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Métro 2033 [Dmitry Glukhovsky]

L'auteur : Dmitry Glukhovsky est un journaliste et auteur russe né en juin 1979. Métro 2033 est son premier roman, largement traduit et adapté en jeu vidéo.

L'histoire : 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inhabitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métropolitain, où ils ont tant bien que mal organisé des microsociétés de la pénurie.
Dans ce monde réduit à des stations en déliquescence reliées par des tunnels où rôdent les dangers les plus insolites, le jeune Artyom entreprend une mission qui pourrait le conduire à sauver les derniers hommes d'une menace obscure... mais aussi à se découvrir lui-même à travers des rencontres inattendues.

Mon avis : Voici un roman d'anticipation post-apocalyptique que j'avais noté pour l'offrir à Mister et ensuite le lire moi-même. Grâce à l'opération Masse Critique de Babelio, je l'aurai lu la première !

Avec Métro 2033, nous plongeons dans l'enfer du métro moscovite, 20 ans après qu'une apocalypse nucléaire a poussé les rares survivants à se réfugier dans les profondeurs de la Terre. D'une station à l'autre, la situation est bien différente. Chacun s'organise pour survivre. Artyom habite dans la station VDNKh, au Nord. Celle-ci voit se multiplier les attaques des Noirs, créatures dont on ne sait pas si elles existaient avant la catastrophe ou si elles en sont la conséquence. Artyom va être envoyé parcourir le métro pour aller chercher de l'aide, dans une sorte de voyage initiatique.

Chaque station vit de façon plus ou moins autonome : les antagonismes qui ont provoqué la destruction de la surface de la Terre n'ont pas pour autant disparu et des rivalités apparaissent aussi dans les profondeurs du métro. Entre la ligne Rouge et Polis, les relations sont tendues. Le quatrième Reich abritent les néonazis auxquels s'opposent farouchement les Trotskistes. D'autres préfèrent mettre de côté l'aspect idéologique pour privilégier le commerce : la Hanse est la ligne circulaire par laquelle transite toutes les marchandises, que ce soit l'élevage de cochons ou la culture des champignons. Certaines sociétés sont déclinantes, d'autres tout à fait florissantes. S'il faut au lecteur un temps pour s'habituer aux noms des personnages et des stations, à consonance russe forcément, le plan dans les rabats de l'édition de poche aide beaucoup à s'orienter.

La grande originalité du roman est bien sûr dans l'univers clos des stations de métros et des tunnels qui les relient, véritable terrain de jeu pour Dmitry Glukhovsky. Il est propice à une ambiance forcément sombre qui devient aussi, sous la plume de l'auteur, oppressante. La menace rode en permanence, sans qu'on sache précisément de quelle nature elle peut être : physique ou psychologique, humaine ou mutante. Les êtres humains rêvent de la surface comme de l'Eden perdu mais ne semblent pas avoir tirer pour autant les conclusions de leurs agissements précédents. L'univers richement construit montre chaque organisation avec ses propres règles, que notre jeune Artyom doit vite comprendre. Mettant en lumière que les guerres intestines sont toujours de mise, jusqu'à la chute du récit qui apporte un autre éclairage. Entre récit d'action et de réflexion (théologique, philosophique et sociétal), le roman balance habilement sans jamais lasser.

Un défaut, parce qu'il en faut bien : ce roman a tout de même pas mal de longueurs, d'autant que le schéma est assez répétitif. Le héros arrive dans une station, en découvre les codes, réagit à une épreuve qui lui est imposée puis repart. Si les différents modes de civilisations imaginés sont intéressants, plusieurs pages en moins auraient pu rendre le tout un peu plus digeste.

Dernière précision : je recommande cette lecture sauf pour ceux qui seraient claustrophobes !


Métro 2033, de Dmitry Glukhovsky
Traduit par Denis E. Savine
Livre de Poche
Janvier 2017

L'éternel mari [Fiodor Dostoïevski]

L'auteur : Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski est un écrivain russe né à Moscou en novembre 1821 et mort en février 1881. Il fait parti des grands noms de la littérature russe avec des romans comme Crime et châtiment.

L'histoire : Veltchaninov, tout occupé à une affaire juridique, repère pourtant un homme étrange, « un monsieur qui portait un crêpe à son chapeau », et qu'il ne cesse de croiser. Jusqu'à ce que l'homme vienne frapper à sa porte, en pleine nuit, et que Veltchaninov reconnaisse celui qui, neuf ans auparavant, était le mari de sa maîtresse.

Mon avis : Je vais vous faire un aveu. J'ai très envie de découvrir Dostoïevski et Tolstoi mais les pavés que sont leurs romans m'effraient. Alors, comme je l'ai fait avec Pouchkine, je commence par leurs œuvres les plus petites. Et ce titre ne dépassant pas les 200 pages me semblait parfait.. Comme en plus c'est un classique tombé dans le domaine public, j'ai pu le trouver gratuitement pour mon Kindle. Enfin, l'occasion de compléter une ligne dans mon challenge Petit Bac a fait le reste. J'ai donc enfin pu découvrir Dostoïevski.

Le problème avec cette politique de découverte, c'est que les plus petites oeuvres sont rarement les meilleures. Et ce fut le cas ici. Il faut dire que le personnage de Veltchaninov, hypocondriaque profond, névrosé qui ressasse ses souvenirs et les décortique à plaisir, n'est pas le plus indiqué pour provoquer chez moi un quelconque attachement. La vision des rapports de couple est loin d'être joyeuse puisque l' "éternel mari" dont il est question n'est rien de moins qu'un homme qui n'épouserait que des femmes destinées à le tromper. Mari, épouse défunte, ancien amant, fiancée de 15 ans, fille, tous ces personnages forment une danse macabre et obsessionnelle, faite de fascination et mêlée parfois d'indifférence.

Ceci dit, la tension entre le mari et l'ancien amant est assez bien rendue : le veuf sait-il que sa femme le trompait avec cet ami perdu de vue ? Mais on se perd dans les complexités abusives de cette tension, la situation étant parfois vraiment confuses. Les dialogues n'aident pas à clarifier tout ceci tant les personnages semblent proches de la folie. Peut être que des lourdeurs de traduction n'aident guère à simplifier d'ailleurs.

Un bof donc.


Je fais entrer cette lecture dans le challenge Petit Bac 2014 d'Enna, catégorie Sphère familiale.


Le Diable [Léon Tolstoï]

L’auteur : Léon Tolstoï est un écrivain majeur de la littérature russe, né en septembre 1828 et mort en novembre 1910.
Le Diable est une nouvelle écrite en 1889 mais achevée en 1909 et publiée à titre posthume.

L’histoire : Irténiev, propriétaire terrien, est un homme sérieux, qui gère son domaine avec efficacité et rigueur. Marié à la douce et fragile Lise, romantique amoureuse qui l’idéalise, Irténiev fait de son mieux pour être à la hauteur. C’est sans compter sur Stépanida, une belle paysanne impudique, au regard de braise, au corps vigoureux et à la peau laiteuse, qui met tous ses sens en émoi...

Mon avis : Cette nouvelle était pour moi un moyen de tester l’écriture de Tolstoï avant de me lancer éventuellement dans une de ses grandes œuvres romanesques. Tolstoï a un style assez classique, mais simple et limpide que j’ai apprécié. Une plume simple, sans fioriture et sans longueur, pour décrire à merveille la complexité du sentiment qui ronge Eugène sans répit, ne le laissant en repos quelques temps que pour revenir plus fort et plus pressant. Pourtant, cette Stépanida n’a a priori rien de bien particulier pour justifier cette obsession. Elle est certes rieuse et solide mais il ne la décrit pas dès le premier abord comme une beauté renversante. Le désir va pourtant embraser les sens du jeune homme. La culpabilité va hanter et poursuivre Eugène jusqu’à la fin. Pourtant, celui-ci ne choisira pas la solution de facilité, contrairement à ce qu’on peut souvent voir : il ne décide pas de succomber à son désir au détriment de sa morale. Il se bat, envisage toutes les possibilités avant de choisir une solution extrême, la seule qui lui permette de rester entier. En cela, ce personnage m’a été particulièrement sympathique.
Maintenant, ne me reste plus qu’à choisir pour poursuivre ma découverte : Guerre et paix ou Anna Karénine ?