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À toi pour l'éternité [Daniel Glattauer]

L’auteur : Journaliste et écrivain autrichien né en mai 1960, Daniel Glattauer est connu en France pour son roman Quand souffle le vent du Nord.

L’histoire : Célibataire, belle, libre et indépendante, Judith est pourtant peu sûre d’elle et pleine de doutes : à trente-six ans, elle n’a toujours pas trouvé l’amour. Jusqu’au jour où elle croise, dans un supermarché, le chemin de Hannes… qui lui marche sur le pied. L’incident est banal et l’histoire pourrait bien s’arrêter là, mais Hannes fait très vite irruption dans le magasin de lampes de Judith et, avec des discours enflammés et des attentions de tous les instants, il ne tarde pas à s’immiscer aussi dans sa vie. Car même s’il est un peu envahissant, Hannes est un homme parfait, le rêve de toute belle-mère, à en croire ses proches et ses amis.

Toutefois l’amour tourne bientôt à l’obsession et l’idylle au cauchemar, et Judith étouffe dans cette relation possessive. Elle tente bien de rompre, mais Hannes sait se montrer tenace – peut-être même un peu trop pour être honnête – et absent, il est plus que jamais présent et la poursuit jusque dans ses rêves…

Mon avis : Comme beaucoup, j’avais repéré ce titre à sa sortie, mais comme je n’avais pas été emballée par la suite de Quand souffle le vent du Nord, je n’étais guère tentée. Jusqu’à ce qu’une envie d’une lecture simple et rapide me pousse vers lui. J’avoue ne pas avoir lu la quatrième de couverture. Je pensais avoir une lecture légère, j’ai été bien vite détrompée. Car s’il est ici question d’amour, c’est un amour étouffant, oppressant, blessant que l’auteur exprime.

Dès le départ, on sent bien que du côté de Judith, ce n’est pas le grand amour. Elle semble s’embarquer dans cette histoire avec Hannes plus par désœuvrement que par réel attachement. Hannes lui fait la cour, et si elle y est sensible, c’est davantage parce que cela fait longtemps qu’elle n’a pas été au centre de telles attentions que parce qu’un sentiment commence à poindre. Lorsqu’elle se rend compte qu’elle ne pourra pas l’aimer autant qu’il le souhaite, Judith tente de mettre fin à la relation. Mais cela va s’avérer plus compliqué que prévu.

On sent bien aussi que Hannes a un comportement bizarre : trop, trop vite. Il est trop parfait pour être honnête j’ai envie de dire. Rien ne semble avoir prise sur lui. Il trouve toujours un moyen d’arriver à ses fins. Il prévient le moindre désir de Judith au point d’être étouffant. Car le plaisir d’obtenir quelque chose est souvent proportionnel à l’envie qu’on en a eu. Bien vite, Judith n’a donc plus envie que d’une chose : que cet homme quitte sa vie. Ses amis et sa famille ne vont pas comprendre ce choix, tant Hannes sait se rendre utile voire indispensable. Hannes est un manipulateur comme je n’aimerais pas en croiser et je comprends tout à fait que Judith est un moment douté de sa propre santé mentale.

La fin est un peu rapide à mon goût. Si Judith tombe dans la dépression et l’abattement, j’aurais pensé assister à une réelle descente aux enfers. Là, elle garde toujours l’appui d’une personne (pas celle à laquelle on penserait spontanément, c’est d’ailleurs ce personnage qui apporte un peu de légèreté à l’histoire) qui est prête à la croire et à l’aider. Du coup, elle se sort bien vite de son pétrin. On ne sait pas trop ce qu’il adviendra d’Hannes, ni comment Judith va pouvoir poursuivre après cela. C’est assez facile de quitter les personnages à cet instant clé, alors que le lecteur pourrait s’attendre à des explications.

Une lecture moins légère que prévue donc, pas totalement aboutie mais agréable, même si je pense qu’on peut trouver bien mieux sur ce sujet (je pense par exemple à un Robe de marié de Pierre Lemaître).

Ce roman fait partie du challenge Petit Bac 2014 d'Enna dans la catégorie Moment/temps.



La septième vague [Daniel Glattauer]

La septième vague est la suite de Quand souffle le vent du Nord, roman épistolaire moderne.

L'histoire : Leo, de retour des Etats-Unis, la correspondance entre Emmi et lui reprend, d’abord timide après de longs mois de silence, puis tout s’enchaîne.
Mais voici qu’Emmi souhaite en finir pour de bon et mettre un terme à cette relation épistolaire. Pour cela, elle veut rencontrer Leo, une fois au moins…
La rencontre a lieu – conformément à la forme consacrée du roman épistolaire – sans public. Le lecteur n’aura droit qu’au compte-rendu…
La relation virtuelle survivra-t-elle au test de la réalité ? Comment maintenir la tension, si les deux personnages ne peuvent plus se cacher derrière les mots, mais se retrouvent face à face ? C’est là tout le charme, pétillant et captivant, de cette romance virtuelle et virtuose.

Mon avis : Je n'étais pas sûre, à la fin de Quand souffle le vent du Nord, qu'une suite se justifiait. Et après ma lecture, je continue à penser que La septième vague ne s'imposait pas.
Si on retrouve avec plaisir Emmi, puis Leo, nos deux héros ont rapidement fini par m'agacer. Il y a pourtant toujours de l'humour dans leurs échanges, et cette alternance de moments de vie et d'humeurs : du cynisme, de la tendresse, de la colère, de la retenue, quelques vérités aussi. Sauf qu'aussitôt ces vérités dites, chacun s'empresse de ne pas l'appliquer, voire de dire l'inverse quelques jours plus tard. Et l'autre de souligner bien évidemment cette incohérence. Alors, je me suis vite lassée de leurs tergiversations. Et j'ai été heureuse d'atteindre la fin, un peu précipitée d'ailleurs, comme si l'auteur ne savait comment rendre leur liberté à Emmi et Leo. Moi je les quitte donc là, en me souvenant surtout de cette bulle de vie et de tendresse qui ne dit pas son nom, au début de leur histoire si originale et pourtant universelle.

Quand souffle le vent du Nord [Daniel Glattauer]


L'auteur : Daniel Glattauer est un journaliste et écrivain autrichien né à Vienne en mai 1960.

Quand souffle le vent du nord (Gut gegen Nordwind) est son 8e roman, mais le premier traduit en Français.

L'histoire : Un message anodin peut-il bouleverser votre vie ? Leo Leike reçoit par erreur un mail d'une inconnue, Emmi Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s'excuse et, peu à peu, un dialogue s'engage, une relation se noue. Au fil des mails, ils éprouvent l'un pour l'autre un intérêt grandissant.
Leo écrit : "Vous êtes comme une deuxième vois en moi qui m'accompagne au quotidien."
Emmi admet : "Quand vous ne m'écrivez pas pendant trois jours, je ressens un manque."
Emmi est mariée, Leo se remet à grand-peine d'un chagrin d'amour. De plus en plus attirés l'un par l'autre, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre...

Mon avis : Un roman épistolaire d’un nouveau genre, puisqu’il s’agit ici d’échange d’emails entre deux personnes qui ne se sont jamais vues. Tout commence donc par un mail qui arrive à la mauvaise personne. S’en suit une relation virtuelle qui se teinte petit à petit d’humour et de tendresse. Chacun devient dépendant des mails de l’autre. Les deux protagonistes de ce dialogue s’envoient une vingtaine de mails par jour et se dévoilent peu à peu, tout en s’imposant des interdits. Ils se cherchent, s’inventent, se découvrent. Avec des mots forts, touchants, drôles ou violents tour à tour, parfois sensuels, parfois sous-entendus. Léo particulièrement m’a touchée. On le sent effectivement réfléchi, avec une profonde envie de changer son monde sans trop savoir par où commencer, même si c’est lui le plus terre à terre de cette relation : elle n’est originale et si puissante que justement parce que les deux protagonistes ne se connaissent pas, voire ne se connaitront jamais.
Certes, le petit jeu du « un pas en avant trois pas en arrière » peut vite lasser. Chaque tentative de programmer une rencontre échoue et, au bout d’un moment, le lecteur sait bien que la nouvelle tentative qui se profile rencontrera le même succès que la précédente. Jusqu’au dénouement final, qui remet tout en cause.
348 pages lues au final très très vite, trop vite. Une fois commencé, impossible de s’arrêter. Je suis nostalgique des mots de Léo, même si leur petit jeu du chat et de la souris ne pouvait durer éternellement.

Un grand grand merci à Leiloona pour ce livre-voyageur, que je ne pensais pas tant apprécier, mais qui m’a emportée dans son souffle, fait d’une réelle complicité entre deux personnages attachants. Si comme moi vous hésitiez sous la déferlante de bonnes critiques, n'hésitez pas plus longtemps, il vaut le coup !