Je, François Villon [Jean Teulé]

L'auteur : Je vous avais déjà parlé de Jean Teulé ici. Ce titre, Je, François Villon, est paru 2 ans après Ô Verlaine, en 2006. Il offre donc un troisième volet à son cycle sur la poésie après Rimbaud et Verlaine.

L'histoire : Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés, les prostituées, les assassins, les poètes et les rois.
Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps et a disparu un matin sur la route d'Orléans.
Il a donné au monde des poèmes puissants et mystérieux, et ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les poètes : l'absolue liberté.

Mon avis : Biographie largement romancée puisqu'on ne sait pratiquement rien de la vie de François Villon.
On découvre le talent de ce grand poète français, plus "poète des tavernes et des brigands" que porté sur la poésie courtoise, mais aussi la vie du Moyen-âge, tout ça très bien écrit et décrit par la plume de Jean Teulé. On assiste à quelques grands moments historiques, de loin : le roman s'ouvre sur la mort de Jeanne d'Arc, l'épidémie de peste passe, ...
Le roman est ponctué par les poèmes de Villon, qui sont replacés dans leur contexte historique. Et c'est ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman. On comprend du coup beaucoup mieux la signification de certaines ballades.
C'est un monde fort et violent, mais prenant, que nous décrit Teulé. Sa plume facile accompagne le lecteur dans la découverte des travers les plus sombres des hommes.
Malheureusement, là où les premières scènes de torture jouaient un rôle important de remise en contexte (peut-on juger des actes du XVe siècle avec nos valeurs du XXIe siècle ?), les suivantes, par leur accumulation, font virer le roman dans le gore et sont à la limite de lasser le lecteur.

Une lecture commune avec Djule, allez voir son avis !

Objectif PAL : -44

Commentaires

Anonyme a dit…
Un monde violent oui, et Villon n'est pas toujours présenté sous son meilleur jour, ce que j'ai apprécié dans cette lecture qui m'a bien plu.
gruikman a dit…
J'ai vraiment aimé ce roman qui dépeint de manière brutale ce monde du Moyen Age et qui tente d'imaginer ce qu'aurait pu être François Villon. Je me suis vraiment posé la question de savoir si cette violence était réelle ou alors si c'est poussé à l'extrême comme aime bien le faire Teulé. Le personnage de Villon est fantastique je trouve et on oscille entre l'aimer ou le détester pour ce qu'il fait ou subit. Mais à la fin, il respire un tel souffle de liberté que je trouve que c'est un bien bel hommage au poète!
Alex-Mot-à-Mots a dit…
Dans ma PAL depuis quelques temps.
La chèvre grise a dit…
@ Ys : oui, effectivement, c'est très appréciable de changer de la littérature courtoise qu'on croise habituellement sur le Moyen-âge. Teulé ne nous épargne rien, et c'est tant mieux, même si parfois, ça peut lasser un tout petit peu.

@ gruikman : clairement, c'est un hommage, Teulé le dit lui-même d'ailleurs (mais je ne sais plus où j'ai vu ça :-( )

@ Alex-Mots-à-Mots : alors tu nous donneras ton avis un jour. Ca se lit bien, et c'est vraiment différent. Par contre, c'est typique de Teulé, à mon sens.
djule a dit…
Tout à été dit!
La prose de Teulé est envoutante et il nous emporte dans un moyen-âge gothique qui change des représentations que l'on peut avoir.
Mais je suis d'accord avec Petite Fleur, la complaisance de Teulé à décrire avec un hyperréalisme tous les méfaits de Villon est parfois un peu lassante.
Canel a dit…
Ce livre est mon préféré de Jean Teulé, mais comme tu dis, trop c'est trop sur les scènes de torture ! :-(
lounapil a dit…
Les avis que j'ai lu sont mitigés. c'est vrai que ce roman a l'air violent et j'avoue que c'est ce qui me rebute un peu!
La chèvre grise a dit…
@ Canel : ce n'est pas non plus insoutenable, et on sent qu'à l'époque, ça devait etre comme ça. J'ai d'ailleurs été particulièrement intéressée par cette histoire de loge de reclus(e)...

@ Lounapil : tente, tu verras bien :-) Et puis, ça change des romans d'amour courtois, ça c'est certain !