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Cathédrale Notre Dame de Paris

Je vous ai déjà proposé des billets sur la cathédrale Notre Dame de Paris depuis le début de ce blog. Mais jamais avec des photographies de l'intérieur et surtout depuis le terrible incendie qui a ravagé sa toiture en avril 2019.

Facade de Notre Dame de Paris

Détail du Portail du Jugement Dernier, Cathédrale Notre Dame de Paris

Ancien Coq de la flèche de Notre Dame, créé par l’entreprise Monduit d’après le modèle d’Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume en 1937 

Avec mon travail, j'ai eu l'occasion de pouvoir aller la visiter. C'était très émouvant de retrouver ce bâtiment si emblématique de la capitale, toujours aussi plein de grandeur.

Nef de Notre Dame de Paris, au premier plan, le nouveau baptistère conçu par Guillaume Bardet

Transept de Notre Dame de Paris

Clé de voute de Notre Dame de Paris, Vierge au croissant

Après, je dois avouer que de voir ses pierres si blanches enlèvent à mon goût l'impression du poids de l'histoire au visiteur. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'on ressent le modernisme, les bâtisseurs et tous les corps de métier qui sont intervenus ont clairement fait un travail remarquable. Mais il y a un côté propre et net qui m'enlève ce sentiment de poser mes pieds dans un lieu qui a vu des centaines d'années et des millions d'individus fouler son sol. Je suis surement formatée mais le côté sombre d'un édifice catholique m'invite à l'introspection plus qu'à la visite touristique.

Rose Sud, dite Rose du Midi, Cathédrale Notre Dame de Paris

Rose Sud

Rose Nord

Châsse-Reliquaire de la couronne d'épines, de Sylvain Dubuisson - Notre Dame de Paris

Anges de la Chaire dans Notre Dame de Paris

A business proposal [Haehwa, Narak et Perilla]

Les auteurs
: Haehwa est l'autrice originale, Narak est le dessinateur et Perilla l'autrice pour le manhwa.

L'histoire : Shin Hari était loin de se douter qu’en acceptant de rendre service à son amie, sa vie allait tourner au cauchemar.
En la remplaçant lors d’un rendez-vous amoureux arrangé, la jeune employée se rend vite compte que quelque chose cloche. Le riche et beau prétendant s’avère être… Kang Taemu, son patron !
La vie de bureau devient alors une véritable épreuve du combattant pour Shin Hari qui doit désormais cacher à son prétendant qu’elle est son employée et échapper à ses appels incessants.
Mais tout va empirer quand elle répond enfin au téléphone : Taemu veut l’épouser le plus vite possible !

Mon avis : J'avais bien aimé la série d'animation et je suis tombée par hasard sur le manhwa dont elle était tirée. N'ayant pas grand chose à lire en graphique en ce moment, je me suis laissée tenter. 

J'ai eu beau connaître l'histoire, je me suis encore fait avoir et j'ai plongé directement dans cette romance, notant au passage les différences avec l'adaptation pour la télévision (notamment un côté un peu nymphomane qui étonne). Les deux personnages restent, en tout cas sur ces deux premiers tomes, très amusants : la rencontre, le jeu sur l'identité des personnages, les quiproquos qui en résultent et les rebondissements qui vont avec. Shin Hari est une jeune femme pétillante qui ne s'en laisse pas compter. Et Kang Taemu est pour l'instant très agaçant et dans la maîtrise de la situation, on a hâte de le voir être déstabilisé.

Comme souvent avec les manhwas récemment publiés, surtout lorsqu'ils sortent de Webtoon, je n'apprécie pas plus que cela les dessins : on sent trop l'ordinateur, cela manque de finesse et de tendresse à mon goût. Mais comme ici le propos ne s'y prête guère, on peut tout à fait en faire abstraction. J'ai une furieuse envie de revoir l'adaptation maintenant, c'est malin !


A business proposal tomes 1 et 2, de Haehwa, Narak et Perilla
Éditions Kotoon
Février et juin 2024

Le blues du braqueur de banque [Flemming Jensen]

L'auteur
: Né en octobre 1948, Flemming Jensen est un écrivain, acteur et humoriste danois. Il a notamment écrit Imaqa déjà présenté sur ce blog.

L'histoire : Max est conseiller politique de haut niveau. Il est l'homme de l'ombre, génie réputé pour sortir indemne des situations les plus complexes. Seulement, cette fois, Max a assassiné son meilleur ami, Tom, qui est aussi, accessoirement, le Premier ministre danois. Tom se montrait bien peu reconnaissant alors que, sans l'entremise de Max, il ne serait jamais parvenu au sommet. Mais le tuer à coups de bouteille de whisky était peut-être une erreur. D'autant qu'une scoute un peu trop curieuse a sans doute été témoin de la scène.

Expert en manipulation, Max doit improviser une histoire vraisemblable pour échapper aux soupçons de cette jeune femme décidément gênante, le tout sous le regard ironique du narrateur, un braqueur de banque à l'humour désarmant.

Mon avis : Est-ce parce que j'avais déjà lu et apprécié un précédent roman de l'auteur que j'avais noté ce titre ? En tout cas, il est resté longtemps dans mes envies de lecture jusqu'à ce que je le trouve récemment d'occasion. Comme il est court, j'ai choisi de le lire rapidement. Et j'ai été déçue. Entre les digressions du narrateur qui ne font pas avancer l'histoire et dont l'humour n'a pas fait mouche, le personnage de Max qui n'est pas particulièrement sympathique, le huis clos (puisque tout se passe dans un hangar à bateaux) qui ne dépayse pas beaucoup, le récit rocambolesque et loufoque mais dans lequel j'ai peiné à entrer... 

Le plus gênant étant surement de ne jamais vraiment s'attacher à aucun personnage, de ne pas pouvoir goûter la subtilité de leur psychologie. Comme par exemple Signe, la jeune scout, dont on ne sait si elle est idiote, manipulée ou bien au contraire très habile. Pourtant, le narrateur se positionnant d'entrée de jeu comme omniscient, il devrait être en mesure de nous faire apprécier ce genre de détails, apportant au récit une touche d'humour pince sans rire, impliquant le lecteur dans un jeu de dupes.

Seul point positif, le contexte politique intéressant qui explique la dynamique entre les États-Unis et le Danemark sur la question groenlandaise. 


Le blues du braqueur de banque, de Flemming Jensen
Traduit par Andreas Saint-Bonnet
Éditions Actes Sud Babel
Octobre 2014

Exposition : Isao Takahata, Pionnier du dessin animé contemporain, de l’après-guerre au Studio Ghibli


Il reste encore un mois pour visiter cette belle exposition qui, pour peu que vous appréciez les réalisations du studio Ghibli, vous présente le travail du réalisateur Isao Takahata, co-fondateur moins connu que Hayao Miyazaki, mais plus que Toshio Suzuki. Elle retrace, à travers ses carnets, croquis et dessins préparatoires en tout genre, la carrière de ce réalisateur à qui on doit Le tombeau des lucioles ou Le conte de la princesse Kaguya.

Horus, prince du Soleil ©1968 TOEI COMPANY, LTD. © Graziella Antonini

Né en 1935 (et mort en 2018), Isao Takahata étudie la littérature française à l'université de Tokyo. Il découvre ainsi Jacques Prévert et son travail avec Paul Grimault pour La Bergère et le Ramoneur, qui le marque et lui donne sa vocation artistique. En 1959, il rejoint donc le studio d'animation Tōei Animation pour devenir réalisateur mais commence par diverses taches subalternes et fait la rencontre de Miyazaki. Horus, prince du soleil est son premier long métrage destiné au cinéma. Il ne s'y limite pas à une représentation enfantine de la narration et décide d'adresser son récit aussi aux adultes, avec des tensions politiques et une densité narrative. L'exposition montre toute l'ingéniosité de Takahata pour faciliter la production collective et la construction d'un univers narratif complet et complexe.

Le succès n'étant pas au rendez-vous, les producteurs se recentrent vers la production télévisuelles. A partir de là, Miyazaki et Takahata collaborent très fréquemment sur des films dont Nausicaä de la vallée du vent en 1984 et sur des séries télévisées Lupin III, Heidi en 1974, Anne et la maison aux pignons verts en 1979... pour lesquelles l'équipe déploie des trésors d'ingéniosité pour être minutieux tout en respectant les contraintes de planning de production d'un épisode par semaine. Un vrai travail d'équipe où chacun joue sa partition.


A partir de 1981, Takahata se réoriente vers des productions se déroulant au Japon. En 1985, il cofonde le studio Ghibli et sort Le tombeau des lucioles en 1988, Souvenirs goutte à goutte en 1991 et Pompoko en 1994. Dans les années 90, il se plonge dans l'étude des anciens rouleaux peints (emakimono) et donc la culture visuelle traditionnelle au Japon, cherchant là un nouveau style d'animation où personnages et décors sont intégrés. Cela débouche en 1999 avec Mes voisins les Yamada et en 2013 sur Le conte de la princesse Kaguya. Sa représentation tire alors clairement sur l'aquarelle et s'appuie sur les dernières technologies numériques pour donner vie au crayonné. C'est à la fois traditionnel et follement moderne.

50 ans d'audace et de créativité toujours renouvelées qui se révèlent dans cette belle exposition qui montre aussi l'importance de la France pour ce réalisateur japonais, qui fit pas moins de 26 voyages en Europe, notamment pour des repérages !




Informations utiles :

Du 02 décembre 2025 au 10 janvier 2026
Du mardi au samedi de 11h à 19h, fermé les dimanches, lundis et jours fériés

Maison de la culture du Japon à Paris
101 bis, quai Jacques Chirac
75015 Paris
Tel : 01 44 37 95 00

Tarif normal : 7€ pour l'exposition 
Tarif réduit : 5€

Site de la Maison de la culture du Japon à Paris ici

L'enfant, la taupe, le renard et le cheval [Charlie Mackesy]

L'auteur : Charlie Mackesy est un artiste britannique, né en décembre 1962, qui a débuté comme caricaturiste pour The Spectator et comme illustrateur pour Oxford University Press. Il a exposé ses œuvres à Londres et New York. Il rencontre un succès retentissant avec son premier livre L'enfant, la taupe, le renard et le cheval écrit à 50 ans dans sa maison proche de Londres où il vit avec sa mère et son chien.
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L'histoire : Au fil des pages, l'enfant curieux, la taupe enthousiaste et gourmande, le renard blessé et méfiant et le sage cheval se rencontrent, s'adoptent et s'entraident. Les conversations sur le sens de la vie de ces quatre personnages, qui représentent les différentes facettes d'un être humain, sont rapportées et illustrées de dessins.

Mon avis : Voici un album sorti en 2020 à côté duquel j'étais totalement passé. Et vu la qualité des dessins, ça aurait été dommage. Ils sont tout simplement magnifiques, d'une délicatesse folle. On sent la qualité de dessinateur de Charlie Mackesy déjà dans les croquis, mais encore plus quand les images sont mises en couleur.

Le récit pèche peut être un peu. Au fil des pages, un petit garçon rencontre une taupe, puis un renard et enfin un cheval. Tous vont, au gré de réflexions existentielles, s'apporter soutien et réconfort. Pas de vrai récit mais l'auteur s'en explique dès la préface : il a souhaité un livre qui puisse s'ouvrir à n'importe quelle page. Vous trouverez donc à chaque fois une illustration et un texte d'accompagnement, visant à apprendre, réconforter, apporter de la bienveillance. Il s'agit donc de maximes illustrées.


C'est beau donc, indubitablement, mais peut être un peu facile tout de même. Il y manque à mon goût un peu de profondeur pour en faire un véritable coup de cœur. Je comprends par contre que ça puisse parfaitement séduire et trouver son public. Il serait dommage de ne pas tenter l'aventure.


L'enfant, la taupe, le renard et le cheval, de Charlie Mackesy
Éditions Les Arènes
Septembre 2020

Le lys du ciel [Lee Geumyi]

L'autrice :  Lee Geumyi est une autrice sud-coréenne née en 1976. Elle a étudié la littérature coréenne à l’université et s’est fait connaître par des romans qui explorent les thèmes de la mémoire, de la famille et de la résilience, s'adressant aussi bien à la jeunesse qu'à un lectorat adulte. Le lys du ciel est paru en 1999 mais a été réactualisé deux fois.

L'histoire : À 12 ans, Mireu quitte Séoul, son père et ses amies pour s'installer avec sa mère à Champ-de-lune, un petit village de campagne. La beauté du paysage la laisse indifférente, elle est trop en colère contre sa mère, le divorce de ses parents, et la vie en général ! Décidée à rester isolée, Mireu va pourtant croiser la route de la douce Sohui et de son ami Baou, jeune artiste discret. Ils vont s'apprivoiser, se confier et se lier d'une amitié sincère, qui les aidera à grandir et à avancer.

Mon avis : Roman très connu en Corée du Sud, Le lys du ciel est un récit jeunesse bien construit qui aborde les thèmes de l'amitié, de la famille et de l'absence avec délicatesse.

Pas de grosses scènes d'action ici, mais le point de vue de trois protagonistes sur leur relation et la façon de voir leurs proches. Trois enfants qui entrent dans l'adolescence avec chacun leurs blessures : abandon, deuil ou divorce des parents. Ils l'appréhendent à leur façon, ils se révèlent et trouvent leur place dans ce monde, en acceptant que les adultes et surtout leurs parents ne sont que des êtres humains, faillibles. C'est grâce à l'amitié qu'ils vont trouver le courage d'accepter leur destin et d'en tirer le meilleur possible. Une amitié qui se construit petit à petit, qui sait faire fi des moments de tension et pardonner.

La palette des émotions évoquées et rendues est riche. Tout ce qu'engendre le manque affectif est abordé et mis en parallèle avec la nature et le passage des saisons. C'est doux, poétique. Peut-être un peu trop simple pour vraiment convaincre un adulte mais c'est typiquement le genre de roman que j'aurais adoré étant enfant.


Le lys du ciel, de Lee Geumyi
Traduit par Irène Thirouin-Jung
Éditions Albin Michel Jeunesse
Novembre 2025

Vitrines et Sapin de Noël 2025 des Grands magasins

Le temps est venu du traditionnel billet des vitrines de Noël des grands magasins parisiens. 

Shopping au Printemps à Wall Street et Broadway

Un après-midi à Central Park

Traffic Jam sur le 5e

Equipe Printemps vs Autres magasins

Cette année est un véritable bis repetita de l'année dernière : les vitrines proposées par le Printemps sont touchantes, enfantines à souhait, délicates. Une bande de chiens nous guident dans les lieux emblématiques de New York pour y vivre la magie de Noël. Car le Printemps célèbre l'ouverture de son tout premier magasin américain à Manhattan. C'est joyeux, festif, haut en couleurs, ça grouille de détails qu'on se plait à pointer du doigt.


Groove sur Time Square

Les vitrines des Galeries Lafayette sont plus grossières, moins tendres. Signées cette année par l'illustratrice Jeanne Detallante, avec à nouveau une grosse mise en avant des marques de luxe, la cible est clairement plus adulte qu'enfantine, et c'est bien dommage. D'autant que les personnages des lutins qui sont proposés ont tout ce qu'il faut pour aller dans ce registre et qu'il y a bien une trame narrative, classique mais exploitable : les lutins du Père Noël reçoivent les listes, réalisent les cadeaux dans l'atelier puis accompagnent jusqu'au banquet et à la distribution. Non, c'est la réalisation elle-même qui ne va pas.

Lutins des Galeries Lafayette

Le bureau du Père Noël

Imprimerie des papiers cadeaux

Le grand sapin est à l'aune ce design, avec des motifs collés à la structure, donnant une réalisation assez peu lisible du sol. Ca manque de tendresse et de magie d'enfance que diable ! S'il y a bien un moment et un endroit où le mercantile pourrait s'effacer un peu, c'est bien à l'occasion des vitrines de Noël. Surtout que je ne suis pas convaincue que le chiffre d'affaires en pâtirait, bien au contraire.

Sapin de Noël 2025 des Galeries Lafayette

Sur ce dernier billet de décembre, je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d'année. Et on se retrouve en 2026 !