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28 avril 2017

Exposition : Kimono, au bonheur des dames


L'exposition Kimono, au bonheur des dames retrace l'évolution de la mode au Japon depuis l'époque d'Edo (1603-1868) jusqu'à nos jours. Le kimono, ou plutôt kosode, car le terme kimono n'apparait qu'au XIXe siècle, est d'abord porté par la noblesse à l'origine comme un vêtement de dessous, avant de se généraliser, en étant adopté par la classe des samouraïs comme vêtement extérieur, puis devenant un vêtement usuel pour toutes les classes de la population japonaise (classe marchande, classe guerrière).

La maison Matsuzakaya, fondée en 1611, prête ici au musée Guimet de magnifiques vêtements que l'exposition sait parfaitement mettre en valeur : d'abord en expliquant les hiérarchies sociales, puis la confection et les thèmes ornementaux majeurs, et enfin la réappropriation moderne du kimono.

Costume de mariage


Détail de Kosode à motifs de kiosque et mauves

Les différents motifs qu'on peut distinguer sur ces magnifiques vêtements renvoient facilement à une tradition théâtrale, que les japonais savaient parfaitement lire : fleurs en tout genre, kiosques, charriots, oiseaux, vagues...

Furisode à motifs d'eau vive, iris kakitsubata et hirondelles
C'est la qualité du tissu et des décors qui permettaient de distinguer l'aristocrate du paysan. Il s'agit donc d'une tradition très codifiée, avec des règles précises.

Hitoe à motifs de rideaux en bambou, pins et lespédèzes

Katabira
L'ourlet épais sur certains modèles donnait du maintien au vêtement. Lourd à porter, le kimono impose forcément une façon de se mouvoir, donnant grâce et élégance.

Katabira à motifs de prunier, quadrillage, chrysanthèmes et lespédèzes


Kosodes

D'une apparence simple, en forme de T et constitué de grandes pièces de tissu rectangulaires, le kimono n'épouse pas les formes du corps, contrairement au vêtement occidental. Il n'y a pas non plus de différence entre le kimono masculin et le kimono féminin. La différence se fait sur les couleurs, les broderies et les accessoires.

Obis, ceintures et accessoires autour du kimono
Une partie de l'exposition est consacrée aux accessoires autour des kimonos, dont les obis, fameuses ceintures de 5m de long et 35 cm de large. Ils tiennent les kimonos en place, et forcent les femmes à se tenir droite. Peut-on alors les rapprocher des corsets européens ? Et comment ne pas y voir alors un moyen de maintenir la femme dans une certaine position ?

Paravent à six panneaux représentant un groupe de grues, faisant partie du trousseau de mariage

Le trousseau de mariage était composé de meubles et d'objets divers, parures et bijoux, paravent ou boite recevant l'encens qui parfume le tissu. Le visiteur plonge littéralement dans un monde de luxe et de raffinement. Et d'un kimono spécial, orné de motifs sensés porter bonheur au jeune couple.

La mode japonisante au XXe siècle
Les couturiers modernes, japonais ou non, ont réinterprété ce vêtement traditionnel. C'est sur cette relecture par de grands noms de la haute couture que se termine l'exposition.

De magnifiques pièces à découvrir pendant encore un petit mois. N'hésitez pas !


Informations utiles :

Du 22 février au 22 mai 2017
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h

Musée national des arts asiatiques - Guimet

6 place d'Iéna
75116 Paris
Tel : 01.56.52.54.44

Tarif : 9.50€
Tarif réduit : 7€

Site du musée Guimet ici

3 commentaires :

nathalie a dit…

Les pièces exposées sont magnifiques. Quand on sait qu'elles ont trois siècles, leur état de conservation est dingue. Mais je regrette toujours que Guimet ne connaisse pas le mot "pédagogie" : rien sur les enjeux sociaux, rien sur la façon de porter un tel vêtement,... Quel gâchis !

Alex Mot-à-Mots a dit…

C'est magnifique. Merci pour les photos.

La chèvre grise a dit…

@ nathalie : oui, leur état de conservation est exceptionnel. Le musée Guimet les a changé en cours d'exposition pour plus de sureté.

@ alex : de rien !