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09 octobre 2014

Les anges de New York [R.J. Ellory]

Lea touch Book a eu l'excellente idée de proposer un challenge Ellory, du 15 septembre au 15 octobre. J'avais bien sûr Les anges de New York dans ma PAL alors j'ai participé. Ma dernière lecture de l'auteur remontait à avant les grandes vacances avec la trilogie de nouvelles Chicagoland. Et au cours de ma lecture c'est Mauvaise étoile qui a rejoint ma PAL. Il y a toujours un Ellory qui m'attend !

L'histoire : Malgré l'avis de sa hiérarchie, Frank Parrish, inspecteur au NYPD, s'entête à enquêter sur le meurtre d'une adolescente, victime, pense-t-il, d'un tueur en série. Contraint de consulter une psychothérapeute après la mort de son partenaire, Frank va lui livrer l'histoire de son père, figure éminente des Anges de New York, ces flics d'élite qui, dans les années 1980, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Une histoire bien différente de la légende communément admise.

Mon avis : Autant le dire tout de suite, j’ai été un petit peu moins convaincue par ce roman-ci. Attention, cela ne veut pas dire qu’il est mauvais, loin de là ! Et je ne vous cache pas que je l’ai tout de même dévoré et que j’ai beaucoup apprécié.

Je n’ai pas été emportée par la partie historique relatant l’âge d’or de la mafia new-yorkaise. Elle n’était pas assez développée à mon goût et j’aurais aimé y plonger bien davantage. C’est d’habitude la force des romans de l’auteur que de mener en parallèle l’histoire actuelle et l’histoire passée pour les faire se réunir en fin de roman. Mais dans Les anges de New York, le récit se base essentiellement sur l’enquête à l’époque actuelle, qui est somme toute assez classique. Et il n’y a aucun lien entre l’histoire que Frank Parrish raconte à son psy et son enquête actuelle : juste un éclairage psychologique qui explique l’état d’esprit de l’inspecteur, que l’on sent au bout du rouleau.

Il faut dire que son enquête a de quoi en remuer plus d’un ! Des jeunes filles d’une quinzaine d’année sont retrouvées étranglées et violées avec des traces de drogue. Seuls liens : elles ont toutes fait un passage par l’équivalent de notre Aide Sociale à l’Enfance et elles sont bien coiffées et manucurées. Forcément, on pense alors à un tueur en série. En jouant avec les limites du système, Frank Parrish va tout faire pour confondre le coupable. Se rapprochant ainsi inexorablement de ce qu’était son père, qu’il déteste et dont le souvenir le hante.

La deuxième force des romans d’Ellory, c’est l’ambiance. Et là, le lecteur ne sera pas déçu. L’auteur nous offre une véritable plongée dans l’esprit de Frank Parrish, flic de 44 ans, qui tient ses rêves où des cadavres lui parlent éloignés grâce à l’alcool. Sa famille se décompose et le vide se fait autour de lui. Même au boulot où il est sous le coup d’une retenue sur salaire et où son permis lui a été retiré. Vous me direz que c’est l’archétype du flic américain, ce qui n’est pas faux. Mais le personnage est suffisamment fouillé et crédible pour que cela tienne et que le lecteur adhère et ressente de l’empathie pour lui. Par opposition à son père, il endosse le costume d’ange veillant sur la ville, mais les ailes sont lourdes à porter.

Bizarrement, malgré toutes les horreurs décrites, j’ai eu une furieuse envie de retourner à New York. Car le décor planté par Ellory est bien réel : j’ai déambulé dans la ville, couru les pâtés de maison, suis entrée dans les petits restaurants…

Au final, un bon roman bien noir, moins classique qu’il n’y paraît !

Les anges de New-York, de R.J. Ellory
Traduit par Fabrice Pointeau
Livre de poche
Septembre 2013

6 commentaires :

Julien Defoort a dit…

Très bonne chronique !

Comme toi, j'espérais un développement plus important de l'histoire des années 1980 et comme toi j'ai trouvé l'enquête assez classique. Enfin, pareil, j'ai trouvé le personnage de Parrish suffisamment bien développé pour qu'on puisse "sympathiser" avec lui :)

Léa TouchBook a dit…

Merci pour ta chronique et je comprends, j'ai préféré Seul le silence ou Vendetta mais Mauvaise étoile et Les Neuf Cercles reviennent à la qualité première je trouve (même si Les Anges de Ny est très bon) :)

bruns a dit…

Pour moi un bon bouquin mais j'ai pas lu les autres, donc je vais m'y mettre pour voir si je suis d'accord avec toi....

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un de mes préféré de l'auteur. Mais il est vrai que je n'avais pas aimé le premier paru en France.

La chèvre grise a dit…

@ Julien : oui, pas son meilleur à mon sens mais ça reste un très bon polar au final.

@ Léa : Mauvaise étoile sera le prochain pour moi !

@ bruns : si tu es sensible sur les questions de meurtres de petits enfants, je te déconseille "Seul le silence". Tente plutôt "Vendetta" du coup.

@ Alex Mot-à-Mots : Pourquoi n'as-tu pas aimé "Seul le silence" ?

Nane a dit…

Je viens de le finir, et partage complètement ton analyse!
Bientôt Mauvaise étoile, en attendant de rencontrer l'auteur en janvier dans ma petite librairie préférée!