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24 juillet 2020

Fleurs #68



Fleurs offertes le 13/03/2020

22 juillet 2020

Riche, pourquoi pas toi ? [Marion Montaigne, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot]

Les auteurs : On ne présente plus Marion Montaigne, après le succès rencontré par Dans la combi de Thomas Pesquet. Excursion dans ses œuvres plus anciennes et cette collaboration avec les sociologues français Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de l'étude de la haute bourgeoisie et des élites sociales.

L'histoire : Allons, cher lecteur, n'avez-vous jamais rêvé de gagner au Loto et d'être enfin riche ?! Adieu les soucis, à vous la belle vie !
Mais justement, riche pour quelle vie ? Opterez-vous pour le style bling-bling, grande dynastie ou bourgeois ? Serez-vous putôt Beckham ou Rotschild ? Ambiance mondaine ou tabloïd ? Pas si simple...
On va vous aider à faire le tri et à savoir comment on devient, au moins en rêve, un VRAI riche.

Mon avis : Ouvrage de vulgarisation sociologique et humoristique sur les riches. Voilà ce qu'est cet ouvrage. Alors, dit comme ça, ça ne fait pas forcément rêvé. Mais avec Marion Montaigne, on sait déjà qu'on devrait à la fois apprendre et s'amuser, alors j'ai tenté.

Nous faisons donc la connaissance de Philippe Brocolis, père de famille qui vient de perdre son boulot et à décider d'aller trainer dans les rayons BD de la FNOUC. Il va y rencontrer les deux sociologues qui l'introduisent dans le monde de la richesse, tout en lui en dévoilant les codes. Avec Philippe Brocolis, c'est bien sûr le lecteur qui est pris par la main, histoire de ne pas laisser sur le bord du chemin celui qui n'aurait pas l'idée d'ouvrir un essai sociologique.


Le propos est en fait assez simple : une définition de ce qu'est un riche. Cela ne se limite pas à avoir de l'argent. Être riche se traduit dans beaucoup d'aspects : financiers certes, mais aussi culturels, familiaux et symboliques. C'est à cela que se distingue le nouveau riche, tout un chacun ayant gagné au Loto donc, du riche dynastique, celui qui a été baigné dans l'argent et a intégré tous les codes qui en découlent.

J'ai particulièrement apprécié le concept de violence symbolique, ce sentiment d'être un imposteur dans un monde dont on n'a pas les clés mais dans lequel un coup du sort nous propulse. Le décalage induit est très violent psychologiquement.  Un véritable vaccin à l'envie de gagner au Loto !

Comme toujours avec Marion Montaigne, c'est clair, c'est ludique et pédagogique avec toutes ces touches d'humour qu'on apprécie. J'ai beaucoup apprécié !

Riche, pourquoi pas toi ?, de Marion Montaigne, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
Éditions Dargaud
Octobre 2013

20 juillet 2020

Sauveur & fils saison 4 [Marie-Aude Murail]

En ces temps incertains, quoi de mieux qu'une lecture doudou ! Cette fois, mon choix s'est porté sur Sauveur 1 fils saison 4.

L'histoire : Comment résoudre tous nos problèmes ? On peut, comme Jean-Jacques, s'enfermer dans sa chambre et ne plus penser à rien en dégommant des terroristes sur son ordinateur. On peut, comme Gabin, s'enfoncer des écouteurs dans les oreilles et passer ses nuits en compagnie des zombis de The Walking Dead. On peut aussi, comme Frédérique, demander à une voyante de lire l'avenir, ou bien, comme Jérôme, s'enfuir en abandonnant femme et enfants. Mais on peut également consulter monsieur Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, comme Solo, comme Margaux, comme Samuel, comme Ella, et regarder la vie en face. Le bonheur sera peut-être au rendez-vous.

Mon avis : On retrouve bien évidemment bon nombre de personnages des saisons précédentes. Et ce pour notre plus grand bonheur, même si cette fois les situations se prêtent moins à sourire. La détresse de certains adolescents, très réaliste, fait forcément peine. Et pourtant, toujours pas de solution magique avec Marie-Aude Murail. Plutôt une construction de la personnalité, avec ses forces et ses faiblesses, avec ses blessures, tout en acceptation. Et tout en réalisme. Ses écrits sont là pour nous aider à apprivoiser nos émotions, quel que soit notre âge. Comme une première étape sur le chemin de la vie.

Les adultes sont rarement des personnes à qui les enfants peuvent faire confiance, perdus eux-mêmes dans leurs difficultés, impuissants à aider leurs propres enfants. Sauveur Saint-Yves devient alors un accompagnateur de confiance pour ces adolescents déboussolés. Même si sa propre vie est parfois un beau foutoir.

Pour reprendre la phrase de Sauveur lui-même : "Le bonheur, c'est de savoir quoi faire de son malheur." Il en faut parfois peu pour être plus heureux que malheureux.

Toujours un vrai régal donc, je vous conseille.

Sauveur & fils saison 4, de Marie-Aude Murail
Éditions École des Loisirs pour Kindle
Janvier 2018

17 juillet 2020

Louvre #24 : Pavillon des Sessions

Le département des Arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques est établi dans l’ancien Pavillon des Sessions au musée du Louvre. Y sont présentées 120 œuvres gérées par le musée du quai Branly. La plupart lui appartiennent, mais certaines ont été acquises dans le cadre de la création de cette présentation. D'autres enfin sont des prêts de musées français ou étrangers. Elles peuvent être anciennes, pouvant remonter à plusieurs siècles avant J.-C., tandis que d’autres sont datées du début du XXe siècle. Le tout sur 1 200 mètres carrés.

L'occasion de rappeler qu'il n'y pas que l'art classique européen pour émouvoir, au Louvre qui plus est. Petite sélection.

Statue de rituel de prise de grades masculins, Vanuatu, île de Malo, XIXe siècle, en bois de natora et pigments

Fragment de statue Moai de l'île de Pâques, XI - XVe siècle, en tuf basaltique

 
Figure du dieu Kuka'ilimoku des îles Hawaii, XVIIIe siècle, en vannerie, coquilles de nacre et dents de chien


Sculpture kwakwaka'wakw, Pilier de maison du Canada, XIXe siècle, en bois de cèdre


15 juillet 2020

Zombillenium [Arthur de Pins]

L'auteur : Arthur de Pins est un auteur français de bande dessinée, né en 1977. Après des débuts dans l’animation, il se tourne vers la bande dessinée et est publié dans des magazines comme Max et Fluide glacial.

L'histoire : Francis von Bloodt, vampire de son état, gère en bon père de famille le parc d'attractions Zombillénium. On n'embauche pas n'importe qui, chez Zombillénium : les simples mortels n'ont qu'à passer leur chemin, ici on ne travaille qu'avec d'authentiques loups-garous, vampires et momies. C'est ce que va découvrir Aurélien, un homme au bout du rouleau, trompé par sa femme ; et qui va se retrouver embauché malgré lui dans cette étrange entreprise. Gretchen, sorcière stagiaire, va l'aider à faire ses premiers pas...

Mon avis : J’arrive après tout le monde. D’Arthur de Pins, je ne connaissais que Péchés mignons, lu il y a bien longtemps. C’est donc un fait que, jusqu’à la sortie du film d’animation, je ne connaissais pas Zombillénium. Alors certains ont détesté ce film, d’autres l’ont apprécié. Dans l’ensemble, je l’ai jugé correct mais surtout j’ai beaucoup aimé l’ambiance proposée. J’ai donc emprunté les albums à la bibliothèque.

A Zombillénium, les monstres sont les gentils et les humains abominables. On retrouve donc des thématiques très humaines et contemporaines, essentiellement tournées autour du monde du travail et les relations sociales. Et j’ai retrouvé, dans les trois premiers tomes, cette ambiance qui fait tout le charme de l’œuvre. C’est bourré d’humour un peu cynique et les personnages sont torturés par des questions existentielles hilarantes vu leur état.
Je ne suis en général vraiment pas très fan du dessin par ordinateur, trop plat, lisse, net. Je trouve que ça manque de relief, mais ici les couleurs et le scénario rattrapent largement ce défaut, en donnant une tonalité très moderne à l’ensemble.

C’est décalé et fun. Un excellent divertissement.

Zombillénium tomes 1 à 3, d'Arthur de Pins
Éditions Dupuis
2011 à 2013

13 juillet 2020

Washington Black [Esi Edugyan]

L'auteur : Esi Edugyan est une auteure canadienne née en 1978. Washington Black est son troisième roman. Il a obtenu le prix Giller 2018.

L'histoire : La Barbade, 1830. Washington Black, onze ans, est esclave dans une plantation détenue par un homme cruel. Très vite, sa vivacité et ses talents de dessinateur impressionnent le frère de son maître, l'excentrique Christopher Wild. Cet explorateur abolitionniste le prend sous son aile pour l'assister dans un projet fou : construire un ballon dirigeable. Mais un jour Wash est accusé à tort d'un crime et les deux hommes sont contraints de fuir. S'envolant des Antilles au Pôle Nord, de Londres au Maroc, c'est un voyage extraordinaire qui attend le jeune Wash en ce siècle de découvertes. Mais le chemin le plus dur à parcourir sera celui qui le mènera vers la liberté...

Mon avis : En ce moment, j’ai du mal à me concentrer pour lire. Autant j’apprécie le télétravail, autant je me rends compte que je lis beaucoup dans les transports en commun et que, par la force des choses, je trouve moins de temps pour lire chez moi. Bref, tout ça pour dire que si j’ai eu du mal à me lancer dans la lecture de ce roman, proposé par les éditions Folio pourtant depuis un bon moment. Je suis désolée de ce retard.

Cela étant dit, qu’en est-il de ce roman ? Le récit s’ouvre en 1818 sur une plantation sucrière à la Barbade, où vit le jeune Washington Black, esclave de son état. Suite au décès de son maître précédent, un nouveau arrive, accompagné de son frère, un scientifique abolitionniste qui va le sortir du travail des champs pour en faire son assistant. Dans son sillage, Wash va apprendre à lire, se découvrir un talent pour le dessin d’illustration et fuir vers l’Arctique.

Tout au long du roman, c’est la condition d’esclave qui est mise en lumière. Au final, il y a assez peu de scènes de violences esclavagistes puisqu’une toute petite partie du roman seulement se déroule sur la plantation. Mais une fois celle-ci quittée, comment se libérer de chaînes aussi psychologiques que physiques ? La culpabilité va poursuivre le jeune homme et les images qui le hantent ont toutes leur origine dans cette réalité qui fut la sienne. D’autant que le danger d’être repris plane en permanence au-dessus de lui. Qui est vraiment Washington Black ? Arrivera-t-il a dépassé son statut d’ancien esclave pour s’autoriser à se voir comme un individu à part entière, au-delà des considérations de l’époque ? Un roman d’apprentissage donc, qui trouve un écho parfait dans le contexte actuelle de revendications autour de la mort de George Floyd.

Si j’ai été happée par le sujet, je suis plus réservée sur le style de l’auteure, qui manque de dynamisme à mon goût pour un roman de ce genre. Il y a des longueurs et des digressions faciles par moment qui entravent les élans d’aventures et c’est dommage. Pour le reste, c'est un excellent roman à mettre entre toutes les mains.


Washington Black, d'Esi Eduygan
Traduit par Michelle Herpe-Voslinsky
Éditions Folio
Mai 2020

19 juin 2020

Le Paris des Monumentales

Dans le 13e arrondissement de Paris, aux alentours du Boulevard Vincent Auriol, on peut croiser de nombreuses fresques monumentales sur les bâtiments, réalisées par des artistes français ou internationaux depuis bientôt 5 ans. Il existe même désormais un parcours Street Art 13 pour guider les visiteurs à la découverte de ces 32 œuvres géantes. Un projet qui apporte beaucoup de modernité et de dynamisme à ce quartier habituellement peu touristique. L’occasion rêvée pour une balade artistique en plein air. Petit aperçu.

Et j'ai retenu mon souffle, de Faile
En juin 2016, Faile, un duo, réalise sa toute première fresque en France en peignant un immeuble de 12 étages. Cette fresque représente une ballerine suspendue entre le ciel et un paysage urbain.

Héron bleuté, de Stew


Jana

JS

Un diptyque sur deux murs, peints par les artistes qui réalisent deux autoportraits se répondant, mise en abîme de leur travail.


Liberté, Égalité, Fraternité, de Shepard Fairey
Réalisée en juin 2016, cette œuvre s'inspire de l’affiche que l'artiste avait réalisé après les attentats du 13 novembre, en hommage aux victimes. Le portrait de cette Marianne est en fait un détournement d'une image plus ancienne nommée "Make Art Not War".

La Madre Secular 2, d'Inti

"La Madre Secular 2" est une représentation laïque de la Madone. Le sacré s'invite pour démontrer que les lois de la Nature et celles de la Religion peuvent parfois cohabiter. La pomme de Newton remplace celle de la bible comme une allégorie à l'ère de la connaissance et du scepticisme.


North, de Pantonio

Rise above rebel, de Shepard Fairey

Cette œuvre est une fresque gigantesque de 40 mètres de haut, réalisée en juin 2012. Elle représente une femme victime de l'oppression qui résiste et la dépasse.
Sudaka, d'Inti
Les œuvres d'Inti sont influencées par le muralisme sud-américain et notamment la Brigada Ramona Parra, mouvement artistique chilien en lutte contre la dictature de Pinochet. À travers ses œuvres Inti élabore une critique de la société en mettant en scène le Kusillo, un personnage du carnaval bolivien ainsi que divers éléments relatifs à la culture indigène andine.


Untitled, de Seth -
Peinte en 2016, cette oeuvre représente un jeune garçon sur la pointe des pieds qui regarde de l'autre côté d'un vortex aux multiples couleurs. A nous d'imaginer ce qu'il y voit.

Untitled, de Vhils
L'artiste a sculpté ce visage en 2012 avec des explosifs et un burin.

17 juin 2020

Seuls sont les indomptés [Radiguès & Piette]

Les auteurs : Né en 1982, Max de Radiguès est un auteur de bande dessinée belge, également éditeur et directeur de collection chez Sarbacane. Il collabore avec Hugo Piette, né en 1980, dessinateur belge qui participe aux magazines Capsule cosmique et Journal de Spirou.

L'histoire : Désert du Nouveau-Mexique, 1950. Jack Burns, cow-boy solitaire en rupture avec le monde moderne, chevauche son Appaloosa, vit de petits boulots et dort à la belle étoile.

Lorsqu'il apprend que son ami Paul vient d'être incarcéré, il descend dans la vallée pour l'aider à s'évader.

Mais son amour de la liberté n'est pas du goût de tout le monde. Un chasse à l'homme s'engage bientôt, aussi absurde qu'impitoyable...

Mon avis : Dans le désert, Jack Bruns réchauffe une boite de haricots, fait cuire un steak dans une poêle et gratte sa guitare pendant que sa jument Whisky broute non loin. Jack est un marginal et il vit comme il l'entend : il dresse les cheveux, garde les moutons... Lorsqu'il apprend que son ami Paul risque deux ans de prison pour non-soumission à la conscription, il souhaite l'aider à s'évader et pour se faire, redescend dans la vallée, vers le monde moderne. La confrontation entre ces deux modes de vie ne sera pas sans conséquence.

Un hors-la-loi vraiment atypique. Voici qui est Jack. Parce qu'il refuse la marche de l'ordre et du progrès, parce qu'il refuse de se plier aux injonctions de gens qu'il n'estime pas, qu'il ne reconnaît pas, notre cow-boy solitaire va payer le prix fort. Le récit, adapté du roman éponyme de Edward Abbey, publié en 1956 et réédité par Gallmeister en 2015, est merveilleusement servi par le dessin de Hugo Piette, aux couleurs vives, et cases souvent sans texte qui font la part belle à l'ambiance. Le lecteur est pris, ému par cet hommage au mythe du Grand Ouest et cette ode à la liberté.
Planche de Seuls sont les indomptés, de Radiguès et Piette


C'est fort et beau, et ça me donne envie de découvrir le roman d'Abbey. Une petite pépite !

Seuls sont les indomptés, de Radiguès & Piette
Éditions Sarbacane
Septembre 2019