New York Cannibals [Boucq et Charyn]

Après Little Tulip paru en 2014, Boucq et Charyn écrivent une suite avec New York Cannibals.

L'histoire : Vingt ans après la conclusion sanglante de Little Tulip, Azami est devenue flic. Elle a pris de l'épaisseur, et beaucoup trop de stéroïdes. Alors, quand elle trouve dans une ruelle le bébé que sa condition physique l'empêche d'avoir, elle décide de l'adopter, comme Pavel le fit pour elle jadis. Entre-temps, le vieux tatoueur a été rattrapé par son passé. Les fantômes du goulag menacent de dévorer les siens, et il lui faudra utiliser tout ce qu'il y a appris pour les affronter : la puissance mystique de son art... et cette violence sourde, qui reste la même, de la Sibérie à New York.

Mon avis : J'ai replongé immédiatement et avec bonheur dans cet univers sombre que nous proposent Charyn et Boucq. Sans être réellement une suite, je pense qu'il vaut mieux avoir lu l'album précédent pour mieux comprendre ce qui tient les personnages les uns aux autres. Pour la petite histoire, les auteurs avaient recueillis beaucoup de matière pour Little Tulip mais des contraintes de paginations les avaient empêchés de tout exploiter. Ici, ils ont 145 pages pour s'exprimer.

Ici, on s'éloigne un peu de la Kolyma, même si les fantômes de Sibérie hantent toujours les âmes. Nous plongeons dans un immonde trafic au cœur de l'Upper East Side. Les privilégiés se voient offrir le traitement miracle pour combler leur rêve de jeunesse éternelle. Le prix, ce n'est pas eux qui le paient, mais les errants des bas quartiers, prêts à tout pour survivre. C'est au milieu de ce sanglant trafic que Azami et Paul se retrouvent coincés. Le salut viendra peut être d'une toute jeune âme que le destin leur a confié.
On retrouve les éléments qui font recette pour un polar haletant : des méchants, des gentils capables de se défendre, un petit être innocent, des poursuites et une enquête. Les dessins de Boucq sont toujours aussi sublimes, jugez en plutôt vous même, pour décrire ce New York des bas-fonds et les dégâts causés par un capitalisme galopant toujours plus avide. Cela mène la société à une forme moderne de cannibalisme qui trouve son écho dans les anciens goulags que Pavel a connu.
C'est à nouveau brillant, fort, prenant, dérangeant. Les adjectifs manquent. Il ne vous reste qu'à vous laisser tenter !

Il semble qu'un troisième et dernier album soit en préparation pour venir définitivement clore ce récit. Je l'attends avec impatience !


New York Cannibals, de Boucq et Charyn
Éditions Le Lombard
Septembre 2020

Commentaires

nathalie a dit…
Je note parce que j'avais beaucoup aimé Little Tulip. D'ailleurs ce serait l'occasion de le relire !
La chèvre grise a dit…
@ Nathalie : ce peut être une bonne idée, j'ai du me rappeler qui était les personnages et ce n'était pas toujours évident (à lire autant, on finit par tout mélanger). J'aurais apprécié de relire le premier avant. Mais sinon, ça reste un excellent titre avec les mêmes qualités que Little Tulip.