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BD Express #28

Charmes fous, de Corbeyran et Malez

L'histoire
: Alors que le printemps s'est installé sur la capitale. Sébastien Dugroin, responsable d'une petite agence de pub dans le Xe arrondissement. apprend la terrible nouvelle : son père est mort dans un accident de voiture. De retour en province pour l'enterrement. Sébastien se retrouve dans la grande maison familiale et découvre par hasard une petite poupée de cire hérissée de clous... Pas de doute. c'est de sorcellerie qu'il est question ! De là à penser que la mort de Dugroin père n'aurait pas été si accidentelle que ça, il n'y a qu'un pas...

Mon avis : Un scénario plutôt bien ficelé et original, où le personnage principal, aux allures de Frédéric Beigbeder, enquête pour savoir si son père a été tué par l'intermédiaire de la sorcellerie. Le lecteur est embarqué mais ça tourne court et le dessin, très anguleux et abrupt, aux traits épais, ne donne guère de charme à cette histoire. De plus, le récit semble trop hésiter entre humour et thriller, se contentant d'être tiède dans tous les domaines. Du coup, c'est vite lu, sans déplaisir, mais ce sera également vite oublié.


Un été sans maman, de Grégory Panaccione

L'histoire
:  Cet été, Lucie part en vacances sans sa maman. Accueillie par un jeune couple affairé habitant une maison sur les côtes italiennes, ses journées s'écoulent paresseusement entre promenades sur la plage, jeux avec le chien et apprentissage de la langue du pays... Mais quelles sont ces créatures étranges qui viennent bouleverser sa routine ?

Mon avis : Encore un album sans texte (quasiment) de Panaccione, a qui on doit également le fabuleux Un océan d'amour. Cette fois, il est seul aux commandes et malheureusement j'ai trouvé que le scénario s'en ressentait. Il manque de clarté et de lisibilité, rendant confus un univers pourtant onirique à souhait et qui aurait pu être magique. Certaines situations restent malheureusement incompréhensibles. Du coup, j'ai un peu décroché par moment.


Ida, de Chloé Cruchaudet

L'histoire : Suisse, 1887. Ida est une vieille fille trentenaire, hypocondriaque et. autoritaire. Lorsque son médecin lui prescrit d'aller respirer l'air marin, Ida découvre que ses symptômes disparaissent. Elle prend goût au voyage et rencontre à Tanger une Occidentale délurée, Fortunée. Engoncées dans leurs robes à crinoline et mues par leur intarissable curiosité, les deux femmes sillonnent l'Afrique.

Mon avis : Il est rare que j'abandonne une bande dessinée, le format étant assez court pour se forcer la plupart du temps à aller jusqu'au bout même quand je n'accroche pas vraiment. Ici pourtant, j'ai abandonné au 3/4 du premier tome. Cette lecture je l'avais pourtant repéré chez Antigone qui avait beaucoup apprécié. Mais contrairement à elle, alors que moi aussi j'avais aimé Mauvais genre, j'ai été plutôt agacé par le personnage principal d'Ida, vieille fille acariâtre et donneuse de leçons mais qui ne se livre jamais à l'auto-critique. Alors oui, les travers du colonialisme sont décrits avec justesse et un humour parfois corrosif et la place des femmes dans cette société du XIXe siècle est pointée du doigt. Ida est donc après tout une figure de femme indépendante vraiment intéressante même si bourrée de paradoxes. Mais je ne me suis jamais attachée à elle, si prompte à critiquer sa compagne de voyage Fortunée, et les dessins, brouillons, n'ont pas su me séduire.

BD Express #18

Pink Daïquiri, de Bax, Habart et Théry

L'histoire : Meilleures amies du monde et colocataires, Clémence et Alixia n'ont aucun secret l'une pour l'autre. Clémence sort d'une rupture difficile et ne veut plus s'engager. Alixia n'a jamais connu l'orgasme et désespère. Le même jour, la première tombe sous le charme d'un client lors d'une réunion de travail ; la seconde découvre enfin le plaisir tant recherché dans les bras d'un inconnu rencontré en boîte. Et si toutes les deux avaient rencontré le même homme ?…

Mon avis : Des fois, à la bibliothèque, on tente des lectures qu'on n'aurait même pas regardé en librairie. Parfois ce sont de belles découvertes. Ce n'est clairement pas le cas ici. Alors certes, ça tente de faire dans l'original avec ce concept de double album, qui se lit dans les deux sens. Au lecteur de choisir s'il souhaite commencer par Alixia ou Clémence en retournant le volume. Mais en dehors de ça, je ne suis clairement pas le bon public pour ce genre d'album. D'abord le dessin est assez moche. Et puis je n'ai jamais aimé Sex and the city et ses crêpages de chignon sur des histoires de filles : vie en centre ville, sortie entre filles, histoires de coucherie, pote homosexuel... on ne saurait faire plus cliché ou superficiel ! À oublier.


Le chanteur sans nom, de Arnaud Le Gouëllec et Olivier Balez

L'histoire : L'édifiante histoire vraie d'un chanteur d'avant-guerre. Vedette de la chanson des années 30 et 40, le Chanteur sans nom, alias Roland Avellis, chantait masqué d’un loup sur le visage. Ami de Charles Aznavour, bouffon et comptable d’Édith Piaf, toxicomane notoire, cleptomane débonnaire et attachant, le Chanteur sans Nom eut 1000 vies... 

Mon avis :  Cet album aura eu le mérite de me faire découvrir ce chanteur, apparemment excellent dans ses interprétations des succès de l'époque d'avant guerre, et qui aura côtoyé les plus grands du répertoires français de l'après-guerre. En dehors de ce destin exceptionnel et quelque peu gâché par l'artiste, l'album lui n'a pas grand charme. Le dessin, s'il rend bien l'ambiance de l'époque, est tout de même assez quelconque. Le récit lui suit consciencieusement l'enquête mené par l'auteur.


L'aimant, de Lucas Harari

L'histoire : Pierre, jeune étudiant parisien en architecture, quitte tout pour la Suisse. Destination : les thermes de Vals, un magnifique édifice au cœur de la montagne. Sujet de sa thèse, le bâtiment aux lignes pures le fascine et l'obsède... Ces murs recèlent un mystère, Pierre en est persuadé - une porte dérobée, qu'il doit absolument trouver.

Mon avis : Après l'album de Cosey, il est temps de revenir dans un petit village suisse pour s'intéresser cette fois à un bâtiment qui abrite des thermes. Quelques recherches sur internet montrent que l'auteur a vraiment respecter à la fois l'ambiance du village et l'architecture des thermes et on comprend que le récit a une belle part autobiographique. Le trait dans l'esprit de la ligne claire est parfait pour les bâtiments mais l'auteur est tout aussi doué pour dessiner des personnages, parfois très simplement comme Pierre, et à d'autres moment de façon plus complexes. Ça apporte un aspect assez classique à l'ensemble, qui n'est malheureusement pas relevé par le récit, entre thriller et fantastique, qui manque terriblement de réelle matière.