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04 décembre 2017

Le livre des Baltimore [Joël Dicker]

Plusieurs années après ma lecture de La vérité sur l'affaire Harry Québert, c'est avec plaisir que j'ai appris que Joël Dicker redonnait vie à son personnage de Marcus Goldman. J'ai attendu la sortie en poche du Livre des Baltimore pour me plonger dedans.

L'histoire : Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.
Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey.
Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.
Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

Mon avis : À l’heure où commence le tournage de l’adaptation du roman de Joël Dicker La vérité sur l’affaire Harry Québert, je me dis qu’il est grand temps de rédiger mon avis sur ce deuxième roman mettant en scène Marcus Goldman, personnage d’écrivain qui avait su m’intéresser et me happer dans son récit. Bien sûr, on retrouve donc une réflexion sur le pouvoir de l’écriture, ici vécue comme exutoire permettant de tourner la page du passé et de construire l’avenir plus sereinement.

D'ailleurs, les deux romans sont assez comparables notamment sur l’écriture, avec ces incessants focus sur des périodes différentes qui font avancer lentement le suspense, même si cette fois il est question d’un drame familial et non d’une intrigue policière. La différence tient à l’histoire, que j’ai trouvé un poil en deçà : en s’intéressant à la famille de Marcus Goldman, Joël Dicker tire un peu trop sur le pathos par moment. La relation de l'écrivain avec la femme de sa vie, qu’il retrouve après des années de séparation suite à un Drame, est surfaite, comme forcée pour ajouter une histoire d’amour là où il n’y en avait pas forcément besoin. Et de façon générale, la psychologie des personnages n’est pas assez questionnée pour comprendre comment ils en arrivent à cette situation finale. L’auteur se contente un peu trop de la succession des faits.

Pour autant, le talent de l’auteur est bien là : il sait raconter des histoires qui tiennent le lecteur en haleine et lui font tourner les pages. Il ménage parfaitement ses effets pour vous conduire là où il le souhaite, ne pas tout révéler trop vite. Il ose même des pointes d’humour bien trouvées et qui sont bienvenues pour éviter de donner au récit une teinte trop sombre. Enfin, le personnage de Marcus jeune est plutôt bien campé, et on sent les émotions qui le traversent, caractéristiques de l’enfance, avec ce regard cruel et entier qu’il porte sur ceux qui l’entourent.

En perdant ces illusions, Marcus passe de l’enfance à l’âge adulte et c’est plus cela que nous raconte ce roman. Mais il est dommage que Dicker n’ait pas pris un peu plus de risque en s’éloignant davantage de son roman précédent, ce qui aurait limité les déceptions des lecteurs, toujours prompts à vouloir ressentir les mêmes sensations qu’à la lecture d’un précédent roman tant apprécié mais qui n’aime pas l’impression de redite.

"Pourquoi j'écris ? Parce que les livres sont plus forts que la vie. Ils en sont la plus belle des revanches. Ils sont les témoins de l'inviolable forteresse de notre mémoire." (p°592)

Le livre des Baltimore, de Joël Dicker
Éditions De Fallois
Février 2017

3 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Une lecture que je recule depuis trop longtemps.

XL a dit…

je suis d'accord, un poil en dessous

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à-mots : je l'ai reculé longtemps également, mais on passe un bon moment tout de même, et ça se lit vite. Si tu veux tenter pendant cette période de fin d'année...

@ XL : oui, tout à fait.