, ici ça tombe à plat, pseudo-intellectualisant le récit et n'apportant aucune évolution au personnage de Richard qui continue de répéter les mêmes erreurs, encore et encore. 

Du coup, au lieu de proposer une aventure épique et rocambolesque, on assiste à une simple réécriture de la légende en terres groenlandaises et qui se perd dans une multitude de sujets juste évoqués : la folie, l'exil, la survie, la foi, la nature, le pouvoir... Tout ça pour ça !



Visuellement, c'est assez bon par contre. Le travail d'Hervé Tanquerelle, que je ne connaissais pas, est riche de détails, même si je n'ai pas aimé la tête des personnages bien qu'ils soient tout à fait expressifs. La couleur d'Isabelle Merlet rend à merveille la luminosité sombre de ces cieux nordiques, le contexte géographique et humain austère.


La Terre verte, d'Ayroles, Tanquerelle et Merlet
Éditions Delcourt
Avril 2025

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Misery [Stephen King]

Hunger Games [Suzanne Collins]

La prime [Janet Evanovich]