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02 décembre 2010

Imprimatur [Monaldi et Sorti]

Les auteurs : Rita Monaldi est née en 1966 et Francesco Sorti en 1964. Ils sont des écrivains italiens, écrivant à quatre mains des romans historiques. Rita Monaldi est diplômée de philologie classique et spécialiste de l'histoire des religions. Francesco Sorti est un musicologue spécialisé dans la musique baroque et a notamment travaillé pour Radio Vatican.
Imprimatur est le début d'une saga historique qui comprendra sept tomes. L'ensemble de ces sept titres formera une phrase : "Imprimatur secretum veritas mysterium unicum ...", les deux derniers titres n'étant pas communiqués, de façon intentionnelle, par les auteurs. Les deux premiers ouvrages, vu la véracité des informations recueillies dans ces livres, ont été boycottés par le Vatican.

L'histoire : Septembre 1683. Les Turcs assiègent Vienne. La peste menace Rome. Dans les souterrains, les imprimeries clandestines et les laboratoires alchimiques de la ville sainte, Atto Melani, abbé, castrat, diplomate et espion au service de Louis XIV, dispute une partie mortelle.
Tel est le point de départ de ce flamboyant roman historique qui nous plonge au cœur des intrigues politiques et religieuses des grandes cours européennes, tout en nous initiant à la musique baroque, à l'astrologie et aux sciences de l'époque.

Mon avis : Je me suis plongé dans ce gros pavé qu'est Imprimatur en me demandant si ça allait me plaire. Le livre est épais mais se lit assez vite grâce à un style simple mais plaisant et une intrigue suffisamment divertissante pour maintenir l'attention. De plus, historiquement parlant, ce livre est d'une très très grande richesse, foisonnant d'anecdotes (parfois trop ?) sur cette fin de XVIIe siècle.
L'intrigue se passe à Rome en 1683, époque à laquelle l'Europe de l'Est vacille devant l'Empire Ottoman et, du même coup, la chrétienté. C'est assez intéressant de voir comment les auteurs arrivent à nous conter l'histoire de l'Europe entière au travers d'un huis-clos dans une auberge mise en quarantaine à cause d'un cas de peste, qui se révèle être un meurtre. Tout se passe à quelques encablures de la basilique Saint Pierre de Rome, avec quelques incursions dans les catacombes et dans le reste de la ville.
L'intrigue policière se mêle à des faits historiques et met particulièrement en exergue un personnage : Fouquet. Non ce n'était pas un restaurateur sur les Champs Élysées. Allez, on ressort ses manuels d'Histoire et on se rappelle de l'histoire de Fouquet, tristement célèbre ministre des finances de Louis XIV, devenu trop puissant et riche au point de nuire au rayonnement du roi. Ce dernier décide de l'éliminer et de le dépouiller, avec une rare méticulosité. Visiblement les auteurs ont fait des recherches énormes pour arriver à ce récit. Difficile de discerner la vérité historique dans tout ça, mais au final, on éprouve une forme de pitié pour cet homme qui fut trop brillant pour coexister avec le Roi Soleil.
Le lecteur est guidé par un enfant, commis à l'auberge, qui se retrouve associé à un étrange abbé, ancien castrat renommé et bien trop intriguant pour être un simple prélat. On s'aperçoit vite que l'intrigue pourrait dévoiler un secret qui ferait vaciller le pape. Et à travers ça, c'est tout le système mis en place par le Vatican pour influencer le monde de l'époque qui est dévoilé. On découvre de manière ludique la situation géopolitique de l'époque, les intrigues entre les puissants, les relations entre les différentes contrées lombarde, hollandaise, française, vénitienne, prussienne etc... et les manigances des papes chrétiens. De l'espionnage, des énigmes historiques, des analyses fines des sciences de l'époque : médecine, herboristerie, mais aussi des croyances.
J'ai apprécié ce livre suffisamment érudit pour m'apprendre des tonnes de choses et suffisamment divertissant pour ne pas me lasser comme un livre genre Labyrinthe (gros chplaf au passage : l'auteur avait dû lire les "cathares pour les nuls" pour écrire un récit aussi niais). Certes, ce n'est pas du niveau de finesse et de mystère d'un Umberto Eco dans le Pendule de Foucault, mais certains me diront que c'est sûrement plus accessible et ce n'est pas faux.
Deux petites critiques peut-être : on voit que les auteurs ont voulu intégrer un maximum d'anecdotes historiques mais parfois, certains passages sont posés là un peu comme un cheveu sur la soupe. Ça reste supportable et, en général, on y apprend des choses. Enfin, le mécanisme de l'enfant qu'on suit et qui va progresser, apprendre la dureté de la vie au cours du récit, est un peu trop facile. Ça devient une constante dans ce type de livres. On est dans un policier historique pas dans Harry Potter ou Narnia, un héros adulte peut aussi être intéressant.
Je lirai peut-être la suite un jour mais les auteurs en ont déjà tellement raconté dans celui-là que je préfère laisser du temps s'écouler avant de passer à la suite.


4 commentaires :

zarline a dit…

Un bon livre pour les vacances d'été en somme? Je note dans un coin mais bon... 7 volumes... Le premier se suffit à lui-même? Il y a une vraie conclusion?

gruikman a dit…

je te confirme c'est exactement ça :)... le premier tome se suffit à lui-même. D'où le fait que je n'ai pas forcément envie de lire la suite maintenant. De plus, il semble que seuls 2 tomes sont sortis en poche en France et le 2ème "Secretum" très récemment. Etrange quand on sait que ça date de 2004 quand même!

mrs pepys a dit…

Un billet qui pique ma curiosité : je note ce titre.

alinea a dit…

celui-ci me tente beaucoup, je note;