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22 mars 2019

Alita, battle angel, de Robert Rodriguez

Film américano, argentino- canadien de Robert Rodriguez, sortie le 13 février 2019, avec Rosa Salazar, Christoph Waltz et Jennifer Connelly.

L'histoire : Lorsqu’Alita se réveille sans aucun souvenir de qui elle est, dans un futur qu’elle ne reconnaît pas, elle est accueillie par Ido, un médecin qui comprend que derrière ce corps de cyborg abandonné, se cache une jeune femme au passé extraordinaire. Ce n’est que lorsque les forces dangereuses et corrompues qui gèrent la ville d’Iron City se lancent à sa poursuite qu’Alita découvre la clé de son passé - elle a des capacités de combat uniques, que ceux qui détiennent le pouvoir veulent absolument maîtriser. Si elle réussit à leur échapper, elle pourrait sauver ses amis, sa famille, et le monde qu’elle a appris à aimer. 

Mon avis : Robert Rodriguez et James Cameron à la manœuvre, Alita, Battle angel avait tout pour être efficace et promettait un visuel époustouflant. Après la séance, on n’en ressort avec l’impression que le contrat est largement rempli.


Il faut aimer les machines pour apprécier ce film. Point de super héros dans cet univers futuriste et sombre (même si largement moins que l’œuvre originale), mais des hommes plus ou moins rafistolés avec du métal. Ce qui, au-delà de compenser un membre perdu, leur confère également plus de puissance. Au milieu d’eux, Alita est une cyborg qui ne se souvient pas de son passé. Elle est trouvée dans la décharge de Zalem, cité volante interdite aux habitants d’Iron City, par Ido, qui va lui donner un corps et l’adopter. En découvrant le monde qui l’entoure, Alita retrouve partiellement une part de son identité : elle est exceptionnellement douée au combat. Sorte d’arme de guerre ultime, elle doit choisir entre ce qu’elle est et ce qu’on voudrait qu’elle soit. Ou alors dessiner elle-même une nouvelle voie, celle d’une nouvelle humanité.

Il y a bien quelques scènes un poil ridicules, comme celle du cœur battant sorti de la poitrine de la jeune cyborg. Et à mon goût, le film creuse assez peu l’aspect introspectif d’Alita. On est bien loin des interrogations du Major de Ghost in the Shell. En plus, je trouve le visage d'Alita assez mal réalisé : je n'ai pu me défaire pendant toute la durée du film du sentiment que c'était de l'image de synthèse.


Mais, le film détonne au milieu des blockbusters actuels. L’œuvre est respectée dans ses références assez faciles à comprendre : Il y a quelque chose qui rappelle Frankenstein dans la relation que tissent Ido et Gally, d’ailleurs au cœur de l’histoire ; et les scènes de motorball évoquent clairement le film Rollerball de Jewison avec ces combats à mort pour gagner un eldorado inatteignable. L’histoire se construit doucement plutôt que de plonger immédiatement dans des scènes d’action épuisantes. Et même lorsqu’il y a combat, j’ai beaucoup apprécié que ces scènes restent lisibles, et ne collent pas le tournis comme c’est trop fréquemment le cas actuellement avec des caméras qui bougent dans tous les sens. Visuellement, il y a parfois une sorte de douceur qui se dégage des détails, comme pour ce corps de porcelaine finement ciselée qu’Ido offre à Alita.

Ce film est donc vraiment réussi. Il n’empêche, je garde tout de même une préférence pour le manga. L’anime quant à lui, a assez mal vieilli.