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Exposition : David Hockney 25

Voici une fantastique exposition à la Fondation Louis Vuitton dans le bois de Boulogne qui fait découvrir ou redécouvrir le talent de David Hockney à travers ses oeuvres des 25 dernières années.

Portrait of my father, de David Hockney - 1955

We two boys together clinging, de David Hockney - 1961

A bigger Grand Canyon, de David Hockney - 1998, huile sur 60 toiles


Pacific Coast Highway and Santa Monica, de David Hockney - 1990

Artiste britannique aujourd'hui âgé de 87 ans, David Hockney présente ici pas moins de 400 oeuvres. Et préparez vous à en prendre plein la vue ! C'est coloré, gai (et gay). En un mot : fabuleux. Les techniques les plus variées sont représentées, du fusain, à l'encre, l'aquarelle, l'acrylique ou l'huile, jusqu'à des techniques très modernes comme des compositions numériques sur iPad.

A lawn being sprinkled, de David Hockney - 1967


Savings and loan building, de David Hockney - 1967


The arrival of Spring in 2013, de David Hockney - 2013


Plusieurs tableaux du Yorkshire, de David Hockney, juillet et août 2025

En haut : Stubble and still-green fields dans l'East Yorkshire, en bas : Harvest fields, aquarelles sur papier de David Hockney - 2004


Winter timber, de David Hockney - 2009

On commence l'exposition par un portrait de son père, exécuté en 1955, puis quelques oeuvres de jeunesse, avant de se concentrer donc sur sa période californienne puis son retour en Europe avec des paysages du Royaume-Uni et son Yorkshire natal, de Normandie, des portraits aussi. Ce qui frappe ici, c'est cette débauche de couleurs vives qui vous saisissent, même sur les paysages, très changeant au gré des saisons.

Portraits, de Davis Hockney

Hockney se peint devant ses propres oeuvres

Viewers looking at a readymade with skull and mirrors, de David Hockney - 2018

Les dessins au fusain sont somptueux et je me suis beaucoup amusée avec ses tableaux de mise en abîme. J'ai étonnamment apprécié les dessins de paysage aux couleurs à la limite de l'hallucination. J'ai été moins séduite par ses portraits peints : je trouve à Hockney plus de talent en tant que dessinateur que peintre.

Séjour en Normandie et peintures réalisées par Hockney durant le confinement entre 2019 et 2023

The entrance (de sa maison normande), de David Hockney - 2019



Informations utiles
 :

Du 09 avril au 31 août 2025 
Ouvert tous les jours de 11h à 20h, nocturnes les vendredis jusqu'à 23h

Fondation Louis Vuitton
8 avenue du Mahatma Gandhi
Bois de Boulogne
75016 Paris

Tarif : 16€ (accès expositions et jardin d'acclimatation)

Site de la Fondation Louis Vuitton : ici

Exposition : Artemisia, héroïne de l'art



Artemisia Gentileschi. Ce nom ne vous dit peut être rien. Pourtant il s'agit d'une des peintres les plus talentueuses de son temps. Bien au-delà du scandale dont elle fut la victime dans son jeune âge, formée par son père Orazio Gentileschi, Artemisia est une jeune femme affirmée, audacieuse, féministe avant l'heure et surtout talentueuse. Une sorte d'OVNI dans cette période où peu de femmes pouvaient exister par elle-même, se targuer du titre de chef de famille voire concurrencer les hommes dans le métier de peintre.

Esther et Assuérus, d'Artemisia Gentileschi, vers 1628

Esther et Assuérus, d'Artemisia Gentileschi, détail

Née en 1593 à Rome, Artemisia connaît une renommée internationale importante, auprès des grandes cours européennes notamment. À l'instar de son père Orazio Gentileschi, elle reçoit de prestigieuses commandes de la part de puissant mécènes, tels que Cosme II de Médicis, le duc de Bavière ou Philippe IV d'Espagne. Après un passage à la cour de France où il participe à la décoration du palais du Luxembourg, Orazio est nommé en 1626 peintre du roi Charles Ier d'Angleterre. Les deux artistes ne se retrouveront qu'en 1638 à Londres.

Vierge de l'Annonciation, d'Artemisia Gentileschi, vers 1609-1610

Artemisia se forme dans l'atelier de son père, peintre d'histoire renommé. Comme tout apprenti, elle commence en copiant les oeuvres du maître, élaborant des compositions d'après ses dessins et bénéficiant de ses corrections. Mais si le père reconnait rapidement le talent de sa fille, et l'encourage, Artemisia reste confinée au foyer familial, se voyant refuser l'accès aux académies d'art. Pourtant elle progresse rapidement, peint des portraits et de petits tableaux dévotionnels, comme cette Vierge à l'Annonciation.

Danaé, d'Artemisia Gentileschi -1612

Judith et sa servante, d'Artemisia Gentileschi - 1615

Le lien entre Artemisia et les héroïnes féminines qu'elle représente devient d'autant plus marquant au regard des épreuves personnelles qui jalonnent sa vie. En 1611, elle est victime d'un viol de la part d'un peintre ami et collaborateur de son père. La promesse d'un mariage la persuade de consentir à une relation pendant près d'un an. Puis son père intente finalement un procès au cours duquel elle est torturée pour éprouver la véracité de ses accusations. L'accusé sera finalement condamné mais, protégé par le pape, il ne purgera pas grand chose. Artemisia se marie alors avec Pierantonio Stiattesi et s'installe à Florence et entame une nouvelle phase dans sa carrière. Judith et sa servante en est l'illustration parfaite : on sent l'inspiration de son père, mais la tension entre les personnages,  leur complicité et ses propres traits qu'elle prête à Judith montre son indépendance. Beaucoup de ses personnages féminins portent ses traits, peut être parce que son statut de femme ne lui donner pas d'accès à des modèles, contrairement aux hommes peintres. 

Autoportrait en joueuse de luth, d'Artemisia Gentileschi - 1615

Tête d'héroïne, d'Artemisia Gentileschi - 1620

Judith et sa servante avec la tête d'Holopherne, d'Artemisia Gentileschi - 1623-1625

Les rares femmes peintres de l'époque étaient cantonnées aux genres du portrait et de la nature morte. Et si Artemisia ambitionne et montrera bien plus, elle excelle dans ce genre et son talent est reconnu par ses contemporains. Son rendu de la personnalité de son modèle, les détails des costumes, le travail de la lumière... De retour à Rome en 1620, motivé par son endettement et des rumeurs de liaison avec Maringhi, ses portraits lui permettent d'établir des relations avec des clients fortunés à même de lui confier par la suite d'importantes commandes. Comme cette Judith et sa servante avec la tête d'Holopherne. Sa capacité à se représenter elle-même dans différents personnages fascinent aussi ses clients qui lui commandent souvent des autoportraits. Cet Autoportrait en joueuse de luth, commandé par le grand-duc de Toscane, en est un exemple. Ce qui explique également qu'on retrouve ses traits même dans les tableaux peints bien après ses oeuvres de jeunesse.

Portrait d'Artemisia Gentileschi en homme à moustache, de Leonaert Bramer - 1620

Intégrée dans le milieu des peintres caravagesques, composé en grande partie d'étrangers, fréquentant des cercles littéraires, Artemisia est célébrée pour son talent et son savoir. Leonaert Bramer, dessinateur néerlandais, dessine des portraits montrant les liens d'amitié entre ces artistes. Elle y figure déguisée en homme moustachu, tenant une pomme d'amour ou un hochet, dans une ironie dont Bramer fait preuve pour tous les membres du groupe. Dans la sphère personnelle également, elle obtient un statut exceptionnel : elle est reconnue comme responsable de son propre foyer, composé de sa fille Prudenzia et des ses domestiques, quand elle se sépare de son mari. 

Vénus endormie, d'Artemisia Gentileschi - 1626

Madeleine pénitente, d'Artemisia Gentileschi - 1625

Saint-Jean Baptiste dans le désert, d'Artemisia Gentileschi - 1630

Est-ce parce qu'elle est si douée dans le portrait et dans la représentation d'héroïnes bibliques qu'elle ne se voit pas confier les grandes fresques auxquelles elle aspire ? De fait, les commandes n'affluent pas autant qu'espéré à Rome et elle se déplace à Venise, où elle peint sa Vénus endormie. Puis elle déménage à Naples en 1630, y espérant plus de commandes, et y dirige son propre atelier. Elle peint cette Marie-Madeleine pénitente. Elle est aussi particulièrement appréciée pour ses figures isolées sur fond sombre, à la manière caravagesque justement, comme ce Saint Jean-Baptiste dans le désert, et peut enfin peindre pour une cathédrale.

Que ce soit pour aider son père devenu peintre à la cour de Charles Ier ou parce que le souverain, grand amateur d'art, apprécie son travail, elle se trouve à Londres en 1638 et collabore avec Orazio Gentileschi.  Ensuite, on perd un peu sa trace. On ne sait pas exactement quand elle quittera l'Angleterre, mais on la retrouve à Naples en 1649 d'où elle écrit à un mécène et témoigne de sa pleine activité ; on lui attribue d'ailleurs sa fameuse toile Suzanne et les vieillards, visible (mais non photographiable) dans l'exposition. On suppose qu'elle est morte dans l'épidémie de peste qui a frappé Naples en 1656.

Une belle exposition, qui me donne très envie de sortir de ma PAL le roman Artemisia d'Alexandra Lapierre pour creuser un peu plus le sujet de cette artiste talentueuse, qui vécut d'abord à l'ombre de son père avant de devenir une artiste indépendante de l'Italie baroque.


Informations utiles :

Du 19 mars au 03 août 2025 
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, nocturnes les lundis et samedis jusqu'à 20h30

Musée Jacquemart-André
158 Boulevard Haussmann
75008 Paris
Tel : 01 45 62 11 59

Tarif : 18€ (accès exposition et musée)
Audioguide : 3€

Site du musée Jacquemart-André : ici

Le 59 Rivoli

Le 59 Rivoli est un lieu où se tient un collectif d'artistes et leurs ateliers, ouvert au public. 6 étages en accès libre, où vous pouvez voir les artistes travailler.

L'entrée du 59 Rivoli
La façade se repère de loin et interpelle. Elle est bariolée et des installations variées la composent. Ce fut longtemps un squat avant que la Mairie de Paris et l'association parviennent à régulariser la situation.

En dehors de la façade, les fresques murales de la cage d'escalier sont elles aussi fabuleuses. Elles changent régulièrement.


 
Une œuvre signée Maïtena Barret

 


 

 
Ensuite, à chaque étage, plusieurs ateliers d'artistes permettent de voir les créateurs à l'œuvre. Ils échangent parfois avec les visiteurs, voire vendent une œuvre qui vous aurait tapé dans l'œil. Les artistes sont de tout type : des peintres, des sculpteurs plasticiens... En fonction de votre sensibilité, vous vous laissez complètement happé par l'univers proposé par un artiste ou un autre. Je n'ai malheureusement pas pensé à noter tous les noms.
 

 


Un lieu étonnant qui mérite d'être découvert !


Informations utiles :

Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 20h

59 Rivoli
59 rue de Rivoli
75001 Paris

Entrée gratuite
Site du centre ici

Exposition : Bacon en toutes lettres



Je dois l'avouer, je ne savais pas trop ce que j'allais voir, entraînée par des amies, car les périodes modernes et contemporaines sont très lacunaires chez moi. Après, c'est aussi ce que j'apprécie parfois dans les expositions, se laisser porter et voir si la magie opère, si les œuvres et l'artiste nous touchent.

Autoportrait 1976, Bacon

Ici, l'exposition se propose de mettre en relation six ouvrages poétiques, littéraires et/ou philosophiques trouvés dans la bibliothèque de l'artiste Francis Bacon avec des peintures qu'il a produite de 1971 à 1992. Il faut savoir que sa bibliothèque, riche de plus de 1000 ouvrages, démontrait son intérêt pour l'objet et les textes qu'il renferme, bien que Bacon lui-même ait toujours réfuté une interprétation aussi littéraire de ses œuvres. Par contre, il reconnaissait bien volontiers y trouver une source d'inspiration, les mots déclenchant chez lui des images.

Dune de sable, 1983, Bacon

Œdipe et le Sphinx d'après Ingres, 1983, Ingres
Triptyque 1967, Bacon

L'Orestie d'Eschyle, La naissance de la tragédie de Nietzsche, La terre vaine de T.S. Eliot, Miroir de la tauromachie de Michel Leiris, Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad et Documents de Georges Bataille, voilà les six ouvrages retenus pour l'exposition. Des extraits de ces textes sont lus dans certaines salles pour plonger le visiteur dans l'ambiance lors de sa déambulation.


Triptyque Trois portraits : portrait posthume de George Dyer, Autoportrait, portrait de Lucian Freud, 1973, Bacon

Détail de Portrait de George Dyer dans un miroir, 1968, Bacon
J'avoue être restée complètement hermétique à l'univers de l'artiste. Ça ne provoque rien en moi et, pour reprendre les mots d'une amie, je suis restée comme une poule devant un couteau ! En attendant, si vous êtes plus réceptifs que moi, n'hésitez pas à faire un tour à l'exposition.


Informations utiles :

Du 11 septembre au 20 janvier 2020
Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h, nocturne le jeudi jusqu’à 23h
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris
Tel : 01.44.78.12.33

Tarif : 14€
Tarif réduit : 11€

Site du Centre Pompidou ici

Exposition : Magritte, la trahison des images


Avant les vacances de fin d'année, nous avons pris avec des amis la direction du Centre Pompidou pour voir l'exposition Magritte, la trahison des images. Magritte n'était pas forcément notre tasse de thé, mais mister et moi sommes toujours intrigués devant ses œuvres. J'étais curieuse de voir ce que je pourrais comprendre et surtout avide d'explication.



La trahison des images, René Magritte, où la lutte entre représentation et réalité

René Magritte (1898-1967) était un passionné de philosophie et c'est cette passion qu'explore l'exposition proposée par le Centre national d'art. Trop intellectuel et pompeux à mon goût, je dois l'avouer. Mais on devine que beaucoup est du à l'opposition entre le travail du philosophe, qui analyse la pensée, là où le peintre travaille surtout sur la matière et les émotions qu'il procure.

Le viol, de René Magritte, où le visage d'une femme qu'on ne voit plus, complètement réduite à son corps

Autant vous dire tout de suite, sans le décryptage aidant d'un guide, nous sommes très certainement passés à côté d'une énorme partie des toiles exposées. Par-ci par là cependant, une œuvre nous amusait, comme la fameuse pipe tant de fois utilisée par les médias et dont on sait qu'elle dénonce la représentation trompeuse du monde : non, une image de pipe n'est pas une pipe, ce n'en est qu'une représentation possible. Objet - image - mot : beaucoup peu se cacher dans ce triptyque. L'artiste cherche la vérité au delà de la représentation et d'une réalité forcément conditionnée.

La durée poignardée, René Magritte
Ou, mon oreille trainant prêt du groupe qui faisait une visite guidée, j'entendais les explications de la conférencière sur une toile et je comprenais un peu mieux, comme pour Le viol. Pour d'autres, même avec quelques explications, cela reste obscur pour moi, comme pour La durée poignardée. Et le titre n'est pas toujours très éclairant.

Le masque vide, René Magritte, où c'est le spectateur qui se représente la vision suggérée
La décalcomanie, René Magritte
Tentative de l'impossible, René Magritte, autoportrait de l'artiste peignant son épouse Georgette

Mais ces œuvres indubitablement très travaillées tant elles sont lisses, qui touchent le mental et vous font au moins vous poser des questions, à défaut de trouver les clés de lecture, sont intrigantes. J'avais parfois l'impression, comme quand j'étais enfant, d'être devant un rébus dont il fallait trouver la logique pour le décrypter. On finit par trouver quelques thématiques : les rideaux, les mots (opposition signifiant/signifié ?), le corps fractionné...

Le blanc-seing, René Magritte

Informations utiles :

Du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11h à 22h, nocturne les jeudis jusqu'à 23h

Centre Pompidou – Place Georges-Pompidou – 75004 Paris
Tel : 01 44 78 12 33

Tarif : de 11 à 14€ (pour un accès à toutes les expositions)

Site du centre Pompidou : http://www.centrepompidou.fr/fr