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10 mars 2011

La conspiration du temple [Steve Berry]

L'auteur : Steve Berry, né en 1955, est un avocat et auteur de romans policiers américain.

L'histoire : La ministre suprême de la jeune Fédération d'Asie centrale a des rêves de grandeur : depuis sa capitale Samarcande, elle veut envahir ses voisins afghans et iraniens. Mais pour lancer les opérations militaires, il lui faut réunir les huit décadrachmes de Poros, ces médaillons frappés à l'époque d'Alexandre le Grand. Comment huit pièces archéologiques pourraient mettre l'Asie centrale à feu et à sang ? C'est l'énigme que doit résoudre Cotton Malone, ex-agent du ministère de la Justice américaine, tandis que, dans l'ombre, une organisation secrète prépare en silence un complot terrifiant...

Mon avis : Tout d'abord, poussons un coup de gueule de plus sur la traduction du titre : The Venitian Betrayal devient La Conspiration du Temple. Cependant, de près, de loin, de devant, de derrière, il n'y a rien qui traite des Templiers dans ce livre, ni de leur trésor, ni d'un secret caché par le Vatican, ni de Dan Brown (à part son avis généré aléatoirement sur la couverture). Ok, Steve Berry a écrit dans sa vie une nouvelle sur les Templiers, mais ce n'est pas une raison pour surfer sur la vague en sortant des titres du genre Mon templier chez les nudistes alors que ça parle du mythe d'Alexandre le Grand en Asie Centrale. Ceci dit, que dire de ce livre ? La parenté avec Dan Brown est assez évidente : on retrouve le même genre de livre écrit très mécaniquement et platement, basé sur une histoire légendaire plus ou moins romancée, le tout mélangé avec des organisations technologico-secrètes dirigées par les vilains gouvernements et des milliardaires fous. Bien sûr, il y a aussi de l'action avec de multiples rebondissements qu'on sent venir 100 pages à l'avance. Comme pour M. Brown, c'est très bien documenté et j'ai appris des choses sur Alexandre le Grand, Venise et l'Asie centrale. Cependant, le mélange entre le secret d'Alexandre le Grand et des traitements du HIV est assez indigeste à mon goût.
Concernant les personnages principaux, c'est un peu "too much" également : un libraire au nom improbable de Cotton Malone, ancien membre du JAG puis d'une organisation secrète, expert en combat et armes, sachant faire voler un avion de chasse et ayant lu 20 fois L'Iliade et L'Odyssée dans l'ordre et le désordre. Il s'est retiré de cette vie pour tenir une librairie à Copenhague, le tout payé par un ami milliardaire danois. Il se retrouve comme par hasard à sauver une jeune et mystérieuse wonder-woman. Celle-ci enquête sur la mort de son ex-amant, spécialiste mondial d'Alexandre le Grand, aux prises avec les agents impitoyables de cette femme dictateur d'Asie Centrale et des gentils services secrets américains. Le tout bien mélangé, forcément, ça lui met son petit cœur en émoi à notre héros. Si si, ça arrive !
Ne soyons pas trop dur non plus car ce livre n'est pas désagréable et ça reste un bon divertissement à l'américaine pour une lecture de plage, par exemple, avec une bonne grosse glace. Je trouve que l'auteur découpe de manière bien trop calculée son récit et que tout est trop millimétré et trop gros pour être inattendu.
Voilà donc une machine trop bien huilée, trop stéréotypée pour en faire quelque chose de vraiment intéressant : à réserver aux fanatiques du style Da Vinci Code et aux plagistes.

Merci tout de même à BoB pour cette lecture.

9 commentaires :

Mango a dit…

A lire éventuellement sur la plage cet été alors!

Gruikman a dit…

Exactement, tu ne seras pas déçue et puis n'oublies pas de coller un post-it sur la couverture avec le vrai titre "la trahison vénitienne" ;)

choupynette a dit…

ah ces maisons d'éditions qui changent les titres... même problème sur le films étrangers. C'est vraiment enrageant!

Irrégulière a dit…

C'est l'un de mes préférés dans la série. A part ça, je suis tout à fait d'accord avec ta réflexion sur les templiers !

Ys a dit…

cette histoire de faux Templiers, c'est exaspérant... des éditeurs ou des vendeurs de papier ?

Gruikman a dit…

@choupynette: c'est limite de la vente mensongère je trouve.
@irrégulière: je ne l'ai pas trouvé désagréable en dehors du fait que tout y est trop gros mais cette histoire de templiers ça m'a turlupiné parce que je le lisais et me disais:"mais comment il va recoller son histoire avec des templiers???" je me suis dit que les vénitiens ou le milliardaire danois devaient être des héritiers des templiers ou un truc dans le genre mais même pas... les templiers sont en vacances à la plage dans ce livre :D
@Ys: faut croire que le templier fait vendre. Que ferait-on si ces braves banquiers un peu virils ne s'étaient pas faits éradiquer de la surface de la terre par le bon roi de l'époque pour de sombres questions de pouvoir et d'argent... l'ultra-libéralisme de l'époque avait au moins le mérite d'être franc, direct et de s'assumer... :)

zarline a dit…

Mouais, trop gros et cliché pour moi, même pour la plage. Et si même l'éditeur n'a pas lu le livre avant de choisir le titre, c'est plutôt pas bon signe ;-)

Gruikman a dit…

Et encore je n'ai pas tout dit du scénario qui est encore plus énorme que ce que je raconte :):):)... mais c'est le genre qui veut ça je crois aussi! Mais dans le genre polar sur l'histoire, ma référence reste et restera le Pendule de Foucault de Umberto Eco qui est un pur chef d'oeuvre d'érudition et de littérature même si c'est assez complexe il est vrai.

Alex Mot-à-Mots a dit…

Lystig me l'a prêté, et je suis comme toi, ofusquée de la mauvaise traduction du titre.
Quand au reste....