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Exposition : Manga, tout un art !



L'exposition Manga tout un art ! au musée Guimet vient tout juste de se terminer. J'ai pu y faire un tour, l'occasion de découvrir l'histoire de cet art si populaire de nos jours, avec des millions d'exemplaires vendus chaque année et de multiples déclinaisons en anime, jeux vidéo et autres produits dérivés constituant le fer de lance de la pop culture japonaise.

Journal Tôbaé n°41 - 1888

Tokyo Puck, Kitazawa Rakuten, 1908 (comme un petit air de Bécassine, née en 1905)

Les mangas sont nés de la rencontre entre le Japon et l'Occident au cour de la période qui s'étend des années 1850 aux années 1920. Avec l'ouverture du pays aux échanges internationaux et adopte la culture occidentale. On introduit notamment la presse satirique qui se développe depuis le XIXe siècle en Europe et aux Etats-Unis. Par exemple, le Français Georges Bigot va créer le journal Tôbaé en 1887. Les caricatures sont appelées ponchi-e. Et en 1890, Imaizumi Ippyo publie dans le quotidien Jiji shinpo les tout premiers dessins en vignettes, auxquels il donne le nom de manga, mais avec le sens de caricature. Le terme est ensuite vulgarisé jusque dans les années 1920 où il prend le sens de bande dessinée narrative et publiée en feuilleton.

Planche originale d'Astro boy, d'Osamu Tezuka, avec les incrustations de texte

Il était une fois, planche originale de Princesse Saphir d'Osamu Tezuka - 1963

Le père du manga moderne est sans conteste Tezuka Osamu, dans l'immédiat après-guerre. Avant lui, les cases étaient généralement conçues comme une scène de théâtre : les personnages semblaient y entrer ou en sortir latéralement. Tezuka s'inspire du langage cinématographique et introduit des plongées, gros plans, zooms... donnant ainsi plus d'intensité dramatique au récit et rencontrant un grand succès. Je pourrais vous parler d'Ayako, une merveille dramatique. Mais bien sûr, on connait davantage Astro boy, qui deviendra la première série télévisée d'animation japonaise. Tezuka créée aussi le shojo (manga pour filles) avec Princesse Saphir en 1953.

Planche originale de Lady Snowblood, de Kazuo Kamimura - 1972

A la fin des années 1950 naît le mouvement gekiga (dessins dramatiques) qui fait entrer la bande dessinée japonaise dans l'âge adulte. Le style est sombre et réaliste, les récits, courts, décrivent la solitude, la misère et la banalité du crime, les travers de la société, l'introspection ou la froideur de l'action. Bref autant de traits de caractères assez distincts mais qui tous s'inspirent de la société moderne. Dans ce mouvement, on retrouve notamment Lady Snowblood de Kazuo Kamimura et Kazuo Koike. 

Planches originales NonNonBa de Mizuki Shigeru - 1992

Au milieu des années 1960,  Mizuki Shigeru fonde sa propre maison d'édition après avoir travailler comme auteur de planches de kamishibaïs, ces grands cartons illustrés au recto et avec le récit à lire par le narrateur au verso. Il rencontre le succès notamment avec les yokaï, ces créatures fabuleuses du folklore japonais. Ces personnages deviendront des images centrales dans l'univers du manga.

Vélo de Kamishibaï équipé de son butai (petit théâtre en bois) - 1934

Bakemono (ou Yôkai)

Bakemono

On le disait tout à l'heure, le manga se décline pour tout type de lectorat. Le premier a avoir été identifié comme un public à cibler ce sont les jeunes filles. Les shojo sont principalement réalisées par des autrices et abordent des sujets variés qui ne se limitent pas aux histoires d'amour : drames familiaux, récits sportifs (on en a mangé dans notre jeunesse en version anime sur le volley-ball ou la gymnastique !), science-fiction ou horreur. L'esthétique des shojo est bien identifiable : mises en pages libres et affranchies des cases, personnages se déployant sur toute la hauteur de la planche, grands yeux scintillants... afin de rendre au mieux la psychologie des personnages. Ici, on ne peut que s'arrêter sur les planches de La rose de Versailles de Riyoko Ikeda.

La Rose de Versailles d'Ikeda Riyoko, reproductions photographiques et application de papier cartonné, 1972-1973

La Rose de Versailles d'Ikeda Riyoko, reproductions photographiques et application de papier cartonné, 1972-1973

La Rose de Versailles d'Ikeda Riyoko publié dans Shueisha Weekly Margaret n°36 en 1973

Le style certainement le plus représenté est le shonen (manga pour jeunes garçons). Il faut dire qu'à partir des années 1980, le manga explose à l'international notamment grâce aux séries télévisées comme Goldorak ou Saint Seya. L'explosion à la même période de l'informatique permet d'explorer l'univers narratif aussi en jeu vidéo, le rendant plus riche. On vit une expérience transmédia qui immerge totalement le spectateur, l'amenant d'un support à un autre pour retrouver ses héros. One piece ou Naruto en sont le parfait exemple, ce ne sont pas juste des mangas, ce sont des franchises. La série Demon slayer ira même jusqu'à être l'objet de spectacles de théâtre nô au Japon !

Weekly Shonen Jump mettant en avant Captain Tsubasa - avant la publication sous le format que nous connaissons, les mangas sont pré-publiés dans des magazines ayant la taille d'un bottin sur du papier recyclé de qualité médiocre, imprimés à bas coût et vendus bon marché. Ils sont jetés à peine lus et regroupent plusieurs titres dans un même numéro. Les titres les plus demandés font la couverture

Weekly Shonen Jump n°22-23 de 2015 mettant en une Naruto, Boruto et Luffy de One Piece

Crayonné d'après l'œuvre d'Oda Eiichiro ayant servi à la production du jeu vidéo One Piece Treasure Battle ! 

Enfin, un dernier mot sur un genre particulier, celui du récit d'apocalypse puisque toute une salle lui est dédiée. L'imaginaire japonais a été fortement marqué par les explosions nucléaires subies : Gen aux pieds nus de Nakazawa Keiji ou Akira de Otomo Katsuhiro jusqu'à L'attaque des titans d'Isayama Hajime en sont le parfait exemple. L'apocalypse est régulièrement remise sur le devant de la scène,  comme une vision critique de la modernité et un appel à réflexion sur l'humanité.

Planche originale Gen aux pieds nus, de Nakazawa Keiji

La dernière salle, moins intéressante alors qu'il y avait certainement matière à faire mieux, évoque la thématique du cosplay à travers les collaborations de grands noms de la haute couture et des artistes japonais issus du monde du manga. Une autre façon d'étendre l'influence d'un genre qui n'est pas aussi mineur qu'on pourrait le croire.


Informations utiles :

Du 19 novembre 2025 au 09 mars 2026
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h

Musée national des arts asiatiques - Guimet

6 place d'Iéna
75116 Paris
Tel : 01.56.52.54.44

Tarif : 150€
Tarif réduit : 12€

Site du musée Guimet ici

On les appelle Junior et Senior [Robin Recht et Jean-Baptiste Hostache]

Les auteurs : Né en 1974, Robin Recht est un dessinateur de bande dessinée français. Il signe ici le scénario. A ses côtés, Jean-Baptiste Hostache, dessinateur français né en 1981, s'occupe du graphisme.

L'histoire : Junior et Senior, deux bandits bagarreurs au grand cœur, acceptent un sale boulot pour sortir de prison : kidnapper Karina, la fille illégitime d'un sénateur véreux. Petit hic… Impossible de savoir laquelle des fillettes du pensionnat est la bonne et les voilà obligés d'embarquer non pas une mais six gamines! Poursuivis par un régiment de cavalerie confédéré, une gouvernante teutonne revêche et un gang de desperados plus ou moins canadiens, ils vont devoir cavaler, ruser et cogner pour s'en sortir. Bienvenue dans un western explosif entre bastons, cascades mémorables, tendresse et fayots au lard !

Mon avis : Vous regrettez l'ambiance Bud Spencer et Terence Hill dans les westerns spaghettis des années 80 ? Alors cet album est fait pour vous !

Il faut dire que les traits de nos deux personnages principaux rappellent les deux stars : un maigrichon et un gros, diablement enclins à la bagarre, mais avec un certain sens de l'honneur. Lancés dans une aventure dont ils ne connaissent pas tous les tenants et les aboutissants, rien ne se déroule comme ils l'avaient imaginé. Envoyés kidnapper une demoiselle, il se retrouve avec six gamines en bas âge bougrement impertinentes. Fuite en chariot, courses poursuites, combats au pistolet... C'est rocambolesque à souhait, et bigrement savoureux de bout en bout. Il y a des rebondissements et de l'humour, on ne s'ennuie pas un instant.
Le dessin proposé par Jean-Baptiste Hostache fait merveille : il est dynamique et réaliste, ce qui plonge d'emblée le lecteur dans l'ambiance western. On s'y croirait. 

Même si l'éditeur semble annoncer qu'il s'agit d'un premier tome, cet album a toutes les caractéristiques du one-shot. L'histoire se tient, mais il est vrai qu'on prend tellement de plaisir à cette lecture que c'est avec joie qu'on retrouvera ces trublions dans de nouvelles aventures !

Un coup de ❤️!


On les appelle Junior et Senior, de Robin Recht et Jean-Baptiste Hostache
Éditions Le Lombard
Septembre 2025

Le Dieu et la Gumiho [Sophie Kim]

L'autrice
: Sophie Kim est une autrice américaine de littérature young adult. D'origine coréenne, elle s'inspire du folklore traditionnel dans ses romans. Le Dieu et la Gumiho est son premier roman adulte.

L'histoire : on châtiment éternel ? Devoir la supporter.
Kim Hani est la gumiho la plus célèbre de Corée du Sud, connue sous le nom de Renarde Écarlate. Contrainte de faire profil bas après avoir dévoré un peu trop d'hommes d'un coup, elle travaille désormais comme barista. Mais ce qu'elle déteste par-dessus tout, c'est le café, ainsi qu'un de ses clients particulièrement agaçant.
Seokga le Déchu est le dieu de la malice. Chassé des cieux après une tentative de putsch ratée, il purge à présent sa peine en traquant des démons. Entre deux captures, il recharge ses batteries en se gavant de café... Si seulement l'insupportable serveuse sur qui il tombe toujours arrêtait de massacrer sa boisson préférée.
Lorsque la Renarde Écarlate réapparaît soudainement, Seokga voit là une chance d'obtenir sa rédemption. Mais Hani est prête à tout pour l'empêcher de l'attraper... Prête à tout ? Sauf peut-être à tomber amoureuse.

Mon avis : Un roman d'urban fantasy qui explore la mythologie coréenne ? Difficile de résister. Cette lecture a, de ce côté là, tenue toutes ses promesses. Le lecteur est plongé dans un univers innovant et très agréable, où les créatures vivent dans le monde des humains sans que ceux-ci s'en rendent compte. C'est un vrai régal que de découvrir toutes ces créatures et de les voir évoluer dans un univers moderne, sous un prétexte bien pensé : une dimension a été fermée, poussant les plus maléfiques à se rebeller dans celle des humains, causant ainsi des dégâts qui deviennent de plus en plus difficile à masquer.

L'autrice vient de la littérature de jeunesse et ça se sent un peu trop à mon goût. Rien n'est exploité à fond : ni les interactions avec les humains (il n'y en a quasiment pas), ni l'enquête (tout est sous le nez de nos enquêteurs), ni la psychologie des personnages (d'une immaturité crasse alors qu'ils sont vraiment très âgés). La romance n'apporte rien d'autres que de rendre notre dieu et sa gumiho aveugles à ce qui les entourent, tellement ils sont occupés à se chicaner. Le côté rusé de Seokga se résume à un être bougon qui passe son temps à bouder là où il aurait pu être vraiment retors. Comme si l'autrice ne voulait pas pousser trop loin son univers, ce qui est bien dommage. 

Bref, un roman qui propose un univers riche et original mais récit trop peu travaillé à mon goût. Je ne sais pas encore si je me laisserai tenter par le deuxième et dernier tome.


Le Dieu et la Gumiho, de Sophie Kim
Traduit par Isabelle Pernot
Éditions Sabran
Juin 2025

Furcy, né libre, de Abd Al Malik

 


Film français de Abd Al Malik, sorti le 14 janvier 2026, avec  Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot.

L'histoire : Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l'esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.

Mon avis : Fiouuuu, plus d'un an depuis ma dernière sortie cinéma ! Non pas que je n'en ai pas eu envie mais la programmation dans ma ville a été drastiquement réduite ce qui rend difficile de trouver des horaires compatibles avec la vie privée. Bref, j'ai pu me rendre en salle pour découvrir ce film qui m'intéressait juste pour en apprendre plus sur l'histoire vraie de Furcy Madeleine et avec lui l'histoire de l'esclavagisme en France.

Car si on sait à peu près que La France a aboli l'esclavage lors de la Révolution française, on sait déjà moins qu'il a été rétabli par Napoléon en 1802, avant d'interdire la traite des Noirs en 1815 mais pas l'esclavage notamment pour certaines colonies françaises, laissant ainsi des hommes, des femmes et des enfants se voir dicter leur destinée par des hommes blancs avides de commercer la canne à sucre et de s'enrichir. Toute leur vie est dirigée par le Code noir, recueil de textes visant à encadrer la traite.

Abd Al Malik, que je connaissais surtout pour sa musique, signe ici son deuxième film après Que Dieu bénisse la France en 2014. Il y met en lumière une France qui se dit des Lumières, qui prône la liberté mais qui la renie à un de ses enfants venu réclamé son droit. Car tout est histoire de commerce et de prospérité : il faut des hommes pour travailler dans les champs de canne à sucre et apprêter la marchandise. Jusqu'au plus hautes sphères, même celles qui se disent abolitionniste, le cynisme est de mise : toutes les familles ont les mains trempées du sang des esclaves des lointaines colonies !

Il faudra trente ans à Furcy pour acquérir officiellement sa liberté. Trente ans de souffrance, de douleur et de combat. Trente ans à lutter pour rester lui-même et ne pas baisser les bras. On alterne donc des scènes dans les propriétés coloniales de  La Réunion (alors île Bourbon) et Saint Maurice, où le traitement des esclaves peu aller du simple meuble qu'on utilise en en prenant soin à la pire des atrocités qu'on leur fait subir, mais toujours en leur déniant le statut d'être humain ; et des scènes de procès dans des cours de justice où doit se résoudre le dilemme principal : un esclave n'ayant aucun droit, comment peut-on lui faire justice ? La mise en scène, classique, sans surprise (le sujet ne s'y prête pas), mais tout à fait efficace, balance habilement entre ces deux aspects pour ne pas ennuyer le spectateur et pour rendre parfaitement la détresse de Furcy et son courage dans la lutte.


Un film nécessaire, un film de mémoire, pour rappeler à tous ce que l'homme blanc a fait à ses semblables sous le simple prétexte que sa couleur de peau n'était pas la même ! Et de redire l'idéal que la France à vocation à accueillir tous ceux qui se réclament d'elle !

Le ciel pour conquête [Yudori]

L'autrice
: Née en 1991, Yudori est une dessinatrice, illustratrice et scénariste sud-coréenne vivant au Royaume-Uni. Le ciel pour conquête est son premier album.

L'histoire : Amélie est une jeune catholique mariée à Hans, marchand de la bonne société hollandaise de ce milieu de seizième siècle. Une vie d'humilité qui ne sied guère à son caractère rebelle et fantasque, et qui bascule quand Hans rapporte une jeune esclave venue des pays lointains. Lentement, les deux femmes vont nouer une relation fusionnelle qui va toutes les deux les libérer...

Mon avis : Récit d'émancipation féminine par le biais d'une quête initiatique et d'une rencontre qui vous transforme, le récit proposé par Yudori est somme toute très classique et un peu prévisible. 

L'originalité tient cependant au contexte historique dans lequel l'autrice a choisi de tisser son intrigue : la société hollandaise du milieu du XVIe siècle, et de doter son personnage principal d'Amélie d'une âme d'exploratrice. Il faut dire que son mariage lui tient plus lieu de prison que d'épanouissement personnel. Sa vie de petite bourgeoise lui pèse et il n'y a qu'en levant les yeux vers le ciel qu'elle conçoit la liberté. Elle développe alors une passion pour le vol.


Le dessin de Yudori pourrait rebuter. J'avoue avoir eu un peu de mal au début. Il y a un petit côté Margaux Motin qui perturbe. Mais on s'habitue vite et le trait énergique aide à rendre l'enfermement d'Amélie dans une vie qui n'est pas à sa mesure. Elle qui bouillonne est retenue, comme en cage. Son mari Hans, qui semble pourtant sur la même longueur d'onde, corsette sa femme dans le même corset que lui, celui de la bonne société hollandaise. Il n''envisage pas de lui donner plus de liberté pour qu'elle puisse se révéler et s'épanouir. Les planches de Yudori son à l'inverse très aériennes, comme pour mettre en image l'envie d'Amélie. Et les visages sont très expressifs.

La fin, somme toute ouverte, laisse présager qu'Amélie trouve enfin son bonheur et une façon différente de s'évader, peut être plus concrète et terre à terre que celle d'une aventure aérienne. Comme quoi, il s'agissait bien de simplement trouver l'opportunité à lui offrir plutôt que de la brider comme elle l'était. 

Une histoire assez dure, voire violente parfois. Des femmes enfermées ou libérées, des relations étonnantes qui se nouent. Des thématiques engagées et toujours très contemporaines.


Le ciel pour conquête, de Yudori
Traduit par Chloé Vollmer-Lo
Éditions Delcourt
Septembre 2022

Au cœur du Yamato tome 2 : Zakuro [Aki Shimazaki]

Après ma lecture en fin d'année dernière du premier tome du cycle Au cœur du Yamato : Mitsuba d'Aki Shimazaki, et parce que j'ai le coffret complet, je n'ai pas tardé à ouvrir le deuxième volet, Zakuro.


L'histoire : Voilà vingt-cinq ans que Bânzo Toda est porté disparu - depuis sa déportation dans un camp de travaux forcés en Sibérie, à la fin de la guerre. Sa femme, atteinte de la maladie d'Alzheimer, n'a jamais perdu l'espoir de le revoir. Quand leur fils Tsuyoshi découvre que son père vit depuis des années dans une ville toute proche, qu'il a changé de nom et s'est remarié, il veut comprendre.

Mon avis : Cette fois, l'autrice nous réveille un pan de l'histoire japonaise qui m'était totalement inconnue : la déportation en Sibérie de japonais  au cours de la seconde guerre mondiale vers des camps de travail. Il faudra une dizaine d'années pour les rapatrier.

L'écriture toute en retenue d'Aki Shimazaki ne fait pas dans le pathos. On le sait et c'est souvent ce qui fait le charme de ses écrits. J'avoue cependant que cette fois j'ai manqué d'un peu d'implication émotionnelle pour ressentir de l'empathie envers le destin de Bânzo-san et celui de son fils qui a du assumer la charge familiale à sa place.

Le récit a pourtant de quoi être bouleversant puisqu'il traite d'une grande tragédie qui a touché des milliers de personnes. Les prisonniers japonais, qui se sont rendus au moment de la capitulation du Japon en 1945, et ne sont donc pas des prisonniers de guerre, ont vécu dans des conditions abominables, contraints aux travaux forcés, subissant des expérimentations... Avant de retrouver parfois difficilement leur pays natal et leur famille. Des familles qui ont vécues longtemps séparées et dont le destin n'est même pas raconté dans les livres d'Histoire. Comme s'il était honteux. Même l'amour touchant de la mère pour cet homme et qui va par delà la maladie n'est pas bien rendu par ces mots trop froids et distants.

Bref, j'ai connu l'autrice plus inspirée. J'espère que la suite du cycle sera de meilleure qualité.



Au cœur du Yamato tome 2 : Zakuro, d'Aki Shimazaki
Éditions Actes Sud
Février 2014

Jardin botanique Val Rahmeh à Menton

Le jardin botanique du Val Rahmeh est un jardin situé à Menton dans les Alpes Maritimes. D'une superficie de 15 000 m², il fait partie du Muséum national d'histoire naturelle. 

Villa du Val Rahmeh

À l'origine petite propriété avec quelques terres et une villa de style italo-provençale, le Val Rahmeh est racheté en 1905 par Sir Percy Radcliffe, ancien gouverneur de Malte, dont l'épouse s'appelait Rahmeh Théodora Swinburne. Le coupe s'emploie à agrandir la villa, mais surtout le jardin, en rachetant des parcelles voisines et font planter de nombreuses espèces de climat méditerranéen et subtropical.

Aristolochia gigantea

Heliconia

Ginger Lily au dessus d'un bassin

Divers propriétaires vont se succéder, jusqu'en 1957 où le site est achetée par Miss May Bud Campbell, riche anglaise passionnée de botanique, qui va encore agrandir le domaine dans sa partie inférieur et enrichir le jardin de nombreuses espèces exotiques. Très endettée, elle est contrainte en mars 1966 de revendre la propriété à l'État français qui l'attribue au MNHN. 

Bougainvilliers

Hibiscus

Irésine herbstii

Fontaine

Le site présentait un double intérêt : celui d'une collection déjà conséquente d'une part ; et également la possibilité de faire des essais grâce aux données topographiques et climatiques spécifiques. Aujourd'hui, avec plus de 1 800 espèces subtropicales, tropicales et méditerranéennes, le jardin remplit des missions de conservation, d'acclimatation, de diffusion des connaissances et de formation. Le site est adapté à l'accueil du public.

Nénuphars géants Victoria du Parana

Nénuphars géants et lotus sacrés

Bassin du Val Rahmeh



Informations pratiques :

Tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h

Avenue Saint Jacques
06 500 Menton

Tarifs : 8€ 
Site du Jardin botanique Val Rahmeh ici