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24 janvier 2018

Chiisakobé [Minetarō Mochizuki]

L'auteur : Minetarō Mochizuki est un mangaka japonais né en janvier 1964. Il a obtenu de nombreux prix, pour Dragon Head mais aussi pour Chiisakobé, dont le prix de la série du Festival d'Angoulême 2017.

L'histoire : Shigeji, jeune charpentier, perd ses parents et l’entreprise familiale, «Daitomé», dans un incendie. Se rappelant les paroles de son père, « quelle que soit l’époque dans laquelle on vit, ce qui est important, c’est l’humanité et la volonté», il fait le serment de reconstruire Daitomé.

Mais son retour à la maison natale s’accompagne de l’arrivée de Ritsu, amie d’enfance devenue orpheline et qu’il embauche comme assistante, et de cinq garnements au caractère bien trempé échappés d’un orphelinat. La cohabitation va faire des étincelles.

Mon avis : Tout commence par une tragédie, celle de la mort, dans un incendie des parents de Shigeji. Ce qui va plonger l'entreprise dans de grandes difficultés financières. Le jeune homme doute de lui. C'est vrai qu'il ne renvoie pas l'image d'un entrepreneur sur de lui, avec son physique atypique, et ses premières décisions sèment encore plus le doute dans l'esprit de ceux qui l'entourent.

Les personnages prononcent peu de mots et n'exposent pas beaucoup leurs sentiments, dans la pure tradition des romans japonais. En cela, ce manga est vraiment le reflet d'une adaptation du roman de Shūgorō Yamamoto. Le dessin prend alors toute sa place, il dit ce que la pudeur n'ose pas, à travers les gros plans sur des détails physiques et des moments du quotidien, avec son côté pop décalé mais justement dosé pour ne pas lasser.



Récit de la reconstruction d'un homme et de la découverte de sa place dans la société, de l'importance des figures parentales dans la construction de l'être, cette série de quatre tomes explorent également bien d'autres thèmes : le conflit entre les jeunes générations et les adultes, le malaise face à des comportements déplacés, le deuil ou encore les liens qui se tissent doucement au fil des expériences communes. Sans grands événements, l'auteur sait pourtant diablement attraper le lecteur et le conduire tout au long de cette histoire pour son plus grand plaisir, avec une simplicité enchanteresse.

Chiisakobé, de Minetarō Mochizuki
Traduit par Miyako Slocombe
Éditions Le lézard noir
Octobre 2015