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18 février 2019

Une histoire des abeilles [Maja Lunde]

L'auteur : Née en juillet 1975, Maja Lunde est une scénariste et romancière norvégienne. Après deux romans pour la jeunesse, Une histoire des abeilles est son premier roman adulte.

L'histoire : Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.

Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée par l'inquiétante disparition des abeilles ?

Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d'un avenir meilleur. Mais, lorsque ce dernier est victime d'un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l'humanité.

Mon avis : J’avais beaucoup entendu parler de ce roman en 2017. Je l’ai acheté, pensant pouvoir le lire rapidement. Vous devinez la suite aisément puisque je ne le chronique que maintenant !

L’auteur nous propose trois histoires, distinctes géographiquement et temporellement, mais toutes liées par le biais d’un petit insecte qui a une importance capitale pour la survie de l’Homme. Elle alterne donc les chapitres en suivant alternativement William en 1851 en Angleterre, qui va se prendre de passion pour l’observation des abeilles ; puis George en 2007 aux États-Unis alors que frappe le syndrome d’effondrement des colonies d’abeille ; et enfin Tao en 2098 en Chine, dans un monde où l’abeille n’existe plus. Un roman trois en un donc, à la fois historique, contemporain et d’anticipation, pour lequel l’auteur se révèle aussi à l’aise dans chaque aspect.

Les chapitres sont malheureusement trop courts pour laisser le temps de bien s’attacher au personnage principal et de se plonger complètement dans son environnement et sa réalité. Si, classiquement, l’auteur brosse le portrait des relations père/mère-fils de façon subtile, je n’ai pas toujours réussi à ressentir les difficultés rencontrées par chacun. Et comme les explications écologistes sont quasiment gardées pour la toute fin, elles arrivent un peu comme une morale pompeuse, là où, distillées au fil des récits, elles auraient eu beaucoup plus d’impact sur le lecteur. Ce qui fait que je suis restée un peu en retrait et en tout cas clairement sur ma faim.

Maja Lunde parvient tout de même à nous questionner sur les enjeux écologiques actuels et l’importance vitale qu’ils peuvent prendre à long terme. J'ai pensé au combat de Greta Thunberg pendant ma lecture. Les abeilles, comme les autres insectes pollinisateurs, sont les garantes de la biodiversité qui permet la survie de l’espèce humaine. Leur progressive disparition, dans l’indifférence la plus générale, à des conséquences catastrophiques que l’auteur nous fait toucher du doigt. L’histoire des découvertes sur les abeilles est ce qui m’aura le plus intéressée dans ce roman. Peut-être quand se dispersant moins, le roman aurait gagné en force.

"Sans abeilles, des milliers d'hectares de terres cultivées n'étaient plus fertiles. Les champs en fleurs ne donnaient plus de baies, les arbres ne donnaient plus de fruits. Les pommes, les amandes, les oranges, les oignons, les brocolis, les carottes, les myrtilles, les noix, le café : tous ces produits agricoles autrefois abondants devinrent brusquement des denrées rares." (p°323)

Une histoire des abeilles, de Maja Lunde
Traduit par Loup-Maëlle Besançon
Éditions Presses de la Cité
Août 2017

3 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Un roman peu réussi, alors.

tant qu'il y aura des livres a dit…

Cela fait un moment que j'ai envie de le lire mais ton avis me refroidit un peu...
Daphné

La chèvre grise a dit…

@ Alex Mot-à- mots : je suis une des rares à penser ça, ceci dit.

@ Daphné : disons que j'ai vu bien mieux dans le genre je pense. Je m'attendais à plus.