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Affichage des articles du juillet, 2009

Terreur [Dan Simmons]

L'auteur : Je vous avais déjà parlé de Dan Simmons ici. Avec ce livre, il délaisse la science-fiction pour offrir sa version d'un fait réel. Publié en 2007 Aux États-Unis et septembre 2008 en France, ce roman à obtenu le prix Bob Morane 2009.

L'histoire : Au milieu du XIXe siècle, deux navires de la Marine royale anglaise se retrouvent coupés du monde, pris au piège des angoissantes ténèbres arctiques. Vétéran de l’exploration polaire, l’orgueilleux Sir John Franklin était pourtant convaincu de réussir à découvrir le mythique passage du Nord-Ouest, et d’assurer ainsi à l’Empire britannique une domination totale des mers. Mais l’entreprise, mal préparée, tourne vite au désastre : les navires Erebus et Terror sont faits prisonniers des glaces et Sir John meurt dans des circonstances dramatiques. Son second, le valeureux capitaine Francis Crozier, hérite alors du commandement d’une expédition en péril. Isolé dans cet enfer blanc, l’équipage est en butte aux assauts incessants d’une mystérieuse créature qui transforme la vie à bord en cauchemar…

Mon avis : Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas un livre de terreur comme d'autres livres de Dan Simmons (Nuit d'été, les Feux de l'Eden ou Les Fils des Ténèbres). Ce n'est pas non plus une saga comme l'Echiquier du Mal ou les cycles d'Hypérion et Endymion. Il s'agit plutôt d'un roman d'aventures, inspiré d'un fait historique, avec quelques traces de fantastique et de mythologie inuit.
Ce roman se présente sous la forme d'une alternance entre des extraits de journaux de bord écrits par plusieurs protagonistes de l'histoire et des chapitres purement narratifs. On retrouve tous les basiques de Dan Simmons : une histoire vue par différents personnages plus ou moins importants ou éphémères, une fluidité de lecture, des sentiments à fleur de peau, des scènes d'action ciselées, sanglantes, brutales et impitoyables, un réalisme des descriptions qui traduit une recherche énorme sans pour autant occulter l'histoire, et, bien sûr, un peu de surnaturel, de religieux et de mythologie.
Tout part de la tristement célèbre expédition Franklin, qui lève l'ancre dans les années 1840 pour découvrir le passage du Nord-Ouest permettant de rallier l'océan Atlantique au Pacifique, en passant par le nord du Canada. Cette expédition fut la plus grosse catastrophe des expéditions arctiques/antarctiques de la Royal Navy et on ne sait toujours pas vraiment où, quand et comment ses hommes et ses bateaux ont tous disparu corps et âmes. Différentes théories sont avancées, encore de nos jours (il y a 5 ou 6 ans, un chercheur aurait même retrouvé des ossements ayant pu appartenir à des marins disparus). Mais je vous laisse faire vos recherches parce que, personnellement, après avoir lu le livre, j'ai eu envie d'en savoir plus. En cherchant sur GoogleMaps l'île Beechey j'ai d'ailleurs pu me rendre compte qu'il reste encore des zones presque non cartographiées sur notre bonne Terre.
Dan Simmons s'inspire donc de cette expédition et, dès la première page, il plante le décor : 2 bateaux avec 130 marins pris dans la glace par -50°C pour la deuxième année consécutive, un capitaine irlandais alcoolique, une inuit qui ne parle pas et une créature inconnue qui tue les marins au hasard sans laisser de trace. On entre dans la vie de ces hommes au milieu de nulle part, tentant de survivre avec quelques rations, du charbon et du rhum (un peu de whiskey aussi), le tout en quantité limitée. Sans dévoiler quoi que ce soit, la créature est un des acteurs du drame mais pas forcément sa finalité, plutôt une sorte de catalyseur, d'exacerbant de toutes les idées du livre (un peu comme le Gritche dans Hyperion).
Je me suis alors laissé emporter par ces tranches de vies précaires; je me suis vraiment attaché aux personnages, des plus humains aux plus immondes et j'ai dévoré ce livre comme la créature dévore les marins. J'ai appris énormément de choses sur les conditions de vie totalement délirantes de ces expéditions arctiques et sur l'arrogance de ces explorateurs, qui ne voyaient les autochtones que comme des sauvages débiles, alors qu'ils avaient tant à en apprendre d'eux pour survivre (ce que certains explorateurs ont compris après d'ailleurs).
J'avoue m'être trouvé transporté sur la banquise, avec ces marins, dans le froid qui nécrose la chair en quelques secondes; dans cette promiscuité puante et désespérante au coin du fourneau sur lequel on réchauffe à peine les repas de porc salé moisi, les boites de conserve douteuses, les biscuits pleins de charançons; avec les cales pleines de charbon et de rats qui dévorent tout et ces hommes qui veulent survivre à tout prix ou qui se laissent mourir plus ou moins volontairement; les ravages totalement immondes du scorbut et de la tuberculose; la volonté farouche de maintenir un esprit de corps coûte que coûte; la folie des hommes sous toutes ses formes; Dieu et la mort présente à chaque seconde. Ajoutez à cela une bonne dose de surnaturel, d'ésotérisme, de chamanisme et d'onirisme par dessus tout ça et je suis parti en voyage sur la banquise...
Je vous laisse savourer ce gros esquimau bien trop glacé, qui vous laisse la langue collée dessus, avec en guise de bâton une petite clavicule humaine ou un morceau de péroné !

signé Gruikman

Respectons un peu l'écrivain, bon sang...

... où une critique de la critique. Pierre Jourde, que je découvre grâce à didouchka, me régale ici d'un article dans lequel je me reconnais.
Pour ma part, j'ai déjà lu du Marc Lévy et du Guillaume Musso, je vous en ai parlé ici. J'ai fait l'effort de lire ces auteurs qui avaient tant de célébrités, étaient tant médiatisés. J'ai fait la même chose pour Amélie Nothomb d'ailleurs. Et pour les trois, je les mets dans le même panier : aucun style à mon goût, aucun intérêt, aucun souvenir du livre lu.
Mais comme le souligne Pierre Jourde, je peux discuter de ça avec des amis, qui eux apprécient ces auteurs. Je peux argumenter avec eux sur le pourquoi de mon désintérêt. Et eux, également, peuvent essayer de me convaincre. La discussion est ouverte. C'est mon avis, comme tout ce que je publie ici. Nul n'a obligation de le partager. Mais j'ai le droit de m'exprimer.
Je vous laisse avec un extrait de ce billet, que je ne peux que vous recommander chaudement !

"Voilà ce que produit notre société du respect universel. Il ne viendrait pas à l'idée des tenants du respect universel qu'il y a une différence entre critiquer un homme, une idée ou un objet, et critiquer ceux qui l'apprécient. Si un ami me dit qu'il a trouvé stupide un film que j'adore, ce n'est pas pour autant qu'il me méprise. Il ne viendrait pas à l'idée des tenants du respect universel que respecter les gens, c'est les croire capables de s'ouvrir au débat, voire à l'humour et à l'ironie, sans se crisper sur « c'est mon choix, respectez-le ». Que ne pas les respecter, c'est précisément les considérer comme des braves imbéciles à qui on va faire avaler n'importe quoi, notamment une littérature formatée, insipide, bébête. Que le règne de la promotion universelle ne respecte qu'une chose, l'argent."

Life [Keiko Suenobu]

L'auteur : Keiko Suenobu est née en 1979 à Fukuoka, et est l'auteur de plusieurs manga dont la série Vitamine. Elle a notamment remporté le "kodansha award".

A ce jour, 7 tomes de Life sont parus aux éditions Kurokawa.

L'histoire : Ayumu, une élève médiocre, décide de se motiver afin de rattraper le niveau de sa meilleure amie qui rêve depuis sa tendre enfance d’intégrerle lycéeNishi, de haut niveau. Ayumu se révèle plus douée pour les études que sa meilleure amie. Pour se maintenir éveillée pendant les révisions, elle commence à se tourner vers la douleur. Malheureusement, Ayumu réussit le concours d’entrée du lycée Nishi, mais pas son amie. Elle perd alors toute raison de vivre, et s’enferme dans l’automutilation, ne parvenant à évacuer sa détresse que par l’intermédiaire de la douleur.

Mon avis : Il faut un peu de temps pour que l'histoire se mette en place et qu'on commence à comprendre le but de Keiko Suenobu : parler de ce qu'endure les "ijime", ou souffre-douleur. S'il s'agit certes d'un manga shojo (donc pour filles), puisqu'on s'attache aux sentiments d'une jeune lycéenne et de son rapport à elle-même et aux autres, il ne s'agit pas pour autant d'un manga niais, loin de là.
Le lecteur voit devant lui une souffrance intense, celle d'Ayumu. Des sujets comme le sadisme et le suicide sont également évoqués. La faiblesse de jeunes en construction, sensibles aux regards des autres, dans la société nipponne où tout se définit par rapport à l'autre, est trop souvent un sujet tabou et Keiko Suenobu, avec finesse, joue des caractéristiques du shojo : une atmosphère fleurie, un visage d’ange, de grands yeux, ... qui cohabitent avec un cutter coupant la chair, des photos déchiquetées ... Une lecture que je peux conseiller à ceux qui ont le coeur bien accroché et qui ne sont pas en plein coup de blues, mais certainement pas aux jeunes adolescents !

Kioko, épicerie japonaise


Cette épicerie fournit Paris en aliments japonais. On y trouve de tout : pâtes, assaisonnements, boissons, gâteaux ... que ce soit frais, surgelé ou conditionné. Mais on y trouve également tous les ustensiles culinaires pour nous aider à la préparation des grands classiques comme les sushis, maki ... Sur deux étages, avec des vendeurs disponibles et aimables (c'est assez rare de nos jours pour être signalé) qui savent parler français, ce qui aide beaucoup lorsque toutes les étiquettes sont en japonais ! Les prix ne sont pas donnés, mais pas forcément plus chers qu'ailleurs, vu la qualité.

Enfin, Kioko fait également traiteur et propose certains plats à emporter.

Informations utiles :

adresse : 46, Rue Petits Champs 75002 Paris - 01 40 15 62 06
magasin ouvert du mardi au samedi de 10h à 20h et le dimanche de 11h à 19h

site internet : www.kioko.fr

The Reader, de Stephen Daldry

Film allemand et américain, réalisé par Stephen Daldry, sorti le 15 juillet 2009, avec Kate Winslet et Ralph Fiennes.

L'histoire : En Allemagne de l'Ouest, juste après la Seconde Guerre Mondiale, un adolescent, Michael Berg, fait la connaissance, par hasard d'une jeune femme de 35 ans, Hanna, dont il va devenir l'amant dans une relation passionnelle. Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l'un de leurs jeux consiste à ce qu'il lui fasse la lecture. Il découvre peu à peu le plaisir qu'elle éprouve lors de ce rituel tandis qu'il lui lit L'Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien. Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé. Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste au procès des crimes de guerre nazi. Il retrouve Hanna... sur le banc des accusés. Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour...

Mon avis : J'ai lu une critique, je crois dans Studio Ciné Live, disant que le fait de filmer de la peau nue induisait une proximité et une intimité avec le personnage de façon forcée. Je comprends l'idée que cela puisse être dérangeant, puisqu'ici le sujet est difficile. Néanmoins le sentiment d'attachement se fait plus avec le jeune homme qu'avec cette femme, dont on ne comprend pas la versatilité. Elle semble lunatique, et rien dans le film ne vient expliquer pourquoi. A mon sens, le sujet ici est plus le sentiment de culpabilité qu'on pu ressentir la génération juste après la Seconde Guerre Mondiale, génération qui sait que tout le monde à l'époque était au courant, que tout le monde à participer à différents degrés, et de la difficulté de juger les siens, ceux qu'on aime. Comment comprendre qu'ils aient pu commettre des actes atroces ? Comment pardonner ou accepter le passé d'Hanna, sans remettre en question l'amour qu'ils ont partagé ? Michael laissera sa vie de côté parce qu'il aime une femme qu'il ne connaît pas, parce qu'il découvre qu'on ne connaît jamais réellement les gens.
Un film qui fait réfléchir, mais qui bizarrement laisse un drôle de sentiment d'inachevé, comme si le réalisateur n'avait pas poussé assez loin la démarche. Pour cela, je ne suis pas sûre qu'il me laisse un grand souvenir et pourtant j'ai beaucoup apprécié. Il manque un petit quelque chose néanmoins...

P.S : On m'a dit que le film était assez fidèle au livre, dans lequel Hanna ne parle jamais, et que donc à aucun moment le lecteur ne connait ses sentiments, ses pensées et éventuellement ses regrets. Seul le personnage de Michael et sa façon de porter tout au long de sa vie son histoire d'amour avec Hanna sont exposés.

Ne jouez pas avec le feu [Peter Robinson]

L'auteur : Canadien d'origine anglaise, Peter Robinson est né en 1950. Il commence une carrière d'enseignant puis publie, à partir de 1987, les premières enquêtes de l'inspecteur Alan Banks. En 2000, c'est la consécration : Saison sèche obtient le prestigieux Anthony Award et en France le Grand Prix de littérature policière. Tout en continuant de publier, Peter Robinson enseigne désormais l'art de l'écriture de romans policiers.

L'histoire : Dans le petit matin glacé de janvier, deux péniches en feu sur un canal du Yorkshire. Au milieu des décombres, deux cadavres calcinés. Pour l'inspecteur Banks, le meurtre ne fait aucun doute. Mais qui était visé ? Tina, la jeune droguée de seize ans, ou Tom, le mystérieux artiste solitaire ? Lorsque l'incendiaire frappe à nouveau, les talents d'enquêteur de Banks sont mis à rude épreuve ...

Mon avis : Peter Robinson n'a pas, à mon goût, le talent d'Arnaldur Indridason, pour nous donner des détails, l'air de rien, sur son personnage principal. J'ai trouvé que, la plupart du temps, les pensées et les détails sur la vie privée de l'inspecteur Banks arrivaient un peu comme un cheveu sur la soupe. Et puis cet inspecteur est beaucoup trop dans l'introspection : que dire, que faire, mais pourquoi est-ce que je me sens coupable ... Il ne semble trouver de repos que dans son whisky ! De plus, côté policier, la solution de l'énigme est un peu trop évidente pour le lecteur. J'avais trouvé le coupable au tiers du livre et le pourquoi peu de temps après. Les critiques dithyrambiques de Stephen King et de Ian Ranking en 4e de couverture sont loins d'être justifiées à mon goût.
Il reste néanmoins une écriture agréable qui permet une lecture rapide.

Sambre [Yslaire & Balac]

Les auteurs : Bernard Yslaire est né le 11 janvier 1957 à Bruxelles. Il débute en 1978 dans Spirou. Dessins humoristiques, graphisme, puis participations à des films et à des projets architecturaux, Hislaire est un touche à tout. C'est en 1986 qu'il change l'orthographe de son nom et entame la saga des Sambre, d'abord avec Balac sur le premier tome, puis seul sur les suivants.

L'histoire : Nous sommes en 1848, à la veille de la révolution. Hugo Sambre, le patriarche de la famille, s’est suicidé en laissant inachevé un manuscrit retraçant la vie de sa famille, La guerre des yeux. On y apprend comment depuis des générations s’opposent la tribu des yeux ardents à celles des yeux sombres. Lors des obsèques de son père, Bernard Sambre rencontre Julie, une jeune braconnière aux yeux rouges. Le coup foudre réveille la malédiction qui pèse sur la famille. La mère de Bernard est assassinée par Sarah, sa propre fille qui n’hésite pas à accuser Julie… « Malheur à celui qui aimera une créature aux yeux rouges, car celui-là pleurera, sa vie durant, des larmes de sang… ».

La série Sambre comporte plusieurs volumes :
- deuxième génération (1847-1848) - Bernard & Julie
  1. Plus ne m'est rien
  2. Je sais que tu viendras
  3. Révolution, révolution...,
  4. Faut-il que nous mourions ensemble ?
- troisième génération (1856-1862) - Bernard-Marie & Judith
  1. Maudit soit le fruit de ses entrailles
  2. La Mer vue du Purgatoire, à paraître
  3. Nos Yeux, nos cheveux, nos fiertés, à paraître
  4. Celle que mes yeux ne voient pas, à paraître
- dernière génération (1862-1871) - Nelson & Judith
  1. Au large des amers, à paraître
  2. Les Cerises de Mademoiselle Dyeu, à paraître
  3. Toutes les rages de l'espérance, à paraître
  4. Le Dernier des Sambre, à paraître
Une autre série, complétant celle des Sambre, a été entamée :

- La Guerre des Sambre livre I (1830-1847) - Hugo & Iris
  1. Le mariage d'Hugo
  2. La passion selon Iris
  3. La Lune qui regarde, à paraître en novembre 2009
- La Guerre des Sambre livre II (1760) - Werner & Charlotte
  1. L'Éternité de Saintange, à paraître
  2. La Messe rouge, à paraître
  3. Votre enfant, comtesse..., à paraître
- La Guerre des Sambre livre III (-40 000 av JC) - Aam & Yev
  1. La Genèse, à paraître
  2. Au commencement, à paraître
  3. Ecce homo oculis, à paraître
informations issues de Wikipédia.

Mon avis : Comme l'ont voulu les auteurs, il s'agit là d'un grand roman d’amour « tragique, romantique, et qui finit mal ». Passion et désespoir amoureux transparaissent magnifiquement dans ce dessin d'une folle et étrange beauté. Sombre à souhait puisque le dessin est composé d'un dégradé de gris, la seule couleur autorisée étant le rouge, couleur de la passion et de la mort. Et quel sens de la mise en scène ! Dommage que les parutions soient si espacées, cela casse le rythme. et met le lecteur en haleine. Mais on imagine sans peine la quantité de travail nécessaire à la réalisation de telles planches ! A lire absolument.

Ainsi soit-il [Eli Gottlieb]

L'auteur : Eli Gottlieb est un auteur américain qui a travaillé au magazine Elle et a enseigné la littérature américaine en Italie. Son premier roman, The Boy who went away, a reçu le prix McKitterick de la British Society en 1998 et le prix de Rome de l'Académie américaine des arts et des lettres. Il collabore aujourd'hui au magazine 5280.

L'histoire : Il s'appelait Rob Castor. Charismatique, brillant, enfant terrible des lettres new-yorkaises, Rob était de ceux à qui tout semble réussir. Aujourd'hui, son suicide fait la une des journaux, parce qu'il a pris la peine de tuer sa femme avant d'en finir. Au centre de cette histoire vertigineuse se trouve Nick, son meilleur ami d'enfance. Sous le choc de sa disparition, Nick va chercher à comprendre son geste et, ce faisant, réévaluer sa propre vie et son passé. Mais, dans le paysage des jours enfuis, d'étonnants secrets le guettent ...

Mon avis : long à ce mettre en place, lent, pas très intéressant les 100 premières pages, on ne sait pas où ça va. Aucune remise en cause du personnage qui ne fait que se morfondre et laisse son mariage sombrer sans rien faire, à part se chercher des excuses et tout rejeter sur sa femme. Très cliché sur la vie de couple ("bouh ma femme ne me comprend pas et fait tout pour me pourrir la vie"). Au bout des deux tiers, la remise en question s'amorce, le personnage comprend que si reproches il y a, ils sont partagés, et qu'il doit trouver d'où vient son malaise et son attachement si profond à son ami d'enfance qu'il ne voyait plus que de très loin.
Au 3/4 du roman, un secret pointe le bout de son nez et on comprend que la remise en question viendra de sa découverte. Il est à noter que la couverture originale qui est visible sur le site de l'auteur laisse deviner largement la teneur de ce secret, même si on ne sait pas qui en sont les protagonistes.
Enfin, dans les dernières pages, le coup de tonnerre : il permet de se repasser toute l'histoire et de comprendre le pourquoi de l'éloignement que ressent Nick. Et pour le coup, je ne m'en suis pas doutée.
Les personnages auraient pu être attachants, mais je suis restée indifférente, je les ai regardé évoluer sans me sentir impliquée à quelque moment que ce soit. Une première moitié de livre assez inintéressante, la seconde beaucoup mieux mais je n'ai pas tellement apprécié le style de l'auteur (peut-être est-ce du à la traduction).
C'est avec intérêt que je lirai les avis des autres lecteurs !

Un roman lu dans le cadre du partenariat Bob avec les Éditions 10-18.

Public enemies, de Michael Mann

Film américain de Michael Mann, sorti le 8 juillet 2009, avec Johnny Depp, Christian Bale et Marion Cotillard.

L'histoire : ce film est basé sur l'histoire vraie de John Dillinger, un braqueur de banque hors pair qui a sévit à de nombreuses reprises dans l'Amérique des années 30. Avancé comme "l'ennemi public numéro 1" par le patron du FBI, John Edgar Hoover, Dillinger sera traqué sans relâche par Melvin Purvis, l'un des agents fédéraux les plus efficaces.

Mon avis : Ma moitié est venue voir le film avec moi en disant "un film de Michael Mann, ça se voit". Ce réalisateur est effectivement à l'origine de films assez diverses, qu'on peut aimer ou pas, mais qui sont rarement des navets intégraux (Collateral, Miami Vice entre autres). Pour ma part, je suis beaucoup plus terre à terre et je suis une fille, donc je dis "un film avec Johnny Depp, ça se voit".
Et je n'ai pas été déçue de la performance de Johnny Depp, excellent comme à son habitude, dans le rôle de ce gangster que l'aventure exalte et qui se spécialise dans les braquages de banques" parce que le kidnapping ça ne plait pas au public". Michael Mann nous donne ici l'impression d'une sorte de Robin des Bois, qui ne prend pas l'argent des clients, juste celui de l'État ; qui ne tue que pour se défendre ... Et c'est un peu dérangeant, d'autant que Christian Bale, très bon mais très froid dans le rôle de Melvin Pulvis, fait basculer la balance trop clairement pour Dillinger. Je m'attendais plus à un film où le côté manichéen aurait été moins prononcé, où les flics n'auraient pas parus si méchants et les gangsters si attirants, où la frontière entre ces deux côtés n'auraient pas été si évidente. Quant à Marion Cotillard, je ne suis pas une grande fan de son jeu d'actrice, mais elle se débrouille plutôt bien.
Côté image, j'ai été également un peu déçue. Je me souvenais du travail très esthétique de Michael Mann sur Miami Vice ; mais ici rien de tel (à part quelques rares images par-ci par-là). La caméra bouge beaucoup, et souvent à contre sens du mouvement des personnages, ce qui est assez désagréable pour le spectateur. Et il y a des longueurs dans les scènes d'échanges de coup de feu.
Ceci étant dit, le film reste dans l'ensemble un bon film de gangsters, qui s'il ne révolutionne pas le genre, se laisse regarder.

Feu d'artifice du 14 juillet 2009


Pour les 120 ans de la Tour Eiffel et le 14 juillet 2009, la mairie de Paris proposait un feu d'artifice d'exception. C'est la première fois que je me déplaçais pour voir un feu d'artifice dans la capitale. J'avoue ne pas le regretter : le spectacle était magnifique, retraçant les différents événements que la Tour a pu voir, de sa construction bout pour bout, aux deux guerres et à la pluie d'obus qu'elle a vu tomber... et avec une réelle adéquation avec la musique.

Et j'ai eu un coup de coeur particulier pour le moment où notre vieille dame saute sur place avant de se trémousser sur "Sex Bomb" de Tom Jones !


Exposition : Filippo & Filippino Lippi, la Renaissance à Prato

Orphelin très jeune, Filippo Lippi a grandi aux Carmes de Florence où il a commencé à peindre. Il y exerça plusieurs charges ecclésiales et mena en même temps une vie aventureuse et dissolue.
En 1456, il fut nommé chapelain du couvent Sainte Marguerite de Prato. C'est dans ce lieu, cité toscane située à une quinzaine de kilomètres de Florence, en plein essor, que Filippo Lippi s'épanouit, et son art avec lui. Là également qu'il séduit Lucrezia, une très jeune nonne qui lui servit de modèle. Il a alors plus de cinquante ans, elle dix-sept. De leur relation naîtra un fils, Filippino, et bien sûr, le scandale. Filippo Lippi fut menacé par la justice, mais son mécène, Cosme de Médicis, le sauvera en obtenant du pape qu’ils soient tous deux relevés de leurs vœux. Ils pourront ainsi se marier et auront encore une fille.
Botticelli fut formé dans l’atelier de Filippo Lippi et il formera à son tour, mais cette fois à Florence où tout se passe alors, le fils de Lippi, Filippino (1457-1504). Les œuvres de ce dernier sont néanmoins moins joyeuses et plus sombres.

Profitant de la fermeture du musée municipal de Prato, le musée du Luxembourg présente une cinquantaine d’œuvres du peintre, de son fils et d'autres illustres artistes de l'époque.

L'exposition est très belle, bien documentée et agréable. On nous présente à la fois l'art pictural du Moyen-Âge avec le gothique avant l'arrivée des Lippi et ce qui se passe après, suite au mouvement qu'ils ont initié. Leurs œuvres sont bien remises dans leur contexte. L'exposition est bien commentée par les audioguides mis à disposition et qui permettent de circuler librement et de s'attarder dès qu'on le veut.

Deux petits bémols néanmoins, mais pas très importants : 1) l'exposition est plus centrée sur le Prato que sur les Lippi, qui ne sont que des faire-valoir de l'art dans cette ville ; 2) l'exposition n'est pas donnée : il faut compter un peu plus de 10€ pour l'entrée puis 4.50€ pour l'audioguide, qui n'est pas de trop, et de bonne qualité.

J'ai été étonnée du peu de monde qu'il y avait (pas de queue à faire). Mais cela peut peut-être s'expliquer par la longue durée de l'exposition, qui est déjà présente depuis le mois de mars. Et puis les beaux jours aidant ...


Informations utiles :

Du 25 mars au 2 août
Ouvert les lundis et vendredis de 10h30 à 22h, les mardis, mercredis, jeudis et samedis de 10h30 à 19h et les dimanches et jours fériés de 9h30 à 19h

Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard
75006 Paris
Tel : 01.45.44.12.90

Tarif normal: 11€
Tarif réduit : 9€ ou 6€
Audioguide : 4.50€

Site du musée du Luxembourg ici

Coquillettes au poulet et poivrons

Voici une petite recette toute simple, prise un jour sur un paquet de pâtes et très légèrement réadaptée.

Ingrédients pour 4 personnes :

- 300 g de coquillettes
- 5 escalopes de poulet
- 20cl de crème fraîche
- 2 petits poivrons, 1 rouge et 2 vert (pour la couleur)
- 1 petit peu de ciboulette
- 1 oignon émincé
- poivre
- huile d'olive

Mettre la peau des poivrons à griller pour pouvoir la retirer facilement sous l'eau du robinet.
Faire chauffer l'eau pour cuire les pâtes.
Couper le poulet en lamelles fines et émincer l'oignon.
Découper les poivrons en petits cubes.

Mettre un filet d'huile d'olive dans une poêle et faire revenir les oignons à feu doux.
Ajouter le poulet, puis les poivrons et laisser cuire une 10aine de minutes. Incorporer la crème fraîche et la faire revenir doucement.
Ajouter les coquillettes, bien mélanger et poivrer.
Avant de servir, couper un peu de ciboulette.


Sunset Limited [James Lee Burke]

Comme je vous l'annonçais ici, le film de Bertrand Tavernier m'a donné envie de m'essayer à la lecture des oeuvres de James Lee Burke. Alors, une fois rentrée à la maison, un petit tour sur le web et commande de deux de ses livres, dont voici le premier que je lis.

L'auteur : James Lee Burke est né en 1936 à Houston au Texas où il passe une partie de son enfance, ainsi qu'en Louisiane. Diplômé de l'Université du Missouri, il pratique ensuite plusieurs métiers différents : dans le milieu de pétrole, en tant que journaliste ou assistant social. Il est connu pour ses romans policiers, particulièrement connu pour sa série mettant en scène Dave Robicheaux. Il vit actuellement entre le Montana et la Louisiane. Sa fille, Alafair (dont on retrouve le nom dans la famille de Robicheaux) est également auteur de romans policiers.

L'histoire : Le père de Megan Flynn avait eu le tort de chercher à défendre les exploités. Il l'avait payé de sa vie. Cloué à la porte d'une grange comme un oiseau de malheur. Les années ont passé, Megan est devenue une photographe de presse célèbre. Son frère Cisco a réussi dans le cinéma. Tous deux reviennent au pays, un retour qui va rallumer des brasiers mal éteints. Depuis la guerre de Sécession, la haine et le sang imprègnent la terre de Louisiane. Le cimetière de la puissante famille Terrebone en garde encore la trace. Quel terrible secret Lila Terrebone cherche-t-elle à noyer dans l'alcool ? Où Cisco Flynn a-t-il trouvé l'argent pour financer son film ? Et pourquoi des hommes peu recommandables gravitent-ils dans son entourage ?

Le Sunset Limited dont il est ici question est le train Amtrak qui relie La Nouvelle-Orléans à la Californie.

Mon avis : On retrouve ici l'ambiance que Bertrand Tavernier a su mettre dans son film : des brumes, des questions, des meurtres, et le bayou comme décor. Un style d'écriture fluide et très attachant. On ne lâche pas le livre facilement. On sent poindre des questions plus existentielles dans le questionnement de notre détective. Cette ambiance incertaine et déstabilisante est surtout due à plusieurs intrigues qui s'entrecroisent et que Dave Robichaux rapprochent, sans qu'on sache trop pourquoi, même si on perçoit qu'il a raison. Il semble naviguer dans le flou autant que nous par moment. On sent un homme profondément juste et conscient de la nature humaine mais qui reste capable de faiblesses et d'erreurs.
En bref, une lecture surprenante avec des personnages attachants, même si ce n'est pas l'histoire policière qui en fait l'intérêt. Je n'ai d'ailleurs pas compris qui tuait qui et pourquoi. Étrange et agréable.

Twilight 2 : Tentation [Stephenie Meyer]

L'auteur : Stephenie Meyer est une romancière américaine née en 1973. Auteur du best-seller Twilight 1 : Fascination qui a été par la suite, au vu du succès, complété par 3 tomes : Tentation, Hésitation et Révélation. Ces aventures se sont vendues dans 37 pays et le premier tome a déjà fait l'objet d'une adaptation cinématographique sortie le 7 janvier 2009 en France et fin 2008 aux Etats-Unis.

L'histoire : "Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, je ne m'en mêlerai plus. Ce sera comme si je n'avais jamais existé." Rejetée par celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Fascinée par un vampire, comment pourrait-elle retrouver goût à la pâle existence humaine ? Pourtant il faut vivre. Mais Bella n'a de goût à rien, sinon le danger : alors elle entend la voix d'Edward, et éprouve l'illusion de sa présence. Comme s'il ne l'avait pas abandonnée, comme s'il tenait encore à elle. Bella échappera-t-elle à cette obsession amoureuse qui la hante ? A quel prix ?

Mon avis : J'ai suivi le premier volet en film. Je n'ai pas été très emballée, trouvant ça "fadasse", pour être honnête. Et puis, je me fais un peu vieille pour fantasmer sur Robert Pattinson (qui de plus n'a jamais été mon genre) ! Mais je suis de nature curieuse et, à force de voir plein de monde avec ce livre à la main dans les transports (et puis il faut avouer que la couverture est magnifique), j'ai fini par me demander si les livres n'étaient pas, comme c'est souvent le cas, mieux que les films. Alors, j'ai ouvert le tome 2 des aventures de Bella.
Premier constat : c'est bien écrit. Rien de très stylé ni original, mais c'est fluide. Par contre, c'est clairement orienté jeunes. Les livres sont d'ailleurs publiés chez Hachette Jeunesse en France, ce qui désigne assez le public. Et filles (je viens tout juste de voir un homme avec le premier tome dans la main, il faudrait qu'on me dise le plaisir qu'il peut y trouver).
Néanmoins, on se prend vite à suivre les aventures de Bella. Ses rapports avec des êtres fantasmagoriques (vampires et loups-garous) sont originaux dans la mesure où l'auteur a l'intelligence de renouveler quelque peu le genre de façon habile : elle confirme certaines idées caractéristiques de ces êtres et en contredit certaines pour les remplacer par des inventions propres à son monde. Par exemple, si les vampires sont des buveurs de sang, le soleil ne les tue absolument pas.
D'un autre côté, il faut bien reconnaître que le personnage principal qu'est Bella est niais au possible. Elle semble se complaire à subir et à être aveugle à ce qui l'entoure, à ne pas voir l'évidence de ce que sont les êtres qui l'approchent et auxquels elle s'attache.

Au final, j'avoue que, si pour des jeunes je peux comprendre l'engouement, j'ai plus de mal pour les adultes. L'histoire reste néanmoins attachante et rapide à lire. Je lirai donc probablement la suite quand j'aurai le temps. Mais c'est clairement là ce que j'appelle de la littérature de plage.

Edit : Je viens de finir de lire le premier tome, et pour le coup, il est nettement meilleur ! Le film ne lui rend absolument pas justice. Et la différence de qualité entre ce premier tome (qui devait être l'unique) et le deuxième est flagrante.

Au revoir Mickael Jackson

Que l'on aime ou pas l'être humain, il reste néanmoins qu'un grand artiste musical et un grand danseur a disparu le 25 juin 2009. Ses chansons marquent mon enfance.





Adieu.

NonNonBâ [Shigeru Mizuki]

L'auteur : Shigeru Mizuki, de son vrai nom Shigeru Mura, est un mangaka japonais (ou auteur de manga), né en mars 1922. Il est considéré comme un des fondateurs du manga d'horreur et de tout ce qui touche aux monstres, esprits et fantômes japonais, notamment les yôkai.

NonNonBâ est sa façon de raconter son initiation à ce monde imaginaire traditionnel japonais.

En 2007, le festival d'Angoulême lui donne le Prix du meilleur album pour ce manga.

L'histoire : NonNonBâ, une vieille dame mystique et superstitieuse qui aime à raconter des légendes étranges, est accueillie dans la famille du jeune Shigeru. L'imaginaire déjà débordant du garçon s'en retrouve décuplé. Les histoires de fantômes et de yokaï deviennent son univers quotidien et prennent le pas sur la réalité. Bien sûr, ce deuxième monde chasse l'ennui du premier, mais en contrepartie, il complique tout : il est déjà bien assez difficile de savoir à qui se fier, sans qu'en plus des petits monstres bizarres viennent s'en mêler... Largement autobiographique, NonNonBâ conjugue récits intimistes et ambiances oniriques et peut être lu par tous les publics.

Mon avis : Lu grâce au CE de ma moitié, j'ai eu beaucoup de plaisir avec ce manga. Il n'a pas le format habituel de petits volumes, comportant plus d'une vingtaine de numéros, ce qui rend la lecture fastidieuse car il faut toujours attendre le prochain tome. Ici, il s'agit d'un pavé, qu'on peut approcher d'un livre classique. La seule chose dommage est d'avoir rétabli ici le sens de lecture occidental au lieu de conserver le sens de lecture japonais. Quant à l'histoire, il s'agit de plusieurs péripéties qui arrivent au jeune Shigeru. En filigrane se dessine une chronique familiale, vue par les yeux d'un enfant qui ne comprend pas tout, mais n'est pas aveugle. Il s'accroche à ce monde imaginaire, aux yôkai, comme pour refuser de grandir, refuser d'être confronté au monde des adultes. Une ambiance tendre, amusante et nostalgique.

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates [Mary Ann Shaffer et Annie Barrows]

L'auteur : Mary Ann Shaffer est née en 1934 aux États-Unis. Elle a fait sa carrière dans les bibliothèques, les librairies et les maisons d'édition, mais son rêve était d'écrire un livre qui plairait suffisamment pour être publié. Elle est malheureusement décédée avant d'avoir vu son rêve réalisé. Sa nièce, Annie Barrows, a néanmoins pu l'aider à terminer son livre, pour le grand bonheur des lecteurs du monde entier.

L'histoire : Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d'un club de lecture au nom étrange inventé pour trompé l'occupant allemand : le "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates". De lettre en lettre, Juliet découvre l'histoire d'une petite communauté débordante de charme, d'humour, d'humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey...

Mon avis : Voici un roman écrit sous la forme épistolaire. Du propre aveu de l'auteur, elle pensait que ce serait plus facile à écrire. Dans tous les cas, c'est facile à lire. La personnalité des différents personnages se dévoile facilement. Le lecteur s'y attache au bout de deux ou trois échanges. L'auteur évoque avec légèreté et beaucoup d'humanité l'Occupation allemande des îles anglo-normandes. Aucune haine particulière de l'autre, juste une guerre qui les sépare en deux camps et les empêcherait presque de sympathiser ; la séparation avec des êtres chers, que ce soit les enfants à mettre à l'abri en Angleterre ou certains prisonniers déportés dont on attend le retour. Le seul reproche à faire à ce livre serait peut-être sa naïveté sur le caractère des personnages, qui semblent tous être soit bon soit mauvais. J'en avais tellement entendu parler et vanter les mérites que j'en attendais un peu trop ...

Ce livre est également une ode à la lecture et à l'amour des livres. L'héroïne est un écrivain, et sa correspondance met en évidence l'importance que prend la lecture chez les différents personnages : certains ne lisent qu'un seul et unique livre, dans lequel ils semblent avoir trouvé leur vérité ; d'autres se complaisent à lire le plus possible, à découvrir pour comprendre leur entourage.

L'habileté des auteurs met au centre de cet œuvre un personnage qui n'est pourtant pas présent, mais dont tout le monde parle et qui est le pivot de toutes les histoires et le lien entre tous les personnages. C'est par ce personnage que tout se déroule. Et que le côté comme déconnecté de la réalité de la guerre diminue (je n'en dis pas plus pour ne pas casser le suspens !).


En bref, j'ai beaucoup aimé le syle et le sujet très original. Une lecture que je vous conseille.

Un nouveau look...

Parce que les templates proposés par Blogger sont vraiment trop moches ! De nouvelles modifications seront apportées au fil du temps, mais la base est là. J'espère que ça vous plait.

L'honneur perdu de Katharina Blum [Heinrich Böll]

L'auteur : Heinrich Böll est né en 1917 et mort en 1985 (donc avant la chute du mur de Berlin). C'est l'un des écrivains les plus reconnus de la RFA, chroniqueur critique de l'histoire de l'Allemagne après la Seconde Guerre Mondiale. Il reçoit en 1972 le prix Nobel de littérature pour ses nombreux romans, nouvelles, essais qui ont renouvellé la littérature allemande contemporaine.

L'honneur perdu de Katharina Blum est l'un de ses chefs-d'oeuvre, paru en 1974.

L'histoire : L'action se déroule à Cologne sur 4 jours. Katharina Blum est victime d'un scandale médiatique qui va ruiner sa vie et la pousser au crime. Pourtant, jeune femme de 27 ans, gouvernante chez un avocat d'affaires, elle menait jusqu'alors une existence sans histoire.

Mon avis : Ce roman est sous-titré "comment peut naître la violence et où elle peut conduire". Une annonce au début du livre dit au lecteur : "L'action et les personnages de ce récit sont imaginaires. Si certaines pratiques journalistiques décrites dans ces pages offrent des ressemblances avec celles du journal Bild, ces ressemblances ne sont ni intentionnelles ni fortuites mais tout bonnement inévitables." Le Bild Zeitung avait violemment attaqué Heinrich Böll après une série d'articles dénonçant l'acharnement de la presse à sensation. Ici, par un ton faussement factuel, qui est sensé montré uniquement les faits, comme devrait le faire un journal, Heinrich Böll nous donne néanmoins à voir son point de vue sur les abus de pouvoir de la presse en général et sur la façon dont celle-ci manipule si aisément les gens. Il dénonce également le système policier de l'époque qui fait peser une lourde répressions sur les opposants révolutionnaires et communistes.
Si la critique du système policier est intéressante comme un point d'Histoire (et encore, cela ne peut-il pas s'appliquer actuellement, au moins dans certains pays ?), la critique de la presse à sensation reste d'actualité.
Un petit livre qui se lit vite et bien, qui se comprend facilement. L'auteur atteint son but et ça fait froid dans le dos.