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21 février 2012

Bifteck [Martin Provost]

L’auteur : Martin Provost, né en 1957 à Brest, est un comédien, réalisateur et écrivain français. Il est notamment le réalisateur de Séraphine.

L'histoire : Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. Alors que la Grande Guerre fait rage, le jeune André se découvre un don pour faire « chanter la chair » - et pas n’importe laquelle : celle des femmes, dont la file s’allonge devant la boucherie… Leurs hommes partis au front, celles-ci comptent sur lui pour goûter au plaisir suprême.
Hélas, le conflit s’achève et les maris reviennent. Un matin, le boucher trouve sur le pas de sa porte un bébé gazouillant dans un panier en osier, puis un deuxième, un troisième : du jour au lendemain, le voilà père de sept enfants, et poursuivi par un époux vindicatif…

Mon avis : Lorsque Loesha a proposé de me prêter ce petit livre que je voyais beaucoup passer sur la blogosphère, j'ai sauté sur l'occasion. D'autant qu'elle avait eu l'air d'apprécier sa lecture. Comme elle le disait, on est effectivement dans un véritable conte. Ça ne saute pas aux yeux tout de suite : André, jeune homme dans la fleur de l'âge, profite de la Grande guerre pour perdre son pucelage auprès de jeunes femmes abandonnées par leur mari parti au front, et au passage faire fonctionner l'affaire familiale. Tout un champ lexical autour de la viande et du travail de boucher se met très vite en place. C'est un peu facile. Mais ça met l'eau à la bouche et le lecteur attend que quelque chose se produise.
Et puis, très vite, toute la petite famille doit prendre le large. Et on entre dans le conte proprement dit : plus de repères temporels, le temps s'écoule à toute vitesse, les sept petits grandissent à vue d'oeil, apprennent à parler spontanément, et tout le monde vit en autarcie, ne manquant de rien malgré une vie sur un bateau qui jamais n'accoste. Sauf que tout ça, ça ne tient pas. Le bateau coule pour le lecteur au fur et à mesure que le bateau de la petite famille vogue. Il ne se passe rien. La métaphore de la viande ne tient plus puisqu'il n'y en a plus de viande justement. Le vraisemblable également n'est plus là. Et cela manque de la magie, de la poésie, de l’engouement et de l'attachement qu'a su provoquer Cent ans de solitude. Tous finiront par accoster sur une île improbable et incroyable, au sens propre du terme, puis chacun de partir aux quatre coins vivre leur vie avant de se retrouver autour de la création d'un met que tout le monde connaît. 
C'est inégal, comme si l'auteur ne savait quel parti prendre : la viande d'abord, la mer, puis la terre. Un seul thème aurait suffi et aurait moins perdu le lecteur. Pour ma part, je n'ai pas été touchée, ni par ce père, ni par ces enfants, ni par la plume de l'auteur.

3 commentaires :

Livr0ns-n0us a dit…

Une déçue de plus... J'ai plutôt aimé jusqu'au dernier tiers du récit, que j'ai trouvé complètement farfelu ! Je suis d'accord avec toi sur le fait que ça manque de poésie. Je ne suis pas contre l'imaginaire ou l'absurde, mais là j'ai vraiment trouvé que la fin était du grand n'importe quoi !

Cajou a dit…

Et bien, étonnamment, ton billet déçu me donne envie de le découvrir !
Au plaisir te te lire ^^
Cajou

Petite Fleur a dit…

@ LivrOns-nous : oui, j'ai du mal à comprendre ce que ce petit livre a provoqué en fait.

@ Cajou : tant mieux, il faut des avis différents !