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Les guerriers de l'hiver [Olivier Norek]

Après 3 ans et ma dernière lecture d'un roman d'Olivier Norek, Dans les brumes de Capelans, j'ai emprunté ce nouveau titre de l'auteur.

L'histoire : Imaginez un pays minuscule. Imaginez-en un autre, gigantesque. Imaginez maintenant qu'ils s'affrontent.
Au cœur du plus mordant de ses hivers, au cœur de la guerre la plus meurtrière de son histoire, un peuple se dresse contre l'ennemi, et parmi ses soldats naît une légende. La légende de Simo, la Mort Blanche.

Mon avis : J'aime les romans historiques qui me font découvrir des anecdotes ou des périodes que je ne connais pas, ou mal. Et quand on peut y associer la plume d'un auteur que j'apprécie, c'est encore mieux. Mais Olivier Norek m'avait déçue sur mes dernières lectures, alors je suis allée vers ce roman avec quelques appréhensions, craignant que l'auteur, comme dans certains de ses romans, n'abordent le contexte que de façon superficielle.

Après lecture, j'ai quelques réserves, mais pas celles que j'imaginais. Ici le contexte historique est très travaillé, très documenté, au point qu'on se rapproche parfois plus d'un essai sur la Guerre d'Hiver plutôt que d'un roman. Le lecteur plonge littéralement dans cette tragédie de l'Histoire qui m'était totalement inconnue. C'est passionnant de bout en bout de voir comment un petit pays de 5 millions d'habitants à pu tenir tête à la grande URSS de presque 200 millions d'habitants, sur le papier mieux équipée et bien plus puissante. Fierté et orgueil sont des éléments à prendre en compte et qui peuvent peser lourd sur un champ de bataille. Staline voulait annexer une partie de la Finlande pour assurer ses arrières face à Hitler : il n'aura réussi, malgré quelques gains territoriaux, qu'à se montrer faible et inciter le dictateur à ouvrir un double front à l'Ouest et à l'Est. Sans cela, la face de la seconde guerre mondiale aurait été tout autre !

Quand on tourne les dernières pages, on ne peut, en tant que Français, qu'être révolté par la position de la France à cette époque. Et de comprendre pourquoi on l'étudie assez peu dans nos manuels scolaires ! Cela rappelle qu'en temps de guerre, tous les coups sont permis pour servir ses propres intérêts, peu importe les alliances passées. Et on y trouve un écho avec la situation que nous pouvons vivre actuellement et nous force à prendre un peu de recul et à nous montrer prudent. 

Mon seul bémol est que les descriptions de mouvements militaires sont un poil rugueuses et qu'il aurait été facile à mon sens d'adoucir tout cela en étant plus dans l'empathie avec les personnages, peut être en se concentrant sur l'un d'eux et en romançant davantage. Cela n'aurait rien enlevé à la richesse et à l'intérêt des personnages historiques ayant réellement existés.

Bref un roman riche et très intéressant qui nous apprend beaucoup.


Les guerriers de l'hiver, d'Olivier Norek
Éditions Michel Lafon
Août 2024

Dans les brumes de Capelans [Olivier Norek]

Olivier Norek nous propose un nouvel opus de la saga Coste après avoir clos la trilogie il y a 6 ans.

L'histoire : Une île de l'Atlantique, battue par les vents, le brouillard et la neige...
Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense...
Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles...
La jeune femme qu'il y garde enfermée...
Et le monstre qui les traque.

Mon avis : Après la déception que fut Impact, c'est avec circonspection que j'ai entamé ma lecture, en espérant qu'elle soit bien meilleure. Et heureusement, ce fut le cas. J'ai retrouvé ici l'habileté d'Olivier Norek pour construire une histoire psychologiquement forte et prenante, même si on a du mal à y croire pleinement.

On a du lui demander le retour du capitaine Coste tellement souvent à Norek ! Pourtant la saga était belle et bien terminée mais il a su ressusciter son personnage proprement. En exil sur l'île de Saint-Pierre et Miquelon, il s'occupe de soutirer des informations à des criminels repentis près à entrer dans le programme de protection des témoins, que ce soit de gré ou de force. C'est avec une mission bien différente qu'on le retrouve, puisque c'est une victime, Anna, qu'on lui demande ici de faire parler. Parce que tous les deux sont abîmés par les traumatismes vécus, sa hiérarchie imagine qu'ils sauront se réparer l'un l'autre. Pendant ce temps, le monstre qui a emprisonné la jeune femme pendant dix ans rode encore et toute la police française est à sa recherche. Ces deux personnages vont se confronter l'un l'autre dans un jeu mettant à nue leurs fêlures pendant que l'horloge tourne et que les victimes s'accumulent. Un combat psychologique qui pose la question du Bien et du Mal, de la justice et de la morale.

Malgré tout le plaisir de lecture que j'ai eu ici, et il fut grand puisque j'ai dévoré ce roman, j'ai tout de même l'impression que Norek perd de son talent en s'éloignant de son territoire de Seine Saint Denis et des problématiques de banlieue, des guerres de gang... J'ai le sentiment qu'il perd de sa force et de son côté percutant en cherchant à s'aventurer dans des territoires inconnus, comme si en s'extirpant de son vécu et en inventant des histoires, il se perdait un peu lui-même.

 
Dans les brumes de Capelans, d'Olivier Norek
Éditions Michel Lafon pour Kindle
Avril 2022

Impact [Olivier Norek]

Un an et demi après avoir dévoré Surface, et alors que sort son tout dernier roman dans lequel on retrouve le capitaine Coste Dans les brumes de Capelans, il était plus que temps que je me plonge dans Impact.

L'histoire : Face au mal qui se propage et qui a tué sa fille
Pour les millions de victimes passées et les millions de victimes à venir
Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants.

Mon avis : Bon, j'avoue d'emblée ma déception avec cette lecture. Pourtant, le sujet est d'actualité et terriblement prenant : éco-terrorisme, crise climatique et humanitaire, inactions des pouvoirs publics en place, incapacité de la société à se remettre en cause de façon autonome avant qu'on ne l'y contraigne... tout est là pour nous interpeler, comme Norek avait su le faire déjà avec Entre deux mondes. Malheureusement, cette fois les personnages manquent cruellement de profondeur et donc de crédibilité. Tout est trop vite abordé, survolé, ne permettant à aucun moment d'être touché par la situation décrite, malgré le travail documentaire indéniable et la réalité du constat propre à vous glacer le sang. 

Virgil Solal aurait pu être un anti-héros complexe et ainsi nous ramener à notre propre ambivalence dès qu'il s'agit de modifier nos comportements pour notre propre bien à long terme, tout en renonçant peut être à une part de confort immédiat. Mais pour ne pas trop brusquer son lecteur, Olivier Norek teinte bien trop vite son histoire de bons sentiments mielleux. La psychologue et le flic sensés négocier avec le terroriste sont eux-mêmes de vrais clichés ambulants sans que cela n'apporte grand chose au propos. Leur duo reste très superficiel là où il aurait pu apporter, avec un peu de finesse, de l'équilibre dans le contexte. Point final, le dernier chapitre, qui fait basculer le récit dans le roman d'anticipation est là pour clouer le cercueil de ce roman raté. 

Clairement engagé et documenté mais beaucoup trop facile pour convaincre. Si le sujet vous intéresse, je ne saurai trop vous conseiller de lire plutôt le magnifique Aqua TM de Jean-Marc Ligny.


Impact, d'Olivier Norek
Éditions Michel Lafon pour Kindle
Octobre 2020

Surface [Olivier Norek]

Et me voici enfin à jour des romans d'Olivier Norek : après son one-shot Entre deux mondes, c'est son dernier roman, Surface, que j'ai dévoré.

L'histoire : Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

Mon avis :Cette fois, Olivier Norek quitte la banlieue parisienne et nous fait prendre la direction de l’Aveyron où le commandement de la PJ a décidé d’exiler Noémie Chastain. Il faut dire que la capitaine les encombre sacrément. Excellente flic, elle a eu le malheur de se faire arracher la moitié du visage lors d’une opération. Bilan des courses : en plus du choc psychologique qu’elle doit surmonter, on tente de lui trouver un placard histoire qu’elle ne démoralise pas les troupes. Ce sera le commissariat d’Avalone dans l’Aveyron. Chastain tente tant bien que mal de s’y reconstruire. La résurgence d’un squelette d’enfant disparu depuis plus de vingt ans va l’aider en lui permettant de faire ce qu’elle sait faire le mieux : enquêter.

Toujours dans la lignée de ses précédents romans, Norek propose un polar diablement addictif qui se lit d’une seule traite. Cela tient à nouveau beaucoup aux personnages, jamais blanc ou noir mais toujours en demi-teinte, bourrés de qualités comme de défauts et qui, au gré de leurs interactions, provoquent l’émotion. Et bien sûr au rythme donné par des chapitres courts et un récit très bien construit.

Si l’enquête est plus classique, moins ancrée dans l’actualité puisqu’on s’attache à un cold case comme on dit, l’auteur nous propose un magnifique portrait de femme qui doit se reconstruire avec résilience. On appréciera aussi de ne pas voir l’enquête se limiter à l’accumulation de preuves scientifiques mais se centrer là aussi sur l’empathie et la psychologie des personnages. Chastain va devoir s’accepter pour comprendre la mécanique de cette communauté qui l’accueille.

Encore une belle réussite de l'auteur. Autant vous dire que je lirai son prochain roman, qui vient tout juste de sortir : Impact.

"Avez-vous déjà réfléchi à la fonction du visage ?Avez-vous compris qu'il est le reflet de tous vos sentiments ? On y lit le chagrin, la joie, les peurs, les interrogations, la douleur comme la jouissance. Il parle, avant même les mots. En tout, il exprime vint et une émotions, vingt et un messages différents que vous destinez à l'autre. (p°101)


Surface, d'Olivier Norek
Éditions Michel Lafon
Avril 2019

Entre deux mondes [Olivier Norek]

Après avoir totalement adhéré à la plume d'Olivier Norek dans les aventures de son capitaine Coste, il était évident que je poursuivrais mes lectures de l'auteur. Voici qui est chose faite avec son quatrième roman, Entre deux mondes.

L'histoire : Adam a découvert en France un endroit où l'on peut tuer sans conséquences.

Mon avis : Toujours sur un volet social, Olivier Norek s'intéresse cette fois plus particulièrement à un sujet d'actualités brûlant : les migrants. Il va plonger le lecteur dans l'histoire d'Adam, parti de Syrie direction l'Angleterre, et qui va échouer à Calais, au bout de l'enfer. Pourquoi, comment, je vous laisse le découvrir. Car ce roman va bien au-delà de l'aventure vécue par le personnage principal. Il met en lumière une situation déchirante, où chaque partie est perdante. Les migrants sont bloqués dans la Jungle, sans possibilité d'atteindre ce fantasme d'eldorado, ce pays qui se trouve pourtant si près, de l'autre côté de la mer. Pour eux, les politiciens ont créé un statut bâtard, celui de potentiels réfugiés. Du coup, impossible de les déloger, de les aider, de leur proposer la moindre solution. Impossible aussi d'exercer la moindre justice dans ce camp, qui devient une zone où la violence règne.

Travail totalement schizophrène demander aux policiers de Calais, qui une fois pris leurs fonctions, ne pourront jamais en changer. Les mutations sont impossibles. Car personne ne voudrait venir s'il connaissait les conditions : ils ne font que panser ce qu'ils peuvent, avec des moyens dérisoires. Sans illusions, usés jusqu'à la corde. Témoins du désespoir des migrants comme de celui des riverains, qui voient le tourisme s'évaporer, le commerce impossible tant tout est focalisé sur cette Jungle. Deux mondes qui se télescopent. Et entre les deux, les forces de l'ordre dont on ne sait comment elles tiennent ; dont on comprend, sans excuser nullement, comme elles peuvent en arriver à des bavures tant elles sont elles aussi abandonnées de tous.

Avec une écriture d'une simplicité effrayante, passant d'un point de vue à l'autre, Olivier Norek suscite chez le lecteur des émotions fortes, passant de l'espoir au désespoir en un claquement de doigts, mais toujours avec beaucoup d'humanité. Il appuie pile sur le problème : ce désastre flagrant qui se tient aux portes de l'Angleterre, sur le territoire français, et dont tout le monde détourne les yeux, espérant qu'en l'ignorant, la situation ne pétera pas. Et surtout, il ne fait que donner des faits, à chacun d'en faire ce qu'il veut.

Ce roman devrait devenir un film d'ici l'année prochaine. En espérant que cette adaptation saura toucher autant les spectateurs que cette lecture a été forte pour moi, montrer à quel point derrière cette horrible situation, se cache toujours des personnes dont il ne faut pas nier l'humanité.


"Des gamins, des jeunes, des adultes. Uniquement des hommes. De la pauvreté. De la misère. De la dignité pourtant. Pas de tristesse." (p°138)

Entre deux mondes, d'Olivier Norek
Éditions Michel Lafon
Octobre 2017

Territoires [Olivier Norek]

Je termine la trilogie d'Olivier Norek avec l'épisode deux, Territoires.

L'histoire : À Malceny, dans le 93, on est habitué aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s'implante comme un virus dans cette ville laissée à l'abandon, qui n'attend qu'un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s'adapter pour survivre : des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d'inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l'État contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville.

La dernière affaire du capitaine Coste ? Elle se passe en enfer...

Mon avis : Territoires est à l'exacte image des deux autres tomes de l'auteur, Code 93 qui le précède et Surtension qui le suit. Dès les premières lignes, le lecteur plonge dans l'univers qu'Olivier Norek propose. Un univers sombre mais très réaliste, ici celui des trafiquants de drogues et des magouilles des politiciens. L'écriture est toujours aussi fluide, sans fioritures inutiles et addictive : on entre dans ce monde et on n'a aucune envie de le quitter sans connaître le fin mot de l'histoire. Je vous laisse donc imaginer ma frustration lorsque le RER arrivait à ma station de métro et m'obligeait à refermer le roman !

En multipliant les points de vue, Olivier Norek donne au lecteur toutes les clés pour parfaitement saisir les tensions monter inexorablement. Le rythme soutenu du style aide d'autant à voir devant nous la ville brûler, les flammes habilement attisées dans une lutte de pouvoir qui fera des victimes. Jusqu'à ce que tout bascule. De petites zones d'ombre sont intelligemment maintenues pour que le suspense fonctionne à plein.

Pour alléger la tension, on peut compter sur les personnages qui forment l'équipe du capitaine Coste, tous différents et tous sympathiques. Qui se serrent les coudes, sortent parfois un peu du cadre légal et évitent ainsi le cliché, s'envoient des vannes sans méchanceté qui font sourire le lecteur même dans une situation tragique. Pas de super héros ni de héros perdu. Et puis la découverte des relations entre services policiers est ici un vrai plus : les différents groupes Crim' de la SDPJ, les Stups, la Canine, le groupe d'intervention...

Que dire de plus que ce que j'ai déjà pu vous dire sur cet auteur : il est doué et ses romans sont toujours de vrais plaisirs de lecture. Foncez le découvrir ! De mon côté, je n'ai plus qu'à m'armer de patience en espérant un tome 4 aux aventures du capitaine Coste.

Territoires, d'Olivier Norek
Pocket
Avril 2016

Code 93 [Olivier Norek]

Après avoir découvert la plume d'Olivier Norek dans Surtensions, c'est-à-dire le dernier tome des aventures du capitaine Coste, j'ai profité du salon Saint Maur en poche pour récupérer les deux premiers opus et les faire dédicacer. J'ai pu échanger quelques mots avec l'auteur, très charmant, qui m'a donné envie de me plonger rapidement dans ces premières aventures.

L'histoire : Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.

Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le " Code 93" ?

Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison...

Mon avis : C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé l'équipe du capitaine Coste pour cette première aventure à les mettre en scène. Nous sommes sur un territoire que je connais assez, vivant pas très loin de ce département, mais dont on imagine pourtant assez mal le quotidien des flics qui déambulent dans ses rues. Et pourtant, l'auteur ne tombe pas dans le piège de personnages caricaturaux : les flics ne sont pas dépressifs (ce qui ne les empêchent pas de douter), ni alcooliques, ni drogués. Juste des individualités qui font corps dans une équipe et cherchent, avec leurs moyens, à rendre un peu de justice. Autour d'eux, la machine judiciaire montre aussi ses failles et les pourris ne sont pas toujours du côté qu'on imagine.

L'histoire est efficace, le suspense habilement mené pour tenir en haleine le lecteur. Elle commence avec une simple enquête sur deux meurtres bizarrement mis en scène qui vont révéler une manipulation d'État. J'ai aussi retrouvé cette authenticité qui rend le roman si addictif : rien de grandiloquent, pas de grosses courses poursuites ou d'action dans tous les sens. Juste des questions pour tenter d'y voir plus clair. Avec Coste, on prend les choses comme elles viennent, une par une, et on essaie d'en tirer le meilleur comme on peut. C'est peut être un poil moins audacieux que le troisième opus, mais c'est tout à fait pardonnable pour un premier tome.

Ça donne un très bon roman policier, que je conseille ! De mon côté, j'ai déjà le deuxième sur mes étagères.

Code 93, d'Olivier Norek
Pocket
Mai 2016

Surtensions [Olivier Norek]

L'auteur : Né en 1975, Olivier Norek est auteur et lieutenant de police (en disponibilité) au SDPJ 93. Surtensions est son troisième roman, qui s'inscrit dans la série des aventures du capitaine Coste.

L'histoire : Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance...

Mon avis : J'avais croisé sur la blogosphère et dans les librairies les deux premiers épisodes des aventures du capitaine Coste, sans avoir jamais sauté le pas. C'est grâce au partenariat proposé par Michel Lafon sur Livraddict que j'ai pu découvrir cette fine équipe du Groupe Crime 1 au SDPJ93 avec ce troisième opus. Et autant vous dire tout de suite que j'ai passé un excellent moment.

Pas de super-flic à la  super intuition, ou qui sait tout avant même que ça n'arrive. Pas de flic charmeur qui fait tourner toutes les têtes, pas de flic complètement paumé, alcolo ou drogué. Mais un capitaine qu'on sent terriblement fatigué. On le découvre ici dans un moment de doute. Autour de lui, son équipe, soudée, fait front et le soutient. Chacun de ses membres est décrit sans qu'on ne focalise trop dessus, avec ce qu'il faut de justesse pour que le lecteur s'attache quand même. Tous sont crédibles. Le capitaine Coste, lui, en plus, s'approche dangereusement du point de rupture.

En parallèle, l'enquête est vraiment bien construite. Chaque élément apparaît d'abord séparément avant de se retrouver pour dévoiler l'ensemble du puzzle. Je n'en dis pas plus, à vous de découvrir. Au passage, le lecteur pousse les portes d'une prison et en découvre le fonctionnement, mais aussi les limites du système (j'ai découvert au passage les effets Pygmalion et Lucifer) avec une surpopulation évidente et des matons désabusés. Des touches d'humour ici et là contribuent à alléger un peu l'ambiance qui pourrait sinon être très sombre.

Olivier Norek utilise habilement les codes classiques du genre tout en évitant tous les clichés. Il y a un côté très cinématographique dans son écriture, sans les défauts habituels de ce type d'exercice. Le décor est bien implanté géographiquement, on s'y croirait vraiment. L'auteur sait tenir en haleine le lecteur et les pages se dévorent. Rien de délirant ou de totalement original, mais un roman totalement maîtrisé et bigrement efficace, comme je les aime. Je n'ai plus qu'à aller lire les deux premiers maintenant !

Pour finir, n'hésitez pas à aller voir l'interview de l'auteur par les déblogueurs.

Surtensions, d'Olivier Norek
Michel Lafon
Mars 2016