Goldorak [Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac & Guillo]

Les auteurs
: On ne présente plus le scénariste Xavier Dorison sur ce blog. Cette fois, il est accompagné par les dessinateur Bajram, déjà vu ici pour le triptyque Abymes, Cossu et Sentenac, ainsi que par le coloriste Guillo qui travaille depuis 2012 sur Largo Winch.

L'histoire : La guerre entre les forces de Véga et Goldorak est un lointain souvenir. Actarus et sa sœur sont repartis sur Euphor tandis qu'Alcor et Vénusia tentent de mener une vie normale. Mais, des confins de l'espace, surgit le plus puissant des golgoths : l'Hydragon. Alors que le monstre de l'ultime Division Ruine écrase les armées terriennes, les exigences des derniers représentants de Véga sidèrent la planète : sous peine d'annihilation totale, tous les habitants du Japon ont sept jours pour quitter leur pays et laisser les envahisseurs coloniser l'archipel. Face à cet ultimatum, il ne reste qu'un dernier espoir... Goldorak.

Mon avis : Comme tout jeune biberonné au Club Dorothée, je connais Goldorak. Alors c'est avec surprise que j'ai vu sortir cet album à la fin de l'année dernière. J'ai hésité, puis reculé devant le prix, préférant attendre de l'emprunter à la bibliothèque. Je craignais trop d'être déçue. C'était pourtant mal connaître le talent de Xavier Dorison, alors que j'ai été plusieurs fois conquise par son travail comme j'ai déjà pu vous en parler sur ce blog, par exemple avec Comment faire fortune en juin 40. Car oui, le succès de cet album nostalgique est largement mérité !

Ça aurait pu être une catastrophe, c'est donc en fait une belle réussite que cette reprise française des aventures du robot des temps nouveaux. Enfin, il s'agit plutôt d'une suite car l'action se situe des années plus tard, alors que Véga a été défait et que Actarus et Phenicia sont repartis pour reconstruire la vie sur la planète Euphor avec quelques survivants. Une nouvelle attaque de Véga frappe le mont Fuji et s'accompagne d'une demande impossible à accepter. Seul Goldorak pourrait secourir la Terre, mais le formidable robot n'est plus là. Le scénario est dense et on comprend pourquoi il a fallu cinq ans aux auteurs pour en venir à bout de façon aussi qualitative. L'histoire est complète, même si la fin ouvre à une suite toujours possible. Les dessins et les couleurs sont splendides : esthétiquement, on a un mix parfait entre le manga, le comic et la bd franco-belge. Tout est fait pour enchanter les fans de la première heure et embarquer tout autant les néophytes de l'univers de Goldorak (un résumé est intelligemment mis au début de l'ouvrage pour situer le contexte). 



En plus du fan service, l'ouvrage s'offre même le luxe d'un message tout à fait d'actualité sur les ravages de la guerre et du traumatisme qu'elle engendre. Bref, un questionnement sur la violence et la prix de la paix. Car Goldorak est devenu bien plus qu'un symbole de la pop culture des années 80, c'est désormais une figure culturelle à part entière. Rien n'y est manichéen et le robot n'est que l'extension d'Actarus : si son pilote est rongé par le doute, Goldorak peut vite s'avérer défaillant.
 
Cet album est un bel hommage et un pari réussi qu'il faut découvrir ! Un coup de cœur ! Et si vous l'aviez raté l'année dernière, ce peut être une belle idée de cadeau.


Goldorak, de Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac et Guillo
Éditions Kana
Octobre 2021

Commentaires

Alex Mot-à-Mots a dit…
Mon mari se l'est offert pour Noël. Moi, je suis moins fan.
La chèvre grise a dit…
@ Alex Mot-à-mots : j'étais trop petite à l'époque du dessin animé, donc pas une vraie fan. Mais j'ai voulu tenté cette lecture, surtout avec Dorison aux manettes, et je n'ai pas regretté.