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17 septembre 2018

Smokin' seventeen [Janet Evanovich]

Et hop, une nouvelle lecture doudou facile avec ce dix-septième tome des aventures de Stephanie Plum, écrit par Janet Evanovich.

L'histoire : Where there's smoke there's fire, and no one knows this better than New Jersey bounty hunter Stephanie Plum.
Dead bodies are showing up in shallow graves on the empty construction lot of Vincent Plum Bail Bonds. No one is sure who the killer is, or why the victims have been offed, but what is clear is that Stephanie's name is on the killer's list. Short on time to find the murderer, Stephanie is also under pressure from family and friends to choose between her on-again-off-again boyfriend, Trenton cop Joe Morelli, and the bad boy in her life, security expert Ranger. Stephanie's mom wants her to dump them both for a former high school football star who's just returned to town. Stephanie's sidekick, Lula, suggests a red-hot boudoir "bake-off". And Joe's old-world grandmother gives Stephanie "the eye", which may mean that it's time to get out of town.
With a cold-blooded killer after her, a handful of hot men, and a capture list that includes a dancing bear and a senior citizen vampire, Stephanie's life looks like it's about to go up in smoke.

Mon avis : Après la lecture du seizième tome, où je vous disais la gourmandise que représentait cette série pour moi malgré un petit agacement à voir la demoiselle continuer à hésiter entre Ranger et Joe, c'est avec un peu d'inquiétude du coup que je me suis plongée, six mois plus tard, dans ce tome-ci. La 4e de couverture indique que je n'étais pas la seule à attendre que Stephanie se décide. Et c'est ce qui a été agréable dans cette lecture : notre chasseuse de primes semble elle aussi agacée et constate que tous ces atermoiements ne mènent sa vie sentimentale nulle part. D'autant que sa mère lui met dans les pattes un troisième larron. Ce qui ne fait que tout compliquer davantage. Et que la grand-mère de Morelli lui jette un sort la rendant assez portée sur la chose. D'ailleurs, on aurait pu avoir un peu plus de détails que ce qui nous est proposé ici.

Si on retrouve avec plaisir Lula et Mamie Mazur, il y a moins d'humour dans cet opus. La preuve : une séquence avec un ours ne m'a semble-t-il pas vraiment été exploitée pour en tirer tout le potentiel drolatique. À l'inverse, on ressent beaucoup plus la tension et les dangers que court Stephanie, avec plusieurs personnes qui souhaitent se débarrasser d'elle définitivement.

Bref, ce tome pourrait être un tournant, et les dernières lignes viennent renforcer cette impression. De toute façon, j'ai déjà les cinq tomes suivants dans ma PAL, et malgré les petits défauts pointés ou le sentiment de manque de renouvellement, cette série reste une vraie lecture plaisir pour moi.

14 septembre 2018

Exposition : Klimt & Hundertwasser

Ouvert le 13 avril dernier, l'Atelier des Lumières est un centre d'art numérique installé dans une ancienne fonderie du XIe arrondissement de Paris. Il a été voulu par un opérateur privé, Culturespaces et ambitionne de proposer immersion et interactivité dans les œuvres artistiques. La toute première exposition propose Klimt et Hundertwasser.

Atelier des lumières
De l'ancienne fonderie, il ne reste évidemment pas grand chose d'autre que les panneaux explicatifs juste devant l'entrée de la salle. Une fois passées les portes, vous êtes plongés dans le noir, avec par-ci par-là des touches de couleurs. Après quelques instants d'acclimatation, on peut commencer à vivre l'expérience sans risquer de trébucher sur des personnes assises à même le sol. Si il est tentant de se trouver un endroit où s'asseoir et profiter du spectacle, ce serait cependant dommage, tant le plaisir réside surtout dans le fait de pouvoir déambuler au milieu de ce décor changeant et fantasmatique.

Chevalier doré, détail de la frise Beethoven de Klimt - Atelier des lumières

Les gorgones, Klimt - Atelier des lumières

Projetées en grand, dans toute la splendeur des détails et des couleurs, les œuvres des peintres apparaissent doucement sur tous les murs, tous différents, sur une surface de près de 3 300 m². Ils s'effacent au rythme d'une musique parfaitement adaptée. Parfois le sol lui même se tapissent de fleurs ou de volutes d'or. Les photos que je vous propose sont loin de rendre l'impression ressentie. Clairement, le visiteur en prend plein les yeux ! On passerait facilement des heures ici alors que la séquence sur Gustav Klimt ne dure que 35 minutes.

Le baiser de Klimt - Atelier des lumières
L'émotion saisit tout de suite et c'est le but recherché : pas d'explication sur le pourquoi ou le comment, mais une vraie immersion dans le travail d'artistes. Ça permet pour les non initiés de découvrir des œuvres et pour les autres de les redécouvrir autrement. Personnellement, je me suis retrouvée dans les deux cas : je connaissais un peu Klimt, notamment après l'exposition à la Pinacothèque, mais pas du tout Hundertwasser, artiste et architecte autrichien (1928 - 2000). J'ai découvert ses peintures vivement colorées pleines de spirales et surtout ses bâtiments si vivants !

Atelier des lumières - Hundertwasser

Atelier des lumières - Hundertwasser
L'avantage ici, c'est qu'on peut déambuler, prendre son temps, se laisser porter. On pourrait presque avoir envie de toucher tant le rendu est impressionnant grâce à la technologie déployée. Mais bien sûr, pas de matière ici, pas de relief. Cependant, c'est avec grand plaisir qu'on oublie pour un temps le problème des musées où les gens s’agglutinent autour d'une œuvre pendant de longs moments, empêchant les suivants de profiter eux aussi du spectacle. Qui n'a pas été désespéré en arrivant dans la salle où se trouve la Joconde au Louvre ? Ici le support original est abandonné, les dessins se découpent au gré des nécessités de projection, s'étirent, et le visiteur regarde autour de lui, émerveillé.

Immeuble Hundertwasser - Atelier des lumières

J'en suis ressortie avec une furieuse envie de prendre un avion pour Vienne et partir découvrir les immeubles de Hundertwasser.

 L'atelier des lumières : le teaser



Informations utiles :

Du 13 avril au 11 novembre 2018
Tous les jours de 10h à 18h, nocturnes les vendredis et samedis jusqu'à 22h

Atelier des lumières

38 rue Saint Maur
75011 Paris
Tel : 01.80.98.46.00

Tarif : 14.50€
Tarif réduit : 11.5€
Tarif jeune : 9.5€

Site de l'Atelier des lumières ici

12 septembre 2018

L'envolée sauvage [Galandon & Monin]

Les auteurs : Au scénario, il y a Laurent Galandon, né en mars 1970.  Il collabore ici avec le dessinateur Arno Monin, connu sur ce blog pour son magnifique diptyque L'adoption avec Zidrou.

L'histoire : France, 1941. Jeune orphelin fasciné par les oiseaux, Simon vit dans sa campagne, loin de la tourmente. Pourtant, l'antisémitisme s'insinue progressivement dans son quotidien pour lui rappeler qu'il est Juif.
Confronté à la bêtise humaine, Simon va devoir fuir. Pourtant, où qu'il se trouve, la Dame blanche apparaît : prédateur de mauvais augure ou ange gardien nocturne ?
Sa fuite l'emmènera jusque dans les montagnes où il pensera trouver un nouveau temps de paix. Mais la gangrène se propage rendant toujours plus provisoires les moments de répit...

Mon avis : Il est des sujets maintes fois abordés qu’il est toujours bon d’aborder encore et encore. Celui de la persécution des Juifs pendant la seconde guerre mondiale en est un.

Simon trouve un refuge dans sa passion, celle des oiseaux. Il les aime. Symbole d’une liberté qu’il n’a jamais connu : abandonné, persécuté par ses semblables puis par les adultes, il vit en se faisant oublier autant que possible, mais malheureusement toujours victime de la haine.

Le problème ici c’est que les personnages manquent terriblement de profondeur et que l’histoire est simple voire simpliste, en tout cas très manichéenne. Les êtres croisés sont soit bons soit méchants, sans nuances. Le dessin lui aussi n’est pas très réussi, bien loin en tout cas de la qualité de L’adoption.

Planche L'envolée sauvage tome 2 Les autours des palombes de Galandon et Monin
La méprise vient-elle du public visé ? Cette lecture conviendrait peut-être davantage à de jeunes enfants pour commencer à les sensibiliser à la question de la xénophobie. D'ailleurs, Laurent Galandon se déplace souvent dans des établissements scolaires pour faire découvrir ses albums aux jeunes. Pour ma vision d’adultes, c’est en tout cas une déception qui ne me donne pas envie de découvrir le deuxième cycle de cette histoire.

L'envolée sauvage, de Galandon et Monin
Bamboo Édition
Septembre 2006

10 septembre 2018

Le facteur émotif [Denis Thériault]

L'auteur : Né en août 1959, Denis Thériault est un auteur québecois. Diplômé en psychologie, il est acteur, scénariste et écrivain. Le facteur émotif a remporté le Prix littéraire Canada-Japon en 2006.

L'histoire : Bilodo a vingt-sept ans, il est facteur et mène une existence tranquille. À l'ère des mails et des téléphones portables, il n'a plus souvent l'occasion d'acheminer une lettre personnelle. Alors, quand il en trouve une dans le flot de courriers administratifs et de publicités, il lui fait faire un petit détour et, le soir venu, ouvre l'enveloppe à la vapeur pour en découvrir le contenu. Sagement, le lendemain, il la remet à son destinataire.
Son petit vice va le conduire à faire la rencontre épistolaire de Ségolène, qui écrit régulièrement de beaux haïkus à un certain Gaston Grandpré. Tandis que son amour pour la belle grandit à l'abri du réel, un étrange coup du sort va lui offrir l'opportunité providentielle. Mais le destin ne favorise que les audacieux. Bilodo va devoir devenir poète et abandonner tout espoir de tranquillité, en laissant entrer dans sa vie l'intrigue et le sentiment.

Mon avis : Bilodo est un solitaire, sans que ça lui pèse pour autant. Il trouve la sérénité dans son métier de facteur, apportant le courrier aux gens, avec une attention toute particulière pour les courriers manuscrits qui se font de plus en plus rares. Il va même jusqu’à ouvrir ces enveloppes le soir pour lire les messages, avant de les refermer et de les apporter à leurs destinataires premiers. Une façon de vivre une autre vie par procuration.

Bon, déjà cette habitude est un peu bizarre. Mais c’est assez classique dans les romans qui exaltent le quotidien que de partir d’une situation un peu à la marge. Donc, ok, j’accepte. Le problème, c’est que Bilobo va s’enfoncer dans un comportement de plus en plus malsain : il usurpe l’identité d’un homme décédé, il va jusqu’à se glisser dans ses murs et dans ses habits pour absorber sa personnalité. Du coup, j’ai complètement lâché l’empathie première que je pouvais ressentir pour lui, lui souhaitant de trouver un moteur supplémentaire dans sa vie. Et j’ai fini par éprouver surtout de la défiance, ce qui a gâché totalement la suite de ma lecture.

Il y a pourtant une plume poétique et simple qui est vraiment plaisante. L’auteur sait jouer l’audace dans la forme pour tisser son récit, celui d’un personnage québécois échangeant des haïkus avec une guadeloupéenne. C’est assez original. Le lecteur plonge dans la beauté de ces courts poèmes japonais qui saisissent en à peine quelques mots la magie d’un instant éphémère.

Et pour clore le récit, comme si l’auteur ne savait plus comment se débarrasser de tout ça, un retournement farfelu qui a au moins le bon ton de surprendre et de cueillir le lecteur là où il ne s’y attend pas.

Le facteur émotif, de Denis Thériault
Éditions Anne Carrière
Avril 2015

07 septembre 2018

The guilty, de Gustav Möller

Film danois de Gustav Möller sorti le 18 juillet 2018, avec Jakob Cedergren, Jakob Ulrik Lohmann et Laura Bro.

L'histoire :  Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.

Mon avis : C'est le bouche à oreille qui m'a emmené un soir d'été dans une salle de cinéma pour découvrir ce film. Et la rumeur disait juste : on ne voit pas passer l'heure et demie alors que nous sommes enfermés entre quatre murs et que la caméra ne lâche guère le visage de Jakob Cedergren, tout simplement magistral !

Pas d'effets spéciaux, pas de courses poursuite. On suit en temps réel, la progression des policiers danois pour retrouver Iben, jeune femme enlevée qui a trouvé le moyen d'appeler la police. Elle tombe sur Asger Holm, contraint pour un temps de  délaisser le terrain et se contenter du téléphone. C'est uniquement avec cet outil et son imagination qu'il va faire progresser l'enquête jusqu'au dénouement final. La succession des appels reçus ou passés fait monter petit à petit la tension. Ce qui est bluffant, c'est que le spectateur est réellement actif pendant le visionnage, c'est lui qui imagine dans sa tête les images, jusqu'aux plus sanglantes parfois, uniquement à partir des conversations du policier. On ne voit jamais rien d'autre qu'Asger, on ne voit jamais les victimes ou les différents protagonistes de l'histoire. L'ensemble est d'une efficacité redoutable. On ne s'ennuie pas un instant !

On sent bien qu'Asger n'est pas ravi d'être enfermé dans un bureau. Il doit passer en jugement le lendemain et espère pouvoir retrouver très vite le terrain. C'est un homme d'action qui s'agace de devoir dépendre des autres. Il va révéler sa part d'ombre en étant confronté à l'appel d'Iben. Une remise en cause tardive mais profonde. Il n'en a pas l'air et son visage reste souvent stoïque, en dehors de pointes d'agacement. On sent que le climat avec les collègues n'est pas au mieux. Mais c'est la voix, le principal vecteur à disposition, qui révèle les failles du personnage. Quand elle se serre, quand elle chevrote, elle ouvre un monde à la perception du spectateur. Sa relation téléphonique avec Iben est une véritable révélation, chaque phrase et chaque mot pouvant avoir un impact considérable.

Au-delà de l'aspect captivant, le scénario recèle sa dose d'émotions. On comprend que les apparences peuvent être trompeuses et que les jugements hâtifs ou sous le coup des émotions ont parfois des conséquences dramatiques.

Le film de l'été à ne pas manquer !

05 septembre 2018

Saga [Brian K. Vaughan & Fiona Staples]

Les auteurs : Brian K. Vaughan est un scénariste américain de comics, né en 1976. Il travaille ici avec Fiona Staples, dessinatrice de bandes dessinées canadienne. Leur série Saga a reçu déjà de nombreux prix, dont plusieurs prix Eisner (meilleure série, meilleur scénariste et meilleure nouvelle série), le prix Hugo, deux nomination au festival d'Angoulême,...

L'histoire : Un univers sans limite, peuplé de tous les possibles. Une planète, Clivage, perdue dans la lumière froide d'une galaxie mourante. Sur ce monde en guerre, la vie vient d'éclore. Deux amants que tout oppose, Alana et Marko, donnent naissance à Hazel, un symbole d'espoir pour leurs peuples respectifs. L'espoir, une idée fragile qui devra s'extraire du chaos de Clivage pour grandir, s'épanouir et conquérir l'immensité du cosmos.

Mon avis : Cette série est ma première incursion dans le monde du comics à l’américaine, pur et dur, si on met de côté Calvin et Hobbes, plutôt strip, et Bones, plus jeunesse. J’ai commencé ma lecture avec un peu d’appréhension, notamment sur le dessin, très coloré et bien loin des mangas ou de la BD de style franco-belge auxquels je suis habituée. Et pourtant, dès le premier album, j’ai été complètement happée par cet univers nouveau et original qui nous est proposé. Il y a un petit côté Roméo et Juliette indéniable dans l’histoire d’Alana et Marko, deux renégats des camps adverses qui sont tombés amoureux. Au point de mettre au monde la petite Hazel, qui est à l’origine de la narration. C’est son histoire. Chaque clan lance à leurs trousses les plus fins limiers, les meilleurs tueurs à gages. Il y a donc une bonne dose de violence, renforcée par le contraste avec les couleurs plutôt acidulées. Mais ce qui est au cœur du récit, c’est bien la notion de famille.

Les auteurs s’appuient sur les éléments classiques d’un space opéra : ça foisonne de personnages secondaires, dont des personnages cybernétiques, de planètes colonisées sur fond de guerre entre Continent et Couronne. Le titre est bien trouvé car, au-delà des jeunes parents et de leur fille, c’est une famille au sens large qui est décrite : les parents de Marko, la nourrice, l’ex-fiancée, les factions ennemies, les amis… tous sont largement impliqués dans le destin de la petite. Pour renforcer ce sentiment, il suffit de voir les querelles de couple qu’ont nos deux parents, tant leur conception peut parfois diverger sur certains aspects.

Planche Saga tome 1 de Vaughan et Staples

Encore une fois, le dessin de Fiona Staples fait merveille pour dynamiser le récit qui ne souffre d’aucun temps mort. Même les séquences plus calmes sont pleines de vie, de ces petits rien de tous les jours qui nous occupent bigrement, transposés dans un monde intergalactique. Les commentaires en voix-off d’Hazel sont ironiques et dignes de l’humour sarcastique dont fait preuve Alana envers Marko.

Une inquiétude cependant : l’histoire semble devoir raconter le destin d’Hazel. Or sur les cinq premiers tomes, cette petite fille n’est quasiment qu’un nourrisson. Le chemin pour terminer le récit semble donc encore très long. Et fonction du rythme de publication, il y a un fort risque de découragement.

Pour le reste, je ne peux que vous recommander chaudement cette série. J’ai dévoré les cinq tomes de la bibliothèque, puis suis vite allée demander quand la suite arriverait dans les rayonnages. Encore quelques semaines de patience, et je pourrais dévorer les tomes 6, 7 et 8 !

Saga, tomes 1 à 5, de Brian K. Vaughan & Fiona Staples
Traduit par Laurent Queyssi
Éditions Urban comics
À partir de mars 2013

03 septembre 2018

Allmen et les libellules [Martin Suter]

L'auteur : Né en février 1948 à Zurich, Martin Suter est un écrivain suisse de langue allemande. Il a longtemps travaillé dans la publicité et dans des magazines papier ou télévisés

L'histoire : Johann Friedrich von Allmen, la quarantaine élégante, collectionne les œuvres d'art. Une occupation devenue dangereuse pour ce dilettante séducteur et raffiné depuis qu'il a dilapidé la fortune familiale et s'est attiré la rancœur de certains proches, victimes de ses trafics. Il doit se résoudre à se séparer de bon nombre d’œuvres et s'installe dans la maison du jardinier en compagnie de Carlos, son fidèle majordome guatémaltèque.
La chance semble tourner lorsqu'il rencontre Jojo, une belle femme dans la fleur de l'âge. Dans sa demeure, il découvre cinq coupes Art nouveau ornées de libellules, chacune porteuse d'un secret. Il décide aussitôt de s'en emparer, à grand renfort de ruses et de précautions, en espérant régler ses dettes.

Mon avis : J’ai eu envie de me pencher un peu sur la littérature suisse mais je n’ai pas trouvé grand-chose en dehors des romans de Martin Suter. J’ai donc commencé avec le premier volet d’un personnage récurrent, Allmen, sans trop savoir à quoi m’attendre.

Johann Friedrich von Allmen est un collectionneur qui aime mener grand train. Au point qu’il perd la fortune héritée de papa et doit sacrifier une partie de sa chère collection pour rembourser ses dettes. Qu’il continue toujours à contracter par ailleurs. Ne reste plus aujourd’hui autour de lui que le strict nécessaire, dont Carlos, son serviteur guatémaltèque qui a parfois des airs de Jeeves tant il trouve à résoudre des situations complexes et surveille les arrières de son maître. Le personnage peine à être sympathique. Seul Carlos amuse le lecteur, car sans lui, point de salut pour Allmen. C’est sur ses épaules que repose le quotidien et grâce à lui qu’Allmen conserve ses habitudes d’aristocrate. J’avoue que le manque de réalisme d’Allmen sur les mesures à apporter pour rétablir son équilibre économique m’a plus agacé qu’amusée en fait. Il accorde une telle importance à son image qu’il dilapide les rares francs qu’il a en pourboires, pour paraître plus riche qu’il n’est désormais.

Le polar est ici très classique et sage, sans grand chamboulement ou retournement, sans course poursuite. Polar est même un bien grand mot, car Allmen n’est pas un enquêteur dans l’âme, loin s’en faut. On flirterait plutôt avec l’aventure s’il y avait un minimum d’actions dans ce récit. Mais en dehors d’un vol à l’étalage et de quelques coupes dérobées, il n’y a pas grand-chose. Une histoire assez terne donc, cela pouvant s’expliquer par un premier tome qui ne ferait que poser le décor avant que la série ne prenne plus son envol dans les suivants. Le problème étant qu’à la lecture de celui-ci, je n’ai pas très envie de perdre mon temps à lire les autres.

Le plus intéressant reste le fait divers raconté, basé sur une histoire vraie, celle du vol de la coupe de Gallé à motif de libellules volée en Suisse après un prêt du musée de l’école de Nancy, avec quatre autres œuvres. Dommage que cet aspect, comme la plongée dans le monde des collectionneurs, n’ait pas été davantage creusé.

Allmen et les libellules, de Martin Suter
Traduit par Olivier Mannoni
Christian Bourgeois Éditeur
Mai 2011

31 août 2018

Islande #8 : La péninsule de Reykjanes

Dernière étape avant de terminer par Reykjavík, la péninsule de Reykjanes est sauvage au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la route qui relie la capitale à Keflavík. Il y a certes le fameux Blue Lagoon, pour lequel il faut s'y prendre des mois à l'avance pour espérer avoir une entrée (autant vous dire que cela nous à vite dissuader d'y faire un tour). Mais il y a bien d'autres endroits à découvrir.

On traverse nombre de petits hameaux de pêcheurs et on passe par Keflavik, que les lecteurs d'Arnaldur Indridason reconnaitront pour être le siège de romans mettant en scène la base militaire américaine, qui a été fermée en 2006 et reconvertie pour partie en résidence pour étudiants.

On trouve au sud d'Hafnaberg le pont Brú milli Heimsálfa reliant les deux continents, enjambant une fosse, Álfagjá ou faille des fées, ou  reliant les plaques tectoniques nord-américaine et européenne.

Brú milli Heimsálfa
Les falaises de Valahnúkur sont spectaculaires et battues par les vents. Tout à côté, l'ilôt d'Eldey abrite la plus grande colonie de fous de Bassan au monde. C'est ici qu'aurait été tué le dernier grand pingouin abattu en 1844 par Jón Brandsson et Sigurður Ísleifsson., pour faire plaisir à des chasseurs abrutis.

Les falaises de Valahnúkur

Le phare de Reykjanesviti et la statue d'un dernier grand pingouin

Les falaises de Valahnúkur composées de rochers noirs acérés - À contre-jour, vous voyez mal la couleur bleu glacier de l'eau
Dans la zone géothermique de Seltun se trouvent les sources chaudes de Gunnuhver, visibles dès l'avion qui vous fait atterrir à Keflavík. Bien moins fréquentées que le site de Geysir, elles sont une belle alternative beaucoup plus active et plus colorée. Elles doivent leur nom à la sorcière-fantôme Gunna, piégée par magie puis ébouillantée. Bouillons, fumeroles, marmites vous y attendent.

Les sources chaudes de Gunnuhver
En poussant plus à l'est vers Stokkseyri et Eyrarbakki, on passe par la réserve Reykjanesfólkvangur où l'on croise la ferme de Herdísarvík, aujourd'hui abandonnée mais qui, dans un paysage de rochers escarpés et d'impressionnantes coulées de lave, était la demeure du grand poète islandais Einar Benediktsson.

La ferme de Herdísarvík

À travers Reykjanesfólkvangur

Stokkseyri recèle aujourd'hui de nombreuses galeries d'art en été. On a d'ailleurs pu en contempler en pleine nature.

Art islandais en pleine nature

Prochaine et dernière étape : Reykjavík