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25 septembre 2012

Les très riches heures de l'humanité [Stefan Zweig]

Après Le joueur d'échecs et Amerigo, voici une nouvelle incursion dans l'oeuvre de Zweig.

L'histoire : De même que l'artiste ne crée pas de façon continue, mais lors de rares moments d'inspiration, l'Histoire, selon Zweig, procède par bonds : une succession de faits banals est interrompue de loin en loin par des événements clés. Ce sont ces moments "d'une grande concentration dramtique, porteurs de destin, où une décision capitale se condense en un seul jour, une seule heure et souvent une seule minute", que Zweig a voulu illustrer à travers ces douze récits. Il y anrre, et commente à sa manière, des événements aussi divers que la prise de Byzance, la quête de l'Eldorado, la bataille de Waterloo, l'expédition du capitaine Scott au pôle Sud, la pose de la première ligne télégraphique sous l'océan Atlantique, les derniers mois de la vie de Haendel et la génèse du Messie, ou la composition de La Marseillaise par Rouget de Lisle.

Mon avis : Pourtant, je me suis plongée avec envie de cet ouvrage de Zweig. Mais cette fois, la magie n'a pas opérée. Non pas que la plume de l'auteur soit ici plus désagréable à suivre, loin de là. Zweig évoque toujours avec intérêt et attachement les différents épisodes ici narrés. Non non, le problème pour moi vient plus des nouvelles. Je n'en suis pas friande. Je n'ai jamais le temps de m'attacher correctement aux personnages, de me plonger pleinement dans les ambiances différentes. Ce format ne m'a jamais attirée. Et c'est, je pense, clairement ce qui a pêché ici. Cet échec met d'autant plus en évidence l'importance, dans les romans, de certaines longueurs que le lecteur a peut être trop tendance à critiquer, surtout sur le début des romans ; on se rend compte alors qu'elles sont parfois nécessaires pour créer une ambiance.
Pour le ton de la narration, on retrouve tout ce qui pouvait nous charmer dans Amerigo. Une vraie recherche historique est le fondement de chaque nouvelle. Zweig nous emmène de la prise de Byzance à l'écriture du Messie de Haendel, en passant par la composition de La Marseillaise ou la quête de l'Eldorado. Le lecteur fait des bonds dans le temps. Mais, pour moi, cela manquait cruellement d'un lien, d'une trame entre toutes ces histoires, aussi intéressantes qu'elles puissent être.
Lassée, j'ai laissé tomber ma lecture à la fin de la 3e nouvelle. Je redonnerai peut être une chance, par petites touches, à ce livre, car, concrètement, je n'ai rien à reprocher à chaque histoire prise séparément et la plume de Zweig reste une plume qui se savoure. J'ai préféré arrêter plutôt que de risquer de gâcher de futures lectures de l'auteur.

3 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Cela sonnait comme "les très riches heures du duc de Berry". Dommage....

Nane a dit…

Ben alors, il ne t'a pas plu, mon livre??

Petite Fleur a dit…

@ Nane : bah non, pas celui-ci :-) Il m'en reste encore d'autres de lui à découvrir, il faut bien une déception de temps en temps.