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16 janvier 2019

BD Express #13

Sorcières, de Chabouté

Entre vieilles croyances, maléfices, diableries et autres jeteurs de sorts, il ne fait pas bon vivre dans nos campagnes... Elles veulent notre peau...
Oui, mais pour en faire quoi ?

Après Tout seul, je ne pouvais que tenter à nouveau Chabouté. Et c'est au hasard que j'ai retiré Sorcières du bac à la bibliothèque. Je ne savais donc pas à quoi m'attendre. J'ai d'abord été surprise de découvrir des saynètes sans lien autre que la thématique où l'auteur met en avant les jeteuses de sort de tout genre. On retrouve le trait noir profond habituel de l'auteur, parfaitement assorti à son humour, pour illustrer la bêtise et la méchanceté humaine. Et ce qui m'impressionne surtout, c'est le poids des silences qui pèsent entre chaque case. Car Chabouté ne donne pas dans le personnage bavard. Beaucoup passe par le regard, le découpage des cases, des visages durs et marqués. Bref, si vous ne connaissez pas encore cet auteur, il faut le découvrir !


Le bois des vierges, de Dufaux et Tillier

Dans un monde où les Hommes et les Bêtes peinent à cohabiter, un pacte historique a été signé ; un processus de paix qui doit mettre fin aux sanglantes querelles ancestrales… Le puissant Seigneur Maître Arcan et Loup de Traille, chef des Bêtes de Haute Taille, marient leurs enfants : la jolie Aube est donnée au valeureux Loup de Feu ; « poil et peau » ne doivent désormais faire qu’un. Mais le conflit entre les races est loin d’être résolu. Lorsque Loup de Feu est retrouvé sauvagement assassiné sur son lit de noces, les Bêtes de Haute Taille se jettent à la poursuite des coupables, Aube et son frère Salviat. Traquée par des meutes assoiffées de vengeance, la jeune femme parvient à se réfugier dans le mystérieux bois des Vierges… La guerre est déclarée, et les deux clans sont prêts à tout pour gagner une partie qui s’annonce meurtrière et impitoyable.

Un dessin déjà vu et qui manque de finesse, mais une histoire prometteuse sur le premier tome. L'univers proposé est vraiment intéressant. Les auteurs voient plus loin que les habituels animaux anthropomorphes que nous pouvons croiser, en imaginant une cohabitation entre les humains et les animaux, eux-mêmes divisés entre haute et basse tailles. J'ai donc poursuivi ma lecture avec intérêt sauf que, le scénario va trop vite en besogne, oubliant au passage de travailler l'ambiance de façon constante plutôt que par touche ici ou là. Idem pour les personnages, avec la fameuse Aube qui change d'opinion bien trop facilement. Au final, c'est donc un triptyque très moyen.


Batman, un long Halloween, de Jeph Loeb et Tim Sale

Quelques mois après sa première victoire contre l'empire du crime qui phagocyte Gotham, le vigilant Batman enquête sur une série de meurtres perpétrés uniquement lors des fêtes. Travaillant en parallèle avec le jeune procureur Harvey Dent et la capitaine de police James Gordon, le Chevalier Noir engage une course contre un calendrier morbide qui égrène chaque mois une victime supplémentaire.

Batman est peut être un des super-héros qui m'attire le plus. Souhaitant me lancer dans la découverte des comics, c'est donc naturellement qu'après Saga je me suis tournée vers ce personnage. Mais je me suis heurtée à un problème de taille, qui sera je le crains le même quelque soit le héros choisi : l'univers est tellement multiple et riche, depuis si longtemps travaillé et remanié, qu'il est un peu frustrant de prendre les choses en cours de route. Parfois on en connait plus, d'autre fois on n'a pas les bases, mais surtout l'ensemble manque du coup cruellement d'une vraie ligne directrice et définie.

En dehors de ce bémol, j'ai plutôt apprécié ma découverte de ce volume en particulier. J'ai été étonnée de ne voir qu'assez peu apparaître Bruce Wayne. Mais ce qui fait le charme ici, c'est le graphisme impressionnant qui rend parfaitement la moindre scène d'action. Se faisant, les pages se tournent toute seule. On plonge dans un monde sombre, très polar noir des années 70/80, où le meurtre fait sa loi. Le Chevalier Noir lui-même flirte souvent avec la limite morale.  Et puis, la galerie d'ennemis et d'alliés de Batman est un vrai plaisir à (re)découvrir.


14 janvier 2019

Sauveur & fils saison 2 [Marie-Aude Murail]

Après ma découverte du premier tome de Sauveur & fils de Marie-Aude Murail, c'était couru d'avance que je ne résisterais pas longtemps avant d'entamer la suite.

L'histoire : Au numéro 12, de la rue des Murlins, à Orléans, vit Sauveur Saint-Yves, un psychologue antillais de 40 ans, 1.90 mètre pour 80 kg.
Côté jardin, il mène sa vie privée avec Lazare, son fils de 9 ans, et il a quelque espoir de reconstruire une famille avec Louise Rocheteau et ses deux enfants.
Côté ville, Sauveur reçoit ses patients.
Parmi eux : Ella Kuypens, 13 ans, qui se travestit en garçon et chante Sans contrefaçon, de Mylène Farmer, devant son miroir ; Blandine Carré, 12 ans, qui se shoote aux bonbons Haribo et fait un tabac sur Youtube avec ses vidéos de poupées Pullip ; Gabin Poupard, 17 ans, qui est Elfe de la nuit dans World of Warcraft et qui squatte le grenier de son psy dans le civil ; Samuel Cahen, 16 ans, qui ne se lave plus mais s'étonne de collectionner les râteaux avec les filles, ou encore Alex et Charlie qui, comme leurs prénoms ne l'indiquent pas, sont deux jeunes femmes souhaitant avoir ensemble un bébé...
Décidément, les humains sont de drôles de gens.

Mon avis : Après les grandes vacances, c'est l'heure de la rentrée pour Sauveur et son fils. Le premier va retrouver ses patients. Nous en connaissons certains, et j'ai été ravie de les retrouver, alors que d'autres sont nouveaux. Sur ce nouveau tome, c'est toujours le mal-être adolescent qui est surtout mis à l'honneur : les réseaux sociaux, la difficulté de s'accepter et de s'affirmer, de gérer les relations avec des adultes défaillants car humains... Les détresses sont réelles. La force de Sauveur, c'est qu'il écoute, il laisse chacun parler, dire ce qu'il a sur le cœur. Une première étape pour que ses patients puissent trouver le chemin vers leur vérité. Et une exhortation pour que nous traitions les problèmes au lieu de les enfouir sous le tapis.

Sauveur n'échappe pas à son humanité. Lui aussi se débat entre son fils et sa nouvelle amie Louise, qui a bien du mal à comprendre ce que veulent ses deux enfants et son ex-mari. Par contre, Marie-Aude Murail a choisi de peu nous en dire sur Sauveur et son histoire, contrairement au premier épisode.

La plume de l'auteur reste toujours aussi agréable, pleine d'humour et pourtant de justesse. Ses personnages sont terriblement réels, propres à générer l'empathie tout en étant bourrés de défauts. Les répliques savent émouvoir, toucher voire faire rire. Alors bien sûr, l'émotion de la découverte n'est plus là. Mais c'est maintenant davantage une lecture doudou et j'ai hâte de découvrir la saison 3 !

"C'est étonnant ce que tu arrives à exprimer en disant des conneries." (p°38)

Sauveur & fils saison 2, de Marie-Aude Murail
Éditions École des Loisirs
Octobre 2016

11 janvier 2019

Lola et ses frères, de Jean-Paul Rouve

Film français de Jean-Paul Rouve, sorti le 28 novembre 2018, avec Ludivine Sagnier, José Garcia et Jean-Paul Rouve.

L'histoire : Lola a deux frères : Benoit, qui se marie pour la 3ème fois, et Pierre, qui débarque en retard au mariage… Excuses, reproches, engueulades, brouilles, chacun essaye de vivre sa vie de son côté. Benoit va devenir père sans y être prêt. Lola fait la rencontre de Zoher alors qu’elle s'occupe de son divorce. Quant à Pierre, ses problèmes professionnels s'enveniment. Tout dans leur vie devrait les éloigner, mais ces trois-là sont inséparables.

Mon avis : Des places de ciné à terminer sur ma carte, une interview de Jean-Paul Rouve où je le trouvais touchant, voilà mes motivations pour aller voir ce film. Pourtant, c'est le genre que je regarde plutôt à la télévision, la taille de l'écran n'étant pas très importante au final. Ce sont les jeux des acteurs et les émotions qu'ils font naître qui font tous le sel de ces œuvres.

Ici, l'alchimie entre Ludivine Sagnier, Ramzi Bedia, José Garcia et Jean-Paul Rouve crève l'écran. Ils forment une famille tellement banale qu'ils en deviennent réels et crédibles (petit bémol pour le happy end final cependant), tendres et vivants, avec leurs défauts, leur grande gueule mais cet amour qui les lie inconditionnellement. Les répliques sont drôles sans virer à l'hilarant pour tisser un film tout en douceur et en délicatesse, qui ose aborder des sujets graves et tristes avec des situations pour chaque personnage qui peuvent être compliquées.

On sent que Jean-Paul Rouve a mis beaucoup d'attention dans ce film, autant par respect pour ses acteurs que par amour pour son public. Ce n'est pas si souvent qu'on a l'occasion de voir un film pareil, qui se savoure du début à la fin, malgré tout de même quelques défauts : blagues qui tombent à plat, impression de fouilli par moment... Mais cette histoire de fratrie sans prétention est un bon moment de cinéma.

09 janvier 2019

Charlotte impératrice : la princesse et l'archiduc [Nury et Bonhomme]

Les auteurs : On ne présente plus Fabien Nury sur ce blog, après Tyler Cross, Silas Corey ou encore La mort de Staline. Cette fois, le scénariste s'associe avec Matthieu Bonhomme, vu aussi récemment sur Le marquis d'Anaon, pour une nouvelle série Charlotte impératrice.

L'histoire : Élevée par son père Léopold 1er, Charlotte de Belgique est destinée à faire un glorieux mariage. Pour la jeune femme, le choix s'arrête sur l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère cadet de l'empereur François Joseph. Un mariage somptueux vient sceller leur union, qui, disons-le tout de suite, ne sera pas heureuse. Le jeune couple est dépassé par les rivalités dont ils sont le jeu, entre les terribles Habsbourg et le calculateur empereur Napoléon III. Et Maximilien se révèle un homme décevant, à tous points de vue. C'est en faisant face à l'adversité que Charlotte aura finalement l'occasion de quitter les voies d'un chemin tout tracé...

Mon avis : C'est Loesha qui m'a prêté cet album, car je n'ai pas résisté à l'attrait d'un nouvel opus de 4 tomes signé Nury. On sait ce scénariste bourré de talent, il l'exprime à nouveau ici, pour mettre en images le destin de Charlotte, princesse belge qui, à 16 ans, jette son dévolu sur l'archiduc Maximilien. Un beau parleur qui s'avèrera bien décevant, tout comme la cour des Habsbourg. La jeune femme se rend vite compte que son couple n'est qu'un pion dans le jeu politique et stratégique qui à lieu en Europe et au-delà. Saura-t-elle en tirer son épingle ? Une véritable Lady Di avant l'heure, qui croit faire un mariage d'amour et déchante avant de prendre les rênes de son destin.

Planche de Charlotte impératrice : la princesse et l'archiduc, de Nury et Bonhomme

On croise bien sûr l'empereur et l'impératrice d'Autriche, la fameuse Sissi, bien moins sympathique que l'image d'épinal que nous pouvons en avoir (merci Romi Schneider). Et les auteurs de nous rappeler ici que les grands d'Europe ne valaient pas mieux que leurs pauvres sujets : tout autant soumis aux passions humaines mais avec bien moins de chance de connaître le véritable bonheur. On retrouve ici le plaisir que prend Fabien Nury à travailler des personnages historiques aux prises avec l'Histoire, comme c'était déjà le cas dans La mort de Staline. Il met son récit en case avec une précision sans faille pour montrer toute la lourdeur du protocole et des carcans royaux, montrant l'ennui et le dynamisme tout aussi bien.

Un petit bémol sur les couleurs d'Isabelle Merlet, vives et peu nuancées, avec de grands aplats de couleurs dans les paysages. Le dessin lui aussi manque de caractère à mon goût. Mais après tout, je n'avais pas non plus été fan du travail de Matthieu Bonhomme sur Le marquis d'Anaon.

Bref, une série qui s'annonce parfaite sur le scénario et plus en demie-teinte pour le dessin. À voir l'évolution sur les trois albums encore à paraître.

Charlotte impératrice tome 1 : la princesse et l'archiduc, de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme
Éditions Dargaud
Août 2018

07 janvier 2019

L'échange des princesses [Chantal Thomas]

L'auteur : Née en 1945, Chantal Thomas est une romancière, dramaturge, essayiste et scénariste française. Son roman L'échange des princesses a été adapté au cinéma en 2017 par Marc Dugain.

L'histoire : En 1721, Philippe d’Orléans est Régent de France. L’exercice du pouvoir est agréable, il y prend goût. Surgit alors dans sa tête une idée de génie : proposer à Philippe V d’Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune infante, Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans – qui ne pourra donc enfanter qu’une décennie plus tard… Et il ne s’arrête pas là : il propose aussi de donner sa fille, Mlle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, futur héritier du trône d’Espagne, pour renforcer ses positions et consolider la fin du conflit avec le grand voisin.

La réaction à Madrid est enthousiaste, et les choses se mettent vite en place. L’échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, sur une petite île au milieu de la Bidassoa, la rivière qui fait office de frontière entre les deux royaumes. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu…

Mon avis : Voici un récit qui ferait passer l’idée à nombre de petites filles de vouloir être princesse ! Tout commence par un bain, au cour duquel le Régent de France a une idée qui, en resserrant les liens entre la couronne d’Espagne et celle de France, toutes les deux descendantes du grand Roi Soleil, devrait lui permettre d’assoir un peu plus son emprise sur le pouvoir. Il s’agit de marier l’infante d’Espagne, âgée de 3 ans au Roi de France Louis XV, âgé de 12 ans, et sa propre fille Louise Elisabeth de Montpensier, âgée de 12 ans, au Prince des Asturies, âgé de 14 ans. Sauf que la politique tient rarement compte des affinités humaines qui risquent de tout faire capoter.

Nous sommes en 1721, et les princesses quittent Paris et Madrid pour passer ensemble la frontière et se livrer à leur belle famille. On assiste au déchirement de la plus jeune, encore un bébé. On découvre la résistance de Louise Elisabeth. Et surtout, Chantal Thomas déroule devant nous le spectacle des combines et mesquineries de Cour, qui font d’un être humain un enjeu de pouvoir dont il n’est pas toujours conscient. Ce qui est un destin commun révèle deux personnalités très différentes : l’une se soumet de bon cœur, tombe même amoureuse ; l’autre regimbe et se bute. Et rien n’est fait pour accueillir chaleureusement, pour faciliter l’intégration et donner toutes les chances à ces mariages d’être heureux. Une fois les intérêts politiques satisfaits, les destinées personnelles n'ont plus aucune importance. 

Une fois l’échange fait en 1721, et jusqu’au dénouement en 1724, les princes et princesses s’ennuient et nous avec. Pourtant l’auteur prend soin de mêler à son récit des citations historiques, donnant par exemple la parole à la Princesse Palatine et son ton mordant. Elle met aussi en parallèle l’importance des pions politiques qu’ils sont et la banalité de leur quotidien. Malheureusement, le lecteur se perd dans la torpeur de ces journées répétées inlassablement, entourés de courtisans nauséabonds. En mêlant une véritable histoire romanesque derrière l’Histoire, Chantal Thomas m’aurait bien plus captivée. Je suis cependant contente d’avoir découvert cet épisode que je ne connaissais pas.


"La Cour est une mécanique effroyable. Comme toutes les princesses étrangères qui arrivent, j'ai été fêtée, puis maltraitée, calomniée, blessée. Au début nous sommes jeunes, amusantes, certaines d'entre nous sont jolies, la Cour nous caresse, a l'air de nous aduler. En fait, vampire sournois, elle nous pompe le sang. Les grossesses font le reste. La jeune épousée n'est bientôt plus qu'une pauvre chose qui se traîne et qu'on oublie" (La Palatine).


L'échange des princesses, de Chantal Thomas
Éditions Seuil
Août 2013

24 décembre 2018

Vitrines et Sapin de Noël 2018 des Grands magasins

Voici plusieurs années que je suis déçue par les vitrines du Printemps. Cette année, un peu contrainte par les manifestations à Paris, j'ai choisi de m'éloigner du quartier de l'Opéra et d'aller voir ce qui se passait du côté du Bon Marché rue de Sèvres. Plus simples, moins de monde et plus poétiques, je les ai appréciées avec leur thème "Mon bon sapin", qui fait la part belle à cette parure incontournable des fêtes de fin d'année. C'est tout bête mais ça rend parfaitement la magie de cette période je trouve.

Guirlandes lumineuses au Bon Marché

Les sapins majorettes du Bon Marché

Les sapins french cancan du Bon Marché

Les sapins danseurs étoiles du Bon Marché
J'ai tout de même fait un crochet boulevard Haussmann pour les vitrines des Galeries Lafayette et le grand sapin sponsorisé par Piaget. Cette année, place à l'imaginaire des enfants, qui ont dessiné, lors d'un concours, leurs héros de Noël. Les plus beaux dessins ont été transformés en peluches et installés dans les vitrines. Ça donne quelque chose d'un peu farfelu qui est sympathique.

Sapin de Noël des Galeries Lafayette


Les monstres de Noël arrivent aux Galeries Lafayette

Les monstres de Noël confectionnent la bûche de Noël

Les monstres fabriquent les cadeaux de Noël

Distribution des cadeaux

Notez la mise en place d'une plateforme transparente au 3e étage, à 16 mètres de hauteur, qui vous permet de vérifier si vous avez le vertige, de vous approcher du sapin et de contempler de plus près la splendeur de la coupole. 

Passerelle transparente au 3e étage des Galeries Lafayette - regardez bien, en plein milieu de la photo, on voit une personne tout en noir !

Ce billet me permet de vous souhaiter à toutes et à tous d'excellentes fêtes de fin d'année. Quel que soit votre façon de célébrer cette période, que vous y trouviez joie et sérénité. Et on se retrouve l'année prochaine pour de nouveaux billets !


21 décembre 2018

Fleurs #55


Fleurs offertes le 09/11/2018

19 décembre 2018

L'homme gribouillé [Serge Lehman et Frederik Peeters]

Les auteurs : Troisième album de Frederik Peeters que je découvre après Pilules bleues et L'odeur des garçons affamés avec Loo Hui Phang au scénario. Cette fois, c'est Serge Lehman qui est au récit.

L'histoire : Dans un Paris suffoqué par les pluies diluviennes, une mère et sa fille se lancent sur la piste d'un extraordinaire secret de famille. 

Mon avis : Comme quoi, il est parfois bon de changer d'avis ! Voici un album que j'ai beaucoup vu sur la blogo, avec des avis positifs. Mais il ne me tentait pas. Et puis, en cette fin d'année, la bibliothèque l'a mis en avant et, frustrée de ne pas trouver les albums que j'étais venue chercher (Magasin général de Loisel), je l'ai pris avec moi et commencé rapidement, sans rien en attendre. Et là, paf, j'ai adoré.

En fait, j’ai été captivée immédiatement. Le dessin que je craignais, ce côté crayonné, est addictif et parfaitement adapté. Il pose dès le début une ambiance sombre, oppressante, pluvieuse et hivernale à souhait. L’eau ruisselle et s’infiltre partout. Le coup de génie est peut être dans l’organisation et les plans des cases, qui apportent beaucoup de dynamisme, tout en ménageant le suspense.

Planche de L'homme gribouillé
Les personnages sont attachants, avec une mention spéciale pour Clara qui se révèle bien plus fine que ne peuvent le laisser croire les premières images. Elle est bourrée d’humour et d’audace, une vraie petite fée dans la vie de sa mère qui trimballe, sans trop le savoir, le poids de sa filiation. Le récit mélange quête d’identité, thriller et fantastique, ce dernier aspect étant largement porté par le personnage de Max.

J’ai adoré donc, mais difficile de dire pourquoi. J’ai pu analyser un élément facile : la zone géographique que je commence à connaître puisque c’est la région de la belle-famille. Mais en dehors de ça, je pense que cette histoire flirte avec l’intime de chacun, réveillant les croyances ancestrales. Un vrai conte fantastique comme on aime en découvrir enfant. Ne passez pas à côté !

En lisant quelques articles sur cet album, j'ai appris que les auteurs avaient été largement inspirés par le travail de Charles Freger sur "Wilder Mann".

L'homme gribouillé, de Serge Lehman et Frederik Peeters
Éditions Delcourt
Janvier 2018