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Séries #57

Descendants of the sun


Un soldat appartenant aux Forces spéciales sud-coréennes tombe amoureux d'une belle chirurgienne. Cependant, leur romance est de courte durée car leurs professions respectives les séparent.

Une série qui m'a fait passé par un large spectre d'émotions : que ce soit de l'agacement au gros coup de cœur. Premier point, le couple à l'écran fonctionne parfaitement et j'ai trépigné d'impatience comme une midinette ! J'ai aimé l'humour pince sans rire de Yoo Si-jin, j'ai aimé les situations cocasses qui réunissent nos deux protagonistes principaux, j'ai aimé les questions qui se posent à eux en terme de philosophies de vie totalement opposées. J'ai apprécié qu'il n'y ai pas de placement produit pour une fois. J'ai été agacée par les erreurs grossières sur les soins médicaux (faire un massage cardiaque à quelqu'un qui est juste évanoui o_o), par les atermoiements de la demoiselle ou par la glorification militaire. Mais, malgré le manque de finesse sur certains points, il est bien difficile, une fois le dernier épisode visionné, de se séparer de ces personnages que j'ai adoré suivre.


Her private life


Une conservatrice d'art voit sa vie chamboulée alors qu'elle essaie de cacher sa passion pour une idole de la K-pop au nouveau directeur de sa galerie.

Je retrouve ici l'actrice qui jouait dans Qu'est-ce qui cloche avec la secrétaire Kim ? Elle jouait déjà un peu le même genre de rôle de femme compétente mais qui tombe amoureuse de son patron. Ici s'ajoute un côté un peu nunuche qui devient rapidement agaçant. Par contre, j'ai aimé découvrir le côté fangirl très poussé, qui n'est pas une spécificité coréenne mais qui peut prendre des proportions folles avec les chanteurs de K-pop.


Twilight of the gods


Dans un monde inspiré de la mythologique nordique, Leif, un roi mortel, est sauvé sur le champ de bataille par Sigrid, une guerrière à la volonté de fer dont il tombe amoureux. Lors de leur nuit de noces, Sigrid et Leif survivent à la colère de Thor, qui les envoie en mission de vengeance, un véritable voyage vers l’enfer à travers des terres incroyables, des champs de bataille sanglants et des guerres menées contre les dieux et les démons.

Une série animée de Zack Snyder, j'étais curieuse. Le parti pris graphique est original, même si les dessins sont parfois un peu grossiers. Mais l'ambiance globale est sombre et sanglante à souhait. Côté histoire, là aussi, c'est très tentant sur le papier, et ça tient la route. L'antagonisme entre Thor et Loki est fort, loin de ce qu'on a l'habitude de voir dans les productions Marvel. Les dieux nordiques ne sont ni bons ni méchants, ils ne servent que leurs propres intérêts, en ce servant des humains. Mais le bas blesse sur un ou deux épisodes qui s'égarent un peu trop de la trame originale  (comme les scènes de sexe totalement dispensables), là où d'autres proposent une vraie réflexion sur la place de la religion (Odin face à Jésus, c'est fabuleux). Ca donne à l'ensemble une impression bancale un peu dérangeante.

Soli Deo Gloria [Jean-Christophe Deveney et Edouard Cour]

Les auteurs
: On a déjà croisé le travail de scénariste de Jean-Christophe Deveney sur ce blog pour sa collaboration avec Núria Tamarit pour Géante. Cette fois, c'est avec Edouard Cour, auteur français né en novembre 1986 en charge des dessins qu'il collabore pour cet album.

L'histoire : Nés sous le ciel crasseux du « Saint-Empire romain germanique », Hans et Helma étaient destinés à une vie de labeur et de pauvreté. Leur don et leur amour pour la musique s'offriront à eux comme un espoir, une lueur dans leur quotidien sombre et terreux.
Après la disparition de leur famille, ils vont être recueillis par un ermite musicien qui va leur faire découvrir la richesse des sons de la nature.
Accueillis ensuite dans un pensionnat religieux, ils vont apprendre les bases de la lecture et du solfège, leur permettant de déchiffrer les plus belles partitions de leur époque.
Adoptés par un margrave, seigneur de guerre, ils découvriront ensuite la beauté des instruments de musique.
Les palais de plusieurs villes européennes seront enfin les témoins silencieux de leur réussite et de leurs plus cruelles déceptions.

Mon avis : Cet album est unanimement salué par la critique et a reçu entre autres le prix BD FNAC France Inter 2026. On vante un récit initiatique grandiose de deux orphelins sauvés par la musique avec une mise en image d'une beauté folle. Personnellement, j'avoue être passée à côté.

Peut-être est-ce trop baroque pour moi ? Mais cette quête de l'absolu divin dans la musique, de l'accomplissement de l'artiste uniquement par ce chemin ne me parle pas. Je n'ai pas été sensible à cette histoire d'exaltation et d'ascension sociale par le biais de la musique. C'est torturé, violent et froid à mon goût. Le récit se perd aussi dans des considérations métaphysiques parfois plombantes sur le sens de la création tout en gardant une construction très linéaire et sans surprise : un lieu, une composition dans l'épreuve, un départ vers une autre ville. Ca parle en fait beaucoup mais donne assez peu à ressentir.

Les références artistiques sont nombreuses et j'ai trouvé dommage qu'elles soient cachées par des changements anecdotiques de noms (lieux et personnes historiques). Est-ce simplement pour donner une impression de conte intemporel ? Pour toucher à l'onirique voire parfois à l'horrifique ? Il y avait je pense moyen de ne pas user de cet artifice un peu artificiel. 


Le dessin est soigné, étonnamment lisible malgré le crayonné furieux à peine réhaussé parfois de pointes de couleur quand il y a des envolées lyriques, de plus en plus chatoyantes au fur et à mesure que le talent d'Helma et Hans grandit. Le fond est perpétuellement noir, rendant l'ambiance sombre. Il y a beaucoup d'idées et d'originalité ici, surtout quand ces volutes sortent des cases et brisent les lois de l'enfermement, traçant des ponts. J'ai véritablement été charmée par le travail d'Edouard Cour. 

Mais quand l'histoire ne vous captive pas, quand on reste trop à distance, le dessin seul ne peut pas contrebalancer la déception de lecture.


Soli Deo Gloria, de Jean-Christophe Deveney et Edouard Cour
Éditions Dupuis
Octobre 2025

Les carnets de l'apothicaire tome 4 [Natsu Hyûga]

La saison 2 des Carnets de l'apothicaire est sortie sur Netflix, l'occasion pour moi de revoir la première, de me replonger pleinement dans cette ambiance et d'avoir une furieuse envie de renouer avec ces personnages. J'ai donc ouvert le tome 4.

L'histoire : Que de changements ! Dame Gyokuyo a été sacrée impératrice et Mao Mao ne travaille plus à la cour intérieure. En effet, la jeune fille est retournée au quartier des plaisirs reprendre l'herboristerie de son père adoptif, Luomen. Quant à Jinshi, il n'est plus l'intendant du hougong. Impossible pour lui, après avoir mené la bataille visant à mater la rébellion du clan Shi, de continuer à se cacher derrière sa fausse identité d'eunuque. Si la situation semble s'être apaisée à la capitale impériale, les ennuis continuent de suivre Mao Mao et cette fois, tout le pays est menacé. Lorsque l'apothicaire est sommée de prendre part à une rencontre diplomatique entre l'empire et ses voisins occidentaux, elle n'a d'autre choix que d'obéir. Mais le voyage vers l'Ouest ne sera pas de tout repos...

Mon avis : Petite baisse de qualité sur ce tome-ci que j'ai trouvé moins mordant que les précédents. Est-ce parce qu'il faut relancer les intrigues qui ont toutes ou presque été soldées lors du time 3 ? Peut-être. 

Ici donc, voici Mao Mao exclue du hougong, dont on ne saura rien des agitations qui y ont lieu. On se concentre sur une nouvelle intrigue basée sur une épidémie à venir de sauterelles, entraînant avec elle la famine. En parallèle, Jinshi ne peut plus se cacher derrière un costume d'eunuque et doit pleinement assumer ses responsabilités de fils cadet impérial.  Dans ce contexte, un voyage dans les terres de l'Ouest est décidé. On se doute que la route ne sera pas de tout repos.

Mao Mao est-elle totalement incapable de concevoir ce qui se passe entre elle et Jinshi ? J'avoue être agacée de ne pas savoir ce qu'elle en pense réellement alors qu'on sait tout de ses pensées sur les autres sujets. A écouter les autres autour d'elle, elle si fine en général, ne peut pas ne pas savoir que Jinshi lui porte un intérêt qui dépasse sa simple utilité comme pion politique. Ca donne un côté bancal au récit qui est désagréable au bout d'un moment et rend peu crédibles certaines situations. Elle s'obstine dans son incompréhension et ne progresse absolument pas, dans un sens ou dans l'autre. Un peu rigide la demoiselle !

La relation entre les deux prend d'ailleurs des aspects "red flag" (je passe sur la polémique de traduction initiale proposée par la maison d'édition). Ce n'est pas dérangeant en soit puisqu'on s'imagine bien à l'époque que le consentement de la femme n'était pas au cœur des préoccupations de ces messieurs. Juste que le récit étant adressé à de jeunes lecteurs, il faudrait peut être prendre quelques précautions pour reposer le contexte.

J'attends de voir sur le prochain tome si la psychologie de Mao Mao progresse pour savoir si je continue ou non la série des romans.


Les carnets de l'apothicaire, tome 4, de Natsu Hyûga
Traduit par Jean-Baptiste Flamin et Sasha Boucheron
Éditions Lumen
Août 2024

Love on trial, de Kôji Fukada

Film franco-japonais de Kôji Fukada sorti le 25 mars 2026 avec Kyoko Saito, Yuki Kura, Erika Karata.

L'histoire : Jeune idole de la pop en pleine ascension, Mai commet l’irréparable : tomber amoureuse, malgré l’interdiction formelle inscrite dans son contrat. Lorsque sa relation éclate au grand jour, Mai est traînée par sa propre agence devant la justice. Confrontés à une machine implacable, les deux amants décident de se battre pour défendre leur droit le plus universel : celui d’aimer.

Mon avis : Vous l'aurez peut être remarqué, je suis dans une phase où je m'intéresse à la culture asiatique : Japon, Corée et Chine. Je ne suis pas au même niveau sur ces trois pays. Mais, que ce soit au Japon ou en Corée, le phénomène des idoles me laisse complètement insensible. Quand je vois le déferlement d'excitation qu'a suscité la sortie du dernier album de BTS par exemple, j'avoue ne pas du tout être concernée. J'ai essayé, mais je n'accroche pas du tout à leur musique. 

Ceci étant dit, le phénomène m'intrigue. Dans ma jeunesse, j'ai connu les boys band comme les NKOTB et leurs dérivés britanniques (Boyzone, Take That) ou français et je n'ai pas l'impression qu'on était aussi extrémiste dans l'attachement qu'on portait à ces chanteurs. Au Japon, c'est ce que va nous montrer le film, tout est fait pour brider la vie privée de l'artiste afin que le fan puisse s'imaginer occuper une place privilégiée dans sa vie, et donc permettre au merchandising de jouer à plein. L'agence récoltant au passage beaucoup d'argent.

Quant à la manière de filmer, c'est juste, sans sentimentalisme ni dramatisme excessif, laissant toute sa place à la plaidoirie dénonçant parfaitement le fantasme créé de toute pièce qui broie au passage des êtres humains. Et de s'ouvrir alors plus largement sur la question de la liberté individuelle et du prix à payer pour en jouir pleinement. Le réalisateur joue l'équilibriste pour ne pas tomber dans l'acidité, la romance niaise ou la facilité. La sobriété est parfois un peu excessive, presque sans musique d'accompagnement.

Un beau film, bien réalisé et percutant.

Demain, de l'autre côté [Tina Cho & Deb JJ Lee]

Les autrices : Tina Cho est une enseignante et autrice de livres pour enfants américaine. Elle a vécu plus de dix ans en Corée du Sud. Elle s'associe avec Deb JJ Lee, illustratrice et autrice américano-coréenne de bande dessinée.

L'histoire : De nombreux Nord-Coréens ont appris que rester peut être aussi mortel que de tenter de fuir... presque. Ne jamais savoir où trouver de quoi manger, éviter les soldats qui les guettent à chaque coin de rue...
Tel est le quotidien de Yunho et Myunghee. Aussi, lorsqu'ils décident chacun de fuir le sombre avenir qui les attend, ils savent qu'ils risquent de connaître un sort pire que la mort. Yunho espère retrouver sa omma, qui a traversé la frontière en cachette il y a des années. Myunghee cherche la liberté à tout prix. Ils ne se connaissent pas, mais le destin entremêle leurs chemins.
Réunis par l'espoir d'un avenir meilleur, ils affrontent une route semée de serpents venimeux dans la jungle et de soldats corrompus. Chaque jour est une épreuve pour ne pas laisser la peur d'être découverts et emprisonnés gagner. Mais à chaque pas vers la liberté, l'espoir grandit. Parviendront-ils à se mettre à l'abri sans se perdre l'un l'autre ?

Mon avis : Yunho et Myunghee rêvent de liberté mais vivent en Corée du Nord. Ils décident de partir, le même jour, et leurs chemins se croisent à la frontière avec la Chine. Un parcours difficile et périlleux dont ils ne sont pas certains de sortir indemnes.

Graphiquement, le travail de Deb JJ Lee est remarquable de poésie et de beauté. Les aquarelles font la part belle aux couleurs douces, évitant la débauche de violence. Cependant, le dessin n'est pas toujours très lisible et ne rend pas l'atrocité de la situation, qui reste du coup assez éloignée du lecteur. Ce qui me fait dire que cet album s'adresse peut être plus à un jeune public qu'aux adultes.


Narrativement, je déplore le choix d'alterner les points de vue toutes les trois pages. Ca morcelle atrocement le récit et empêche toute empathie avec les deux personnages principaux. C'est dommage pour cette histoire forcément très touchante par le sujet qu'elle aborde. Je retiens cependant un point qui m'a particulièrement intéressée, c'est celui du passage entre la Chine, le Laos et la Thaïlande. Si vous vous souvenez, je vous disais justement dans Deux coréennes que je déplorais le manque d'explication sur la sortie de Chine. Ici, on suit de bout en bout le parcours qui va mener Yunho et Myunghee jusqu'en Californie. Il me manque cependant encore quelques explications géopolitiques (pourquoi passer par le Laos et pas le Viêtnam par exemple ?).

Bref, un bel album qui sensibilisera en douceur le jeune public à la situation en Corée du Nord mais qui décevra les adultes un peu plus au fait.


Demain, de l'autre côté , de Tina Cho et Deb JJ Lee
Éditions Akileos
Septembre 2025

Re:Start [Katia Lanero Zamora]

L'autrice
: Née en mars 1985, Katia Lanero Zamora est une autrice belge.

L'histoire : Mona a intégré le prestigieux village Re:Start, une communauté entièrement dédiée à la beauté des femmes. Ses habitantes, les Lumineuses, sont prêtes à embrasser leur féminité et à saisir l'opportunité de devenir des déesses grâce au programme sportif et aux gélules minceur préconisés par leur modèle et mentore, Geneviève.
Mona a gravi les échelons, elle est désormais Semeuse. Tout semble parfait dans ce paradis des corps et de la féminité... jusqu'au jour où sa meilleure amie perd le contrôle.
Y aurait-il une faille dans ce programme de rêve ?

Mon avis : Petite novella sur laquelle je suis tombée complètement par hasard et dont la quatrième de couverture m'a intriguée. Privation alimentaires et traitements médicamenteux pour se façonner un tout nouveau corps, une nouvelle et meilleure version de soi : l'esprit suit-il ? Et d'ailleurs, sous prétexte de répondre aux injonctions sociétales et patriarcales, doit-on absolument se soumettre aux pires tortures ?

Récit de science fiction très moderne, malheureusement toujours d'actualité, Re:Start évoque les dangers que rencontrent les femmes qui veulent se soumettre aux diktats de la mode : être belle, ne pas vieillir. En allant dans le sous-genre du body horror, c'est-à-dire en touchant à la chair même des personnages, l'autrice suscite bien évidemment le malaise tout à la fois physique mais également psychologique. En voulant être acceptée, valorisée, aimée, les femmes finissent par se détester elles-mêmes. Et c'est toujours sur ce terreau fertile de l'insécurité que poussent les dérives sectaires, d'autant plus redoutables qu'elles sont présentées comme des séances de bien être. 

C'est intelligent, bien écrit, et le lecteur est immédiatement plongée dans l'ambiance malsaine du programme Re:Start. Il faut dire que les premières pages sont percutantes. Malheureusement, le récit va bien trop vite sur la deuxième partie, comme si l'autrice était pressée de donner le fin mot de l'histoire. Ca donne un problème de temporalité, là où l'enquête de Mona aurait nécessité un peu plus de temps pour se dénouer. Ce qui fait qu'on en ressort avec une impression un peu bancale.

Bref, de l'idée mais un défaut de réalisation.


Re:Start, de Katia Lanero Zamora
Éditions Argyll
2024