Film français de Abd Al Malik, sorti le 14 janvier 2026, avec Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot.
L'histoire : Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l'esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.
Mon avis : Fiouuuu, plus d'un an depuis ma dernière sortie cinéma ! Non pas que je n'en ai pas eu envie mais la programmation dans ma ville a été drastiquement réduite ce qui rend difficile de trouver des horaires compatibles avec la vie privée. Bref, j'ai pu me rendre en salle pour découvrir ce film qui m'intéressait juste pour en apprendre plus sur l'histoire vraie de Furcy Madeleine et avec lui l'histoire de l'esclavagisme en France.
Car si on sait à peu près que Napoléon a aboli l'esclavage, on sait déjà moins qu'il a fait une exception pour certaines colonies françaises, laissant ainsi des hommes, des femmes et des enfants se voir dicter leur destinée par des hommes blancs avides de commercer la canne à sucre et de s'enrichir. Toute leur vie est dirigée par le Code noir, recueil de textes visant à encadrer la traite.
Abd Al Malik, que je connaissais surtout pour sa musique, signe ici son deuxième film après Que Dieu bénisse la France en 2014. Il y met en lumière une France qui se dit des Lumières, qui prône la liberté mais qui la renie à un de ses enfants venu réclamé son droit. Car tout est histoire de commerce et de prospérité : il faut des hommes pour travailler dans les champs de canne à sucre et apprêter la marchandise. Jusqu'au plus hautes sphères, même celles qui se disent abolitionniste, le cynisme est de mise : toutes les familles ont les mains trempées du sang des esclaves des lointaines colonies !
Il faudra trente ans à Furcy pour acquérir officiellement sa liberté. Trente ans de souffrance, de douleur et de combat. Trente ans à lutter pour rester lui-même et ne pas baisser les bras. On alterne donc des scènes dans les propriétés coloniales de La Réunion (alors île Bourbon) et Saint Maurice, où le traitement des esclaves peu aller du simple meuble qu'on utilise en en prenant soin à la pire des atrocités qu'on leur fait subir, mais toujours en leur déniant le statut d'être humain ; et des scènes de procès dans des cours de justice où doit se résoudre le dilemme principal : un esclave n'ayant aucun droit, comment peut-on lui faire justice ? La mise en scène, classique, sans surprise (le sujet ne s'y prête pas), mais tout à fait efficace, balance habilement entre ces deux aspects pour ne pas ennuyer le spectateur et pour rendre parfaitement la détresse de Furcy et son courage dans la lutte.
Un film nécessaire, un film de mémoire, pour rappeler à tous ce que l'homme blanc a fait à ses semblables sous le simple prétexte que sa couleur de peau n'était pas la même ! Et de redire l'idéal que la France à vocation à accueillir tous ceux qui se réclament d'elle !

Ah oui, je n'ai pas oublié le livre, datant de quelque temps, à lire aussi!
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