La trilogie Nikopol [Enki Bilal]

L'auteur
: Auteur de bande dessinée et réalisateur français né en 1951 à Belgrade en Yougoslavie, Enki Bilal reçoit en 1987 le Grand prix du festival d'Angoulême pour l'ensemble de son œuvre.

L'histoire : Paris, début mars 2023.
L'agglomération est divisée entre deux arrondissements inégaux. Le premier, qui forme le centre, abrite la classe dirigeante. Le second, qui ceinture le premier et s'étire à perte de vue, est devenu le carrefour d'aventuriers et d'extraterrestres de tout poil. Un climat de malaise s'amplifie depuis l'apparition d'une pyramide volante. Ses occupants réclament d'astronomiques quantités de carburant à la ville de Paris...

Mon avis : Qu'est ce qui m'aura fait attendre autant avant de découvrir ce monument de la bande dessinée ? Le dessin, a priori pas vraiment à mon goût et qui me laissait deviner un monde futuriste triste et peu engageant, et le côté verbeux de certaines planches que j'avais pu voir. Enki Bilal est un auteur réputé dont je n’avais du coup jusqu’à maintenant jamais lu une seule œuvre. C’est chose faite maintenant avec cette fameuse trilogie Nikopol.

Dans un Paris futuriste, l’humain Alcide Nikopol récemment revenu sur Terre après trente ans d’hibernation dans l’espace, se retrouve à devoir accueillir dans son corps le dieu Horus, en rébellion face aux siens dont la pyramide volante flotte au-dessus de la ville, dans l’attente d’une livraison de carburant qui leur permettrait de repartir.

C’est tout un univers fascinant et glauque que nous livre Bilal. Moi qui craignait d’être rebutée par le visuel sombre, j’ai en fait été totalement happée par l’ambiance étonnante qui se dégage, à la fois science-fiction, réflexion sur notre société et poésie.

Planche du tome 1 La foire aux immortels de Enki Bilal

Si côté dessin et ambiance, la trilogie est bluffante, j’avoue avoir plus de mal avec les récits, à chaque fois trop rapides, chaque volume étant indépendant. Cela donne lieu à des raccourcis narratifs qui amputent la lecture et l’équilibre de l’histoire, qui devient bancale. À chaque lecteur de se faire alors sa propre idée, de combler les trous et de se laisser porter. En tout cas, on trouve des touches d’humour et d’absurdité qui viennent contrebalancer toute la violence et la noirceur.

Une œuvre très novatrice dans les années 80 et qui reste indubitablement à part dans l’univers de la bande dessinée, encore aujourd’hui. Une lecture inoubliable.


La foire aux immortels, La femme piège et Froid équateur d'Enki Bilal
Éditions Les humanoïdes associés
Juin 2003

Commentaires

Alex Mot-à-Mots a dit…
Je n'ai jamais pu adhérer à cet univers.
La chèvre grise a dit…
@Alex Mot-à-mots : j'ai été étonnée d'y adhérer, mais bon, côté scénario ça laisse à désirer.