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26 novembre 2018

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers [Björn Larsson]

L'auteur : Né en 1953 à Jönköping, Björn Larsson est un écrivain et professeur de littérature française suédois. Il a d'ailleurs publié deux œuvres en français.

L'histoire : L'éditeur Karl Petersén a persuadé le poète Jan Y. Nilsson d'écrire un roman policier, convaincu qu'il saura en faire un best-seller. Mais Nilsson se résignera-t-il à sacrifier sa réputation et à se plier aux lois du marché ? Acceptera-t-il de signer le contrat que Petersén lui apporte ce soir-là ? Lorsque l'éditeur le découvre au bout d'une corde dans son bateau de pêche, la réponse semble évidente. Le commissaire Barck, lui-même poète à ses heures, n'a aucun doute : les poètes ne se font pas assassiner, ils se suicident. Pourtant, les mobiles ne manquent pas...

Mon avis : Le pari était osé et aurait pu être payant : mélanger poésie, considération sur la littérature et roman policier. Björn Larsson prend pour personnage principal Jan Y Nilsson, un poète habité par son art. Son éditeur, certes attaché à la qualité des textes qu’il publie mais qui doit tout de même rentré dans ses frais, le pousse à écrire un roman policier. Une commande qu’il refuse d’abord, avant de se laisser rattraper par des contingences financières. D’autant qu’il trouve dans la société qui l’entoure matière à dénoncer en prose. Malheureusement, au moment de signer le contrat d’édition et de livrer les dernières pages, c’est son corps qu’on retrouve pendu. Entre alors en scène Barck, policier lui aussi poète à ses heures et qui aimerait bien être publié.

L'enquête policière patauge et n’avance pas, sauf dans les dernières pages comme s’il fallait bien boucler le mystère. La fin est frustrante de banalité. Et les considérations sur la poésie, la littérature et le milieu de l’édition, si elles amusent au début, finissent par lasser. Le tout donne un roman qui tombe des mains.

« La littérature était devenue un produit de consommation, avec date de péremption, comme la viande et les légumes des supermarchés. Même les bibliothèques avaient commencé à faire le ménage sur leurs rayonnages pour privilégier les nouveautés que tout le monde lisait. »

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers, de Björn Larsson
Traduit par Philippe Bouquet
Le livre de poche
Septembre 2015

1 commentaires :

Alex Mot-à-Mots a dit…

Une lecture qui ne m'avait pas con vaincu non plus.