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26 septembre 2009

Harlequinades, seconde partie

L'auteur : Ann Lethbridge est née en Angleterre mais vit au Canada. Après des études commerciales, et une carrière dans l’administration universitaire au Canada, elle décide de changer de voie en 2008, pour écrire des romans d’amour historiques.

Un scandaleux héritage est son premier roman publié dans la collection Les Historiques.

L'histoire : Angleterre, 1816. Orpheline, Sylvia a échappé à une vie de misère grâce à la générosité de son tuteur qu’elle aimait tendrement. Après le décès de ce dernier, elle espère, avec l’héritage qu’il lui a laissé, prendre son destin en main. Aussi, lorsqu’elle apprend que le défunt l’a confiée à la charge de son neveu, Christopher Evernden, est-elle au comble du désespoir. Car aux yeux de celui-ci, elle n’est rien d’autre qu’une femme entretenue doublée d’une méprisable intrigante. Un mépris qui ne la toucherait guère, s’il n’y avait entre elle et son nouveau protecteur, une troublante attirance…

Mon avis : Hum. Oui, comme certaines, je suis allée exercée ma critique sur un autre type d'harlequinerie, j'ai nommé la collection Les Historiques, après la collection Passions. Rien de bien nouveau à l'horizon, seul le décor change : je t'aime, moi non plus. Allez, cherchons bien, que peut-on y trouver :

1/ Une étude poussée de la condition de la femme dans les années 1810 :
" - Je voyage seule.
- C'est un établissement pour personnes de qualité. Une dame ne voyage pas ainsi. Vous devriez plutôt aller aux "Deux H" [...] Ils ont des chambres pour les ... personnes de votre sorte."
Alors, il ne fait pas bon être une femme à cette époque parce que vous ne pouvez pas voyager seule, ni prendre une chambre dans un hôtel seule, sans être accompagnée au minimum par un homme. Le problème c'est que si vous êtes accompagnée par un homme, on vous traite de courtisane, si vous ne l'êtes pas de pauvresse ou de femme de petite vie. Autre chose ? Ah non, désolée, l'étude s'arrête là !

2/ Des scènes sexuelles démentes : non, parce que là, quand même, j'en ai lu des passages à haute voix et nous avons bien rigolé !
"Il gémit et rejeta la tête en arrière, les yeux clos. Il était si beau ainsi que Sylvia en avait presque les larmes aux yeux. Puis il se releva à demi et agrippa sa compagne aux épaules en la regardant intensément.
- Je vais te prendre, tu le veux, n'est-ce pas ?"
Et là ce n'est qu'un petit extrait évitant certains mots pour ne pas attirer les pervers sur les moteurs de recherche... Ces scènes sont d'une bêtise et d'une niaiserie sans nom !

En bref : j'aurais aimé développer plus, mais là, c'est tout simplement impossible. Sorti de ces deux points, il n'y a rien. Un style inexistant, une histoire qui tiendrait en 5 lignes, un texte qui aurait pu être écrit par un gamin de 5e (vocabulaire et images sexuelles en moins, tout de même), aucun intérêt et absolument pas crédible : une jeune fille, élevée dans un bordel, qui parle un français argotique et de fonds de rues, voulant devenir gouvernante pour enseigner le français à de jeunes enfants anglais ! Et qui, avant de pouvoir le faire, se rend compte qu'en fait elle est une lady qui s'ignore !

Passer du style de Carlos Ruiz Zafón à ça est humainement... insupportable !

Le principe des Harlequinades (que nous propose Chiffonnette et Fashion, merci à elles) est celui-ci : lire un ou plusieurs Harlequins, dans n'importe quelle collection et lui consacrer un billet mettant en perspective les aspects littéraires, sociologiques, géopolitiques ou culinaires de l'affaire.


5 commentaires :

keisha a dit…

Méfie toi, il existe des gamins de 5ème qui ont un riche vocabulaire, parfois étudié avec certains films, hélas!

Marie a dit…

Je n'ai vraiment pas envie de me plonger dans les Harlequins. Par contre, je suis une lectrice fan et assidue de tous les commentaires de ce défi... Un vrai régal ! On devrait les regrouper, ça ferait une chouette parodie... ;-)
Bonne journée
Marie

petite fleur a dit…

@keisha : je sais bien, mais je n'ai mis ici qu'une citation assez soft pour ne pas attirer tous les pervers sur mon site :-)
@marie : il me semble que fashion parlait de faire voter pour élire la meilleure analyse littéraire parmis tous ces billets !

Pimpi a dit…

Waow, j'aimerais ça, lire une harlequin historique !! ça doit vraiment être trèèèèèès drôle ! Mais on n'en trouve pas vraiment ici au Québec, je suis bien malheureuse.... :D

petite fleur a dit…

Bah vu l'expérience de celui-ci, je ne retenterai pas je pense... Pour ma part, j'avais beaucoup plus rigolé sur les histoires un peu plus modernes.