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Le Dieu et la Gumiho [Sophie Kim]

L'autrice
: Sophie Kim est une autrice américaine de littérature young adult. D'origine coréenne, elle s'inspire du folklore traditionnel dans ses romans. Le Dieu et la Gumiho est son premier roman adulte.

L'histoire : on châtiment éternel ? Devoir la supporter.
Kim Hani est la gumiho la plus célèbre de Corée du Sud, connue sous le nom de Renarde Écarlate. Contrainte de faire profil bas après avoir dévoré un peu trop d'hommes d'un coup, elle travaille désormais comme barista. Mais ce qu'elle déteste par-dessus tout, c'est le café, ainsi qu'un de ses clients particulièrement agaçant.
Seokga le Déchu est le dieu de la malice. Chassé des cieux après une tentative de putsch ratée, il purge à présent sa peine en traquant des démons. Entre deux captures, il recharge ses batteries en se gavant de café... Si seulement l'insupportable serveuse sur qui il tombe toujours arrêtait de massacrer sa boisson préférée.
Lorsque la Renarde Écarlate réapparaît soudainement, Seokga voit là une chance d'obtenir sa rédemption. Mais Hani est prête à tout pour l'empêcher de l'attraper... Prête à tout ? Sauf peut-être à tomber amoureuse.

Mon avis : Un roman d'urban fantasy qui explore la mythologie coréenne ? Difficile de résister. Cette lecture a, de ce côté là, tenue toutes ses promesses. Le lecteur est plongé dans un univers innovant et très agréable, où les créatures vivent dans le monde des humains sans que ceux-ci s'en rendent compte. C'est un vrai régal que de découvrir toutes ces créatures et de les voir évoluer dans un univers moderne, sous un prétexte bien pensé : une dimension a été fermée, poussant les plus maléfiques à se rebeller dans celle des humains, causant ainsi des dégâts qui deviennent de plus en plus difficile à masquer.

L'autrice vient de la littérature de jeunesse et ça se sent un peu trop à mon goût. Rien n'est exploité à fond : ni les interactions avec les humains (il n'y en a quasiment pas), ni l'enquête (tout est sous le nez de nos enquêteurs), ni la psychologie des personnages (d'une immaturité crasse alors qu'ils sont vraiment très âgés). La romance n'apporte rien d'autres que de rendre notre dieu et sa gumiho aveugles à ce qui les entourent, tellement ils sont occupés à se chicaner. Le côté rusé de Seokga se résume à un être bougon qui passe son temps à bouder là où il aurait pu être vraiment retors. Comme si l'autrice ne voulait pas pousser trop loin son univers, ce qui est bien dommage. 

Bref, un roman qui propose un univers riche et original mais récit trop peu travaillé à mon goût. Je ne sais pas encore si je me laisserai tenter par le deuxième et dernier tome.


Le Dieu et la Gumiho, de Sophie Kim
Traduit par Isabelle Pernot
Éditions Sabran
Juin 2025

Le récital des anges [Tracy Chevalier]

Encore trois ans ce sont écoulés depuis ma dernière lecture d'un roman de Tracy Chevalier, en l'occurrence La brodeuse de Winchester. Ce Récital des anges est un roman plus ancien qui a longtemps trainé dans ma PAL et que j'ai inclus dans ma PAL de reliques à sortir en 2025.


L'histoire : Londres, janvier 1901 : La reine Victoria vient de mourir. Comme la coutume l'impose, les familles se rendent au cimetière. Leurs tombes étant mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman font connaissance et leurs petites filles se lient immédiatement d'amitié. Pourtant, les familles n'ont pas grand-chose en commun. L'une incarne les valeurs traditionnelles de l'ère victorienne et l'autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, véritable cœur du roman, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dame de leurs parents. Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni même une liaison ne suffisent à lui donner goût à la vie. Jusqu'au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais.

Mon avis : Je vous le disais déjà lors de mon dernier billet sur un roman de Tracy Chevalier, avec cette autrice, ça passe ou ça casse. Ici, ça casse, et pour plusieurs raisons. Il s'agit d'un roman à plusieurs voix, quasi exclusivement des femmes, qui va nous dresser le portait de la société post victorienne et de la lutte des femmes pour trouver leur place. Il y a donc de quoi faire un beau roman. Malheureusement, la promesse n'est pas tenue.

D'abord, parce l'histoire mais plus de la moitié du roman à s'installer ! On passe de personnage en personnage, on suit les petits malheurs des fillettes, et de façon plus lointaine les problématiques des femmes adultes : Kitty Coleman s'enfonce dans une dépression dont personne ne dit le nom ; Jenny se retrouve enceinte et doit tout assumer seule au point de s'abaisser au chantage pour garder sa place ; les messieurs savourent la position confortable qui est la leur sans se poser de question. Il faut attendre plus de 200 pages pour que la question des suffragettes face son apparition, et encore le combat pour le droit de vote des femmes est vite décrit comme étant mené par une bande d'hurluberlus qui font tout un tapage sans se préoccuper aucunement des retombées sur leurs proches.

Le personnage de Kitty Coleman est central dans ce roman, pourtant, elle parle assez peu. Il aurait été intéressant de creuser davantage sa psychologie, ses motivations, les freins qu'elle rencontre. Et ce reproche porte également sur tous les personnages qui composent se roman choral : aucun ne trouve une vraie identité, une vraie voix qui le distingue des autres, chacun étant assez interchangeable tant qu'elles restent dans le même statut social : Maude et Lavinia sont des petites filles ; Kitty Coleman et Gertrude Waterhouse des femmes entretenues ; Jenny et Mrs Baker des domestiques. 

L'ensemble manque en fait terriblement de nuances et de justesse. C'est bien dommage.


Le récital des anges, de Tracy Chevalier
Traduit par Marie-Odile Fortier-Masek
Éditions Folio
Octobre 2003

The Westing game [Ellen Raskin]

L'autrice : Née en mars 1928 et morte en août 1984, Ellen Raskin était une autrice et illustratrice américaine de livres pour enfants. Elle a remporté la médaille Newbery en 1979 pour The Westing game.

L'histoire : Sam Westing, le richissime magnat du papier, est mort, et en guise de funérailles, ses proches sont invités à jouer à un jeu macabre : découvrir lequel d’entre eux l’a assassiné et ainsi empocher l’héritage.
Parmi eux, un athlète rapide comme l’éclair, une secrétaire mythomane, un bookmaker, un poseur de bombes, et une erreur… quelqu’un qui n’aurait jamais dû être là. Enfin, il y a Turtle Wexler, tradeuse en herbe particulièrement irritable, surtout en ce qui concerne sa tresse.
Obligés de former d’improbables duos pour résoudre le mystère et empocher le pactole, tous devront se creuser les méninges pour décrypter les indices sans rien laisser filtrer. Mais dans ce jeu de dupes, rien n’est vraiment ce qu’il semble être, et chaque participant a ses petits secrets.

Mon avis : En lisant la quatrième de couverture, on s'attend à un whodunit du style d' À couteaux tirés. Et on en retrouve effectivement l'ambiance huis-clos et le décor, avec un riche excentrique qui décède et de nombreux héritiers potentiels. Nous sommes bien dans un Cluedo version livre.

Il est important de signaler qu'il s'agit en fait d'un roman jeunesse, ce qui se ressent dans l'histoire : pas de crime sordide ou sanglant, pas de violence exagérée. La première moitié m'a plu : on découvre les différents personnages avec leurs secrets. Cela manque peut être un peu d'une psychologie bien fouillée et crédible mais encore une fois, c'est un roman adolescent. Les traits de caractères sont assez grossièrement dessinés.

Mais ensuite, la sauce finit par figer un peu. On ressent également le côté un peu daté par un manque de tension, de suspense assez flagrant. Chacun est sensé mener l'enquête avec son binôme, mais rien n'est réellement fait de ce système de d'équipes. Tous mènent vaguement l'enquête de leur côté, et encore. Certains font tout autre chose. Le lecteur les suit dans leur petite vie, sans bien toujours comprendre l'intérêt jusqu'à ce qu'un des personnages décide à la toute fin de réfléchir un peu pour trouver une solution un poil tirée par les cheveux.

Bref, un très bel objet comme sait nous en proposer cette maison d'éditions mais un récit décevant.


The Westing game, d'Ellen Raskin
Traduit par Thomas de Châteaubourg, Elise Josselin et Becky Leesha
Éditions Monsieur Toussaint Louverture
Mars 2025

As-tu mérité tes yeux ? [Eric LaRocca]

L'auteur
: Né en juillet 1993, Eric LaRocca est un auteur américain de science-fiction horrifique. As-tu mérité tes yeux ? est son premier roman, traduit en français.

L'histoire : Quelque part sur le web. Aujourd'hui.
Agnes Petrella et Zoe Cross discutent. Elles ne se connaissent pas ; elles ne se sont jamais vues. L'une a quelque chose à vendre ; l'autre pourrait être intéressée. Prétendument. L'une est aux abois ; l'autre est riche. Possiblement. Passent les jours, et, entre les deux femmes, une étrange relation se noue. Étrange, et bientôt dérangeante. Car Zoe a des envies, des propositions - qu'Agnes, contre toute attente, semble prête à écouter. Mais jusqu'où ? Et jusqu'à quoi ? Dans le désert du monde, l'impérieux besoin d'être aimé est le plus inépuisable des moteurs... et peut-être bien le plus terrifiant... Jusqu'où Agnes est-elle prête à aller pour mériter ses yeux ?

Mon avis : Récit épistolaire d'une relation initiée via un forum de petites annonces, qui devient hautement toxique. D'abord bienveillante - mais dans notre monde actuel on se méfierait à moins d'une telle bienveillance gratuite - la relation devient une relation de domination de façon consentie. Agnes abandonne volontiers son libre arbitre et le contrôle de sa vie à Zoe. IL faut dire qu'elle fait face à des difficultés nombreuses alors que Zoe semble en pleine maîtrise. Sauf que celle-ci demande à sa soumise de réaliser des actes qui lui répugnent. Elle finit par partir mais découvre qu'elle est enchaînée et dépendante de ses échanges avec Zoe. Celle-ci a pris une part très importante dans sa vie. Elle revient donc auprès d'elle, prête à tout.

Est-ce parce que je ne suis pas, aujourd'hui, dans un état psychologique de faiblesse, mais j'ai trouvé que ce n'était pas très crédible. J'ai été gênée par le très court laps de temps entre le premier et le dernier échange et donc le petit nombre de mails et messages échangés entre les deux protagonistes. Le glissement vers une relation plus intime, allant jusqu'à parler d'amour, préalable nécessaire à une relation toxique, est mal rendu car trop rapide.

Il n'empêche que le style d'Eric LaRocca est addictif et cette novella se lit d'une traite. On plonge dans l'horreur qui change de nature, passant du psychologique au physique. J'ai aussi beaucoup apprécié la fin où l'auteur nous propose un renversement de la domination. Agnes est tellement prête à tout qu'elle sombre dans la folie et impose une responsabilité à Zoe bien au-delà de ce qui était envisagé. A mon sens, il aurait pu aller beaucoup plus loin, en flirtant davantage avec l'horreur quelqu'en soit la forme pour instiguer un véritable malaise chez le lecteur.


As-tu mérité tes yeux ?, d'Eric LaRocca
Traduit par Mélanie Fazi
Éditions Le Bélial
Janvier 2025

Qui ment ? [Karen M. McManus]

L'autrice
: Née en mai 1969, Karen McManus est une autrice américaine de fiction pour adolescents. Elle a connu le succès avec sa trilogie Qui ment ?

L'histoire : Bronwyn l'intello, Cooper le sportif, Nate le délinquant, Addy la reine de beauté et Simon le gossip boy se retrouvent en retenue un après-midi. Seulement, ce dernier ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle... Et les enquêteurs en sont vite sûrs, sa mort n'est pas accidentelle. Bronwyn, Addy, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre lorsqu'on découvre un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d'eux.

Jusqu'où sont-ils prêts à aller pour protéger leurs secrets ?

Mon avis : Après avoir vu la série sur Netflix, j'ai voulu prolonger l'histoire en lisant le roman qui en était à l'origine. De la même façon que la série tire des ficelles assez grosses et classiques mais est efficace, le roman n'a rien de révolutionnaire mais se lit facilement et fait le travail de divertissement. J'ai notamment apprécié de découvrir les petites différences dans le scénario entre les deux formats : la série se concentre davantage sur l'enquête, là où le roman se plonge dans le quotidien des protagonistes.

La psychologie des personnages est assez sommaire et ceux-ci sont très caricaturaux, mais l'histoire est plus crédible qu'elle ne l'est dans la série télévisée. Actions, rebondissements, que du classique mais qui est toujours efficace. Et puis, j'aime la façon dont les personnages, venus d'horizons différents, avec des amis très différents, finissent progressivement par se rapprocher et gardent ensuite ce lien une fois l'affaire terminée, tout en conservant leur identité et leurs différences. 

Côté thriller, il n'y en a pas vraiment. Nos jeunes adolescents voient leur vie chamboulée, doivent vivre avec les conséquences de ce à quoi ils ont assisté, mais ils ne mènent pas l'enquête. Le lecteur n'est tenu au courant de l'avancée de celle-ci  qu'à travers les interrogatoires qu'ils subissent ou les rumeurs propagées sur l'application.

Un roman agréable pour un public jeune adulte clairement. Le lectorat adulte lui n'y trouvera pas son compte, cela manque indéniablement de densité. Je ne parle pas du style de l'autrice, il est quelconque.


Qui ment ?, de Karen M. McManus
Traduit par Anne Delcourt
Éditions Nathan
Mars 2018

Compagnie K. [William March]

L'auteur
: Né en septembre 1893 et mort en mai 1954, William March est un écrivain américain, engagé à 23 ans dans la Première guerre mondiale et qui a vécu la guerre des tranchées. De tous les auteurs américains qui écriront sur la Première Guerre mondiale, William March est le plus décoré et celui qui eut la plus longue expérience du conflit.

L'histoire : Décembre 1917. Une compagnie de marines est envoyée au front, en France. Pour la première fois, les hommes de la Compagnie K découvrent la guerre : balles qui sifflent, ordres absurdes, la pluie et le froid, la tentation de déserter. Les cent treize soldats qui composent cette compagnie prennent tour à tour la parole pour raconter leur guerre, les guerres, décrire près d’un an de combats, puis le retour au pays pour les traumatisés, les blessés, ceux hantés à jamais. Tableau saisissant de la Grande Guerre, roman inoubliable salué comme un chef-d’œuvre, Compagnie K est le grand classique américain sur la Première Guerre mondiale.

Mon avis : La Première guerre mondiale est un conflit qui hanta l'auteur de ce livre : il aura mis dix ans à l'écrire. Et en le découvrant, on comprend aisément pourquoi. La lecture en est pourtant fort simple : les membres de la compagnie K, pas loin de 120, se succèdent pour raconter chacun un moment de la guerre, à des périodes allant de l'enrôlement jusqu'au retour à la vie civile, en passant par le débarquement, la guerre de tranchées ou les combats lors de différentes batailles.

Au plus proche des soldats, le lecteur va donc découvrir toute l'horreur de la guerre, dite tour à tour avec bravoure, cynisme, innocence... mais qui se finira presque toujours avec amertume. Officier ou simple soldat, personne n'est épargné. La force de ce roman tient dans le fait que chaque témoignage est très court, trois pages maximum. Il faut alors que l'auteur immerge immédiatement le lecteur dans le sentiment et le propos, taillant au plus vif dans le ressenti de chaque soldat. Tous les témoignages sont bien surs largement inspirés du vécu de William March et après plusieurs chapitres, on comprend vite que le tableau général qui va découler de toutes ces histoires singulières va être abominable. Mais le ton est étonnamment léger, le ton pince-sans-rire de certains soldats allégeant l'ambiance qui pourrait vide être délétère à la lecture et la confrontation avec les populations françaises pleine d'humour, d'autant plus pour un lecteur français.

Court mais pourtant percutant et permettant de voir toute la complexité et l'horreur de la Première guerre mondiale, ce roman est effectivement un classique à découvrir absolument.


Compagnie K., de William March
Traduit par Stéphanie Levet
Éditions Gallmeister pour Kindle
Novembre 2015

Swan song tome 2 : La glace et le feu [Robert McCammon]

Suite et fin du diptyque de Robert McCammon Swan song dont le premier tome m'avait ravie.

L'histoire : Une seconde naissance.

Sept ans ont passé ; l'holocauste nucléaire a obscurci le ciel d'un voile de poussière et recouvert la terre d'un linceul de neige, cédant la place à un hiver sans fin dont les mâchoires gelées se referment lentement mais inexorablement sur la planète.

Dans ce monde d'après, les hommes s'entre-déchirent, pour les ressources, pour le pouvoir, par pure folie.

Néanmoins l'espoir subsiste, informe, précieux, dans des amitiés improbables nées d'une lutte commune pour la survie, dans l'éclat fascinant d'un anneau de verre aux couleurs étincelantes. Dans les mains d'une jeune fille capable de faire renaître ce qui semblait mort.

Le moment est venu de savoir si un nouveau printemps est possible.

Entre ceux qui cultivent un fragile avenir et ceux qui s'emploient à détruire le présent, une course contre la montre est engagée. Pris dans un combat épique entre le bien et le mal, les héros ordinaires de Swan song devront choisir entre chant du cygne et chant d'espoir.

Mon avis : J'ai retrouvé avec un immense plaisir la plume de Robert McCammon et ses personnages si attachants : Swan, Josh et Sister. Sept ans après l'apocalypse, ils tendent tous à trouver de quoi subsister et parcourent le pays dans une quête dont ils ne connaissent pas vraiment le but. Sister et Swan sont toutes les deux poussées par des visions qu'elles ont bien du mal à comprendre. La rencontre va se faire dans une petite communauté appelé Mary's Rest. Autour d'eux, la monde a sombré dans une violence atroce. Il reste bien peu d'espoir pour l'humanité, sous un ciel gris et des températures en permanence glaciales où plus rien ne peut pousser.

McCammon continue avec sa narration alternant les points de vue des différents personnages au fil des chapitres. Ca donne beaucoup de dynamisme et ça se lit très vite. Swan semble être la clé de tout, la seule lueur d'espoir, et son pouvoir va se faire jour rapidement. Au point de déchainer le Mal absolu contre elle. Reste à savoir quel camp l'humanité survivante choisira.

Le fantastique reste très discret : le Mal, le pouvoir de Swan et l'anneau de Sister, ce dernier étant assez peu exploité. J'avoue avoir été déçue de ce qui en est fait au final, à savoir pas grand chose. Mais pour tout le reste, c'est un grand OUI pour ce roman qui est du pur divertissement bien mené et dont j'ai tourné la dernière page avec regret.


Swan song tome 2 : La glace et le feu, de Robert McCammon
Traduit par Jean-Charles Khalifa
Éditions Monsieur Toussaint Louverture
Mai 2023

Les assassins [R.J. Ellory]

Ma dernière lecture de R.J. Ellory datait de plus de trois ans, avec Les neuf cercles.

L'histoire : New York, 2006. Quatre homicides sont commis en quinze jours, selon des modes opératoires très différents. Seul John Costello, documentaliste au New York City Herald, inépuisable sur les tueurs en série, voit un lien entre eux. Il a en effet découvert que chacun des meurtres a été perpétré à une date anniversaire, chaque fois celle d'un célèbre crime exécuté par un serial killer, d'après une procédure rigoureusement identique. Épaulé par Ray Irving, inspecteur au NYPD, et Karen Langley, journaliste au City Herald, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier.

Mon avis : Le point fort d'Ellory reste sa capacité à nous mettre très vite dans l'ambiance et à nous tenir par le biais de chapitres courts qui se dévorent à la suite sans qu'on s'en rende compte. Le lecteur plonge rapidement dans ce récit qui met en scène un enquêteur sur la trace d'un tueur en série en plein cœur de New York. Celui-ci défie la police en copiant les crimes d'autres tueurs en série célèbres. Pourquoi ? Il faut chercher à plonger dans la psychologie des êtres les plus sombres pour essayer de comprendre et d'anticiper les actes du tueur pour l'arrêter. Il va recevoir l'aide d'un documentaliste au City Herald, lui-même ancienne victime réchappé d'un tueur en série dans sa jeunesse.

Malgré cela, à nouveau dans ce roman de l'auteur, je fais les mêmes reproches que pour Les neufs cercles
 - Des longueurs qui agacent dès le début, et donnent au final un roman qui pourrait facilement être allégé de plus d'une centaine de pages,
 - Ce qui provoque forcément une frustration sur la fin : tout ça pour ça ?
 - Des personnages qui interpellent par leur prénom à tout bout de champ dans un dialogue mené à deux.
Ajoutons ici un effet répétitif des scènes de crime où aucun indice n'est trouvé et des portraits bien trop rapides et succincts des grands tueurs cités. Ellory ne fait rien du matériel qu'il a sous la main. En fait, il ne se passe rien pendant tout le roman, juste les tentatives désespérées de l'enquêteur pour trouver quelque chose, n'importe quoi. Il faut attendre que l'assassin se livre presque pour connaître le fin mot de l'histoire.
 
Bref, une qualité qui fait défaut après ses vrais chefs d’œuvre que sont Vendetta ou Seul le silence. Est-ce que je me lasse ? Est-ce que mon œil devient plus affûté ? Ou est-ce que l'auteur se repose un peu trop sur ses lauriers, faisant ainsi resurgir ses défauts de jeunesse ?


Les assassins, de R.J. Ellory
Traduit par Clément Baude
Éditions Livre de poche
Décembre 2016

Swan song tome 1 : Le feu et la glace [Robert McCammon]

L'auteur
: Né en juillet 1952, Robert McCammon est un auteur américain spécialisé dans le genre de l'horreur. Avec Swan song il obtient le Prix Bram-Stoker du meilleur roman 1987.

L'histoire : L'apocalypse, c'est maintenant.
Missiles et fusées se croisent dans le ciel et font s'abattre sur la terre des tornades de feu. Un vent terrible se lève, les poussières radioactives voilent le soleil, la vie telle qu'on la connaît va s'achever.
Dans une plaine déserte du Kansas brûlée par le feu nucléaire, Black Frankenstein, une force de la nature, se voit confier une mission par un vieillard mourant : protéger une enfant au don particulier.
Dans les décombres d'un New York annihilé par les bombes, une sans-abri à moitié folle découvre un étrange anneau de verre.
Dans les ruines souterraines d'un camp survivaliste des montagnes de l'Idaho, un adolescent apprend à tuer...
Plusieurs vies, plusieurs trajectoires, un seul but : survivre à la fin du monde.

Mon avis : Une couverture pulp qui attire l'œil et promet exactement ce qu'il y a dedans : un récit d'horreur postapocalyptique, mâtiné d'un tout petit brin de fantastique. Sur fond de guerre froide, les deux clans ont fini par appuyer sur les boutons rouges et on déclenché la troisième guerre mondiale, une guerre nucléaire. Les dégâts sont considérables pour l'humanité tout entière. Ce roman étant rédigé par un américain, vous ne vous étonnerez pas qu'on se focalise sur les États-Unis et plus précisément sur trois personnages. 

Sister est une SDF à New York. Lorsque les bombes tombent, elle trouve refuge dans les entrailles du métro, découvre un mystérieux anneau aux étranges lueurs et, accompagné du brave Artie, se lance dans une grande marche vers l'Ouest.

Robert est un adolescent enseveli sous les décombres d'un abri anti-atomique, dans lequel ses parents, survivalistes, l'ont entraîné pour les vacances. Il se rapproche du colonel Macklin, héros de guerre capable de le protéger.

Josh est un catcheur noir qui sillonne les routes du Sud pour gagner sa vie. Il va croiser sur les routes du Kansas la jeune Swan au moment où l'apocalypse se déclenche et il se promet de tout faire pour la protéger. 

Tous progressent sur les routes du pays pour aller à la rencontre des rares survivants, cherchant de quoi subsister dans les ruines de l'ancien monde, dans un hiver permanent qui s'est répandu partout à cause des poussières radioactives. On sent bien que les personnages sont liés entre eux, mais cela reste pour l'instant assez ténu. Chacun trace son chemin, rencontre des bandes organisées pour piller voire tuer. Les plus fragiles sont des proies faciles. Le chaos règne sur Terre. Et les scènes, effrayantes, d'horreur et de réalisme, se succèdent. Les touches de fantastique sont ici très anecdotiques et ne doivent pas rebuter. En même temps, les actes héroïques sont là. Ce qui permet à la survie de s'organiser, à l'espoir de se maintenir, comme une petite flamme chétive.

Comme dans La route de McCarthy, le désespoir est là, sous les yeux du lecteur. On se demande ce qui permet à nos personnages principaux de tenir. Mais on s'attache à chacune des histoires qui nous est contées alternativement au gré des chapitres qui s'enchaînent avec une facilité déconcertante. Il faut dire que, bien qu'écrit en 1987, ce roman fait d'autant plus vibrer qu'il résonne fortement des échos très actuels du choc entre la Russie et les États-Unis du fait du conflit en Ukraine.

Un excellent roman, un vrai page-turner dont j'ai hâte de lire la fin, qui se déroule sept ans après les dernières pages de ce premier tome. Merci à Carolivre pour la recommandation !


Swan song tome 1 : Le feu et la glace, de Robert McCammon
Traduit par Jean-Charles Khalifa
Éditions Monsieur Toussaint Louverture
Mai 2023

Une enquête de Beatrice Hyde-Clare : une scandaleuse supercherie [Lynn Messina]

Après la lecture du tome 1, je n'ai pas attendu longtemps avant de me plonger dans le tome 2 des enquêtes de Beatrice Hyde-Clare, écrite par Lynn Messina.

L'histoire : Miss Beatrice Hyde-Clare est bien décidée à ne plus jamais se mêler de ce qui ne la regarde pas. Donc, quand un dandy s’écroule raide mort à ses pieds, elle ne ressent aucune envie d’enquêter. Vraiment aucune.
Sauf que l’arme du crime lui est étrangement familière… Voilà Bea en route pour le British Museum pour confirmer ses soupçons ! Et, surprise : le duc de Kesgrave apparaît comme par magie à ses côtés.

Mon avis : Autant donner le ton tout de suite, je n'attendrais pas longtemps avant de retrouver le duc de Kesgrave et Bea ! J'ai beaucoup aimé cette lecture rafraîchissante à souhait, sans prétention autre que de nous faire passer un bon moment à suivre les aventures de notre jeune orpheline et ses passes d'arme verbales avec le duc qu'elle mouche à tour de bras et qui s'en amuse volontiers.

Ambiance victorienne et cosy mystery mâtiné de romance, c'est un cocktail qui s'avère savoureux sous la plume de Lynn Messina, qui n'hésite pas au passage à mettre en lumière l'aspect corseté de la bonne société britannique de l'époque et les relations misogynes au possible sur lesquelles tout est construit. Une femme ne vaut guère mieux qu'un animal et ne peut absolument pas faire preuve d'indépendance et de répartie sous peine de finir dans à l'hôpital psychiatrique. Néanmoins tout est abordé avec humour et j'ai hâte de poursuivre, même si on se doute bien de ce qui se trame pour nos deux personnages principaux.

Entendons nous bien, ce n'est pas l'enquête du siècle ni le meilleur roman de l'année, ou avec un style particulièrement remarquable. Mais en temps de canicule ou devant un bon feu de cheminée en hiver, c'est une lecture parfaitement distrayante. D'ailleurs, à l'heure où parait ce billet, j'ai déjà lu et adoré le tome 3 et j'ai hâte de me plonger dans le quatrième.


Une enquête de Beatrice Hyde-Clare tome 2 : une scandaleuse supercherie, de Lynn Messina
Traduit par Emmanuelle Aronson
Les escales éditions pour Kindle
Mai 2022

Une enquête de Beatrice Hyde-Clare : une insolente curiosité [Lynn Messina]

L'autrice
: Née en 1972, Lynn Messina est une autrice américaine.

L'histoire : Rien ne gâche mieux une fête qu’un meurtre sanglant dans la bibliothèque…
Beatrice Hyde-Clare détonne au sein de la noblesse anglaise : orpheline sans mari, elle dépend de la générosité de son oncle et de sa tante. Elle s’efforce donc de rester docile, respectueuse et à sa place.
Mais quand Bea trébuche sur le corps sans vie du pauvre monsieur Otley dans la bibliothèque de la demeure des Skeffington, elle oublie aussitôt de se comporter en véritable lady et se lance en quête de la vérité, quitte à manquer de respect aux autres invités… et au divin duc de Kesgrave.

Mon avis : A mi-chemin entre le cosy mystery et la romance, ce roman fut une lecture agréable et sans prétention qui m'a parfaitement distraite. 

Dans une période qui doit se situer vers la fin du règne de la reine Victoria voire pendant la Régence, nous suivons l'enquête que va mener Beatrice, jeune fille orpheline recueillie par sa tante et sans aucune perspective de mariage. Tout se déroule dans la demeure des Skeffington, où les premiers mots de l'autrice plante parfaitement le décor : notre demoiselle rêve de lancer toute sorte de légumes au visage de l'agaçant duc de Kesgrave. Sans se douter que la suite de l'histoire va l'amener à faire équipe avec lui pour trouver un meurtrier.

C'est léger, frais, agréable. Beatrice ne cherche pas à séduire ni ne fomente de complot pour se caser. Son charme réside dans ses pensées irrévérencieuses. Elle s'avère futée et plus pétillante qu'il n'y parait. Ce qui ne laissera pas indifférent son équipier, qui sait la provoquer. L'enquête est quant à elle assez classique : on passe logiquement en revue tous les coupables potentiels, n'en oubliant qu'un : le bon. 

J'aurais aimé un peu plus de contexte historique pour parfaire ce récit, histoire de ne pas trop axer sur la romance. Mais je chipote, car j'ai passé un bon moment et c'est le principal.


Une enquête de Beatrice Hyde-Clare : une insolente curiosité, de Lynn Messina
Traduit par Emmanuelle Aronson
Les escales éditions pour Kindle
Mai 2022

Molosses [Craig Johnson]

Presque deux ans depuis ma dernière lecture des aventures du shérif Walt Longmire. Je poursuis donc la série avec le sixième opus, Molosses, après Dark Horse.


L'histoire : Alors que l'hiver s'installe dans le comté le moins peuplé de l'État le moins peuplé des États-Unis, Walt Longmire, son shérif, se voit confier une curieuse mission : celle de mettre la main sur le propriétaire d'un pouce abandonné à la décharge. L'enquête devient rapidement haute en couleur, car Walt se trouve face à deux molosses qui gardent le terrain, à son vieux propriétaire loufoque et à un promoteur immobilier multimillionnaire qui cherche à prendre possession des lieux pour étendre son vaste ensemble de ranchs luxueux. Sans parler d'un jeune couple fleurant bon la marijuana, de la vieille institutrice au charme incontesté, du perroquet dépressif et déplumé et de quelques cadavres qui bientôt viennent compliquer cette affaire.

Mon avis : Walt Longmire est en mauvais état. Ses aventures précédentes l'ont marqué dans sa chair : il boite, à la vue qui baisse, mais son cerveau fonctionne toujours. S'il est réticent à se mettre au repos, il faut dire que les habitants du comté d'Absaroka, Wyoming, ne lui laisse pas beaucoup le temps, même au milieu de tempêtes de neige à répétition. Il doit se lancer à la poursuite d'un meurtrier alors qu'un de ses collaborateurs, en plein syndrome de stress post-traumatique, menace de démissionner.

C'est toujours un plaisir de retrouver la galerie de personnages attachants que propose Craig Johnson, ainsi que le ton humoristique de l'auteur. Car tout commence de façon assez légère : un pouce est retrouvé dans une décharge, il faut identifier son propriétaire. Une mission parfaite pour le Basque, qui déprime après avoir été gravement blessé dans une mission précédente. Il faut donc l'occuper, quitte à le lancer sur les traces d'un homme dont on connait en fait déjà l'identité. En parallèle, le propriétaire un peu loufoque de la décharge est blessé, et il faut aller s'occuper de ses animaux, assez étonnants, découvrir ses amours avec l'ancienne institutrice du shérif et cadrer un peu sa progéniture turbulente. La noirceur va monter petit à petit, comme la neige s'installe durablement et gèle le paysage. Cette météo du Wyoming est un élément clé des romans de Craig Johnson, chacun de ses romans correspondant à une saison et à ses charmes particuliers.

Un tome en dessous des autres, c'est la première fois chez l'auteur et il faut le noter. Ici, la sauce ne prend pas vraiment, elle reste froide, comme le climat décrit. Je n'ai pas particulièrement adhéré à l'histoire racontée, l'histoire est trop tarabiscotée. Et j'ai trouvé l'humour moins fin. De plus, la place réservée à la communauté native américaine est quasi-nulle, Henry Standing Bear n'apparait qu'assez rarement (mais le peu nous donne surement la scène la plus comique du roman). En espérant retrouver dans le prochain tome l'auteur plus inspiré pour mettre en scène notre équipe de choc en pleine saison du printemps.


Molosses, de Craig Johnson
Traduit par Sophie Aslanides
Éditions Gallmeister pour Kindle
Décembre 2015

Blackwater tome 2 : la digue [Michael McDowell]

Après le premier tome, qui ne m'avait pas convaincue, et devant l'avalanche de critiques plus que positives, j'ai tenté le deuxième tome de la saga Blackwater.

L'histoire : Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot de conséquences : main d’œuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes.
Pendant ce temps, dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarche, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer.
Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles.

Mon avis : Bon, disons le tout de suite, je ne suis toujours pas convaincue et je vais arrêter là. Je ne suis pas embarquée, le style me semble plat et, même si j'ai aimé voir Sister se rebeller, quel dommage que ce tome ne soit pas centré sur elle. 

Globalement, je reproche surtout à cette saga de ne pas aller assez loin, d'être trop superficielle. Les personnages ne sont pas approfondis, on papillonne de l'un à l'autre sans s'attacher. On aurait pu imaginer que chaque tome adopte le point de vue d'un personnage et faire progresser l'histoire ainsi. Cela aurait permis de s'attarder sur la psychologie de chacun et d'en découvrir davantage. Pareil pour le contexte : il est question du quotidien d'une petite ville des États-Unis au début des années 1920, du racisme ambiant, de la place des femmes... mais rien n'est questionné, rien n'est remis en question. C'est pareil pour l'ambiance étrange et pesante, l'auteur se contente de micro touches sans que cela n'instaure vraiment un climat inquiétant. Je suis plus freinée dans ma lecture qu'intriguée lorsque je rencontre les éléments surnaturels dans le récit.

Alors oui, l'objet livre est beau et oui, la publication sous forme de feuilleton entretient le suspense. Mais cela n'est au final que des coups marketing et à mon goût le contenu n'est pas à la hauteur. Ce n'est pas assez prenant, je passe à autre chose.


Blackwater tome 2 : la digue, de Michael McDowell
Traduit par Yoko Lacour avec la participation de Hélène Charrier
Éditions Monsieur Toussaint Louverture pour Kindle
Avril 2022

Blackwater tome 1 : la crue [Michael McDowell]

L'auteur
: Écrivain et scénariste américain né en 1950 et mort en 1999, il est connu pour avoir écrit le scénario de Beetlejuice pour Tim Burton. Il n'a publié que des livres au format poche, ce qui lui vaut la qualification d'écrivain commercial.

L'histoire : Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l'Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l'implacable crue de la rivière Blackwater.

Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s'apprêtent à se relever… mais c'est sans compter l'arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d'une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey.

Mon avis : Tout le monde en parlait, il fallait bien que j'aille me faire mon propre avis ! Alors oui, l'objet livre est beau, mais comme vous le voyez, je me suis tournée vers la version numérique donc je n'ai pas été influencée par cet aspect. Oui, la publication sous forme de feuilleton est de nos jours rare et par la force des choses originales. En bref, la maison d'éditions a fait un splendide travail de marketing pour cette saga de six tomes. Maintenant, objectivement, qu'en est-il de la qualité de l'ouvrage littéraire ? J'avoue être restée sur ma faim.

Il faut dire que ce n'est pas très bien écrit. Ça manque de profondeur de décor, de personnages un peu travaillés psychologiquement et le style n'est pas vraiment remarquable. L'ambiance est étrange, sans qu'on sache vraiment pourquoi. De phénomènes surnaturels apparaissent mais ne surprennent guère les protagonistes : mort prédite, bijoux tombant du plafond, naissance décidée...
 
Côté histoire, on découvre la famille Caskey, dont les membres sont tous des notables de la petite ville de Perdido dans l'Alabama profond, en 1929. Ils viennent de faire face à une crue qui a ravagé une bonne partie de la ville. Au milieu de ce désastre, on trouve une nouvelle venue, Elinor, dont on ne sait rien. Cette femme va pourtant s'imposer dans la famille Caskey, créant nombres de tensions. Étonnamment, cette société est dirigée par les femmes : les hommes, s'ils ramènent l'argent et s'occupent de la scierie, ne dirigent aucunement la vie familiale. Mais il se passe au final très peu de chose dans ce premier tome qui, ne serait le dernier chapitre, ne donnerait pas envie de poursuivre. On m'a dit cependant que cela s'arrangeait par la suite.

La publication en feuilletons était donc un pari risqué car il fallait entraîner suffisamment les lecteurs jusqu'au tome suivant. Pari payant pour l'éditeur si on voit l'engouement général pour cette œuvre. De mon côté, je vais tenter le tome 2, mais celui-ci a intérêt à être passablement meilleur sinon j'arrêterai là. Je n'ai plus beaucoup de temps pour lire, autant lire des bonnes choses.


Blackwater tome 1 : la crue, de Michael McDowell
Traduit par Yoko Lacour avec la participation de Hélène Charrier
Éditions Monsieur Toussaint Louverture pour Kindle
Avril 2022

Dune [Frank Herbert]

L'auteur : Né en octobre 1920 et mort en février 1986, Frank Herbert est un auteur américain de romans de science-fiction dont le plus connu est certainement Dune, considéré comme un classique du genre.

L'histoire : Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'histoire.
Cependant, les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?

Mon avis : Mon premier contact avec l'univers de Dune remonte à mon adolescence, où j'étais tombée sur le film de David Lynch au bout duquel je n'avais pas pu aller. Passé 30 minutes, j'en avais vu assez. Du coup, lire le roman ne m'emballait pas vraiment. Mais Mister a voulu voir l'adaptation proposée par Denis Villeneuve en 2021 ; je l'ai accompagné et j'ai été emballée. Il était donc évident que je lirais le roman.

Alors, ai-je été trop influencée par le film ? C'est possible. J'avoue avoir beaucoup apprécié ma lecture sur la première moitié qui correspond à l'adaptation proposée par Villeneuve. J'avais en tête les images magnifiques du film, je connaissais l'histoire, je me suis laissée porter. Ca s'est gâté sur la deuxième moitié du roman, où je me suis royalement enquiquinée ! C'est long, lent et surtout mal écrit : avec des ellipses qu'il faut combler (comme comprendre qu'il s'est passé plusieurs années entre le moment où on laisse Paul et Jessica intégrer la tribu Fremen et le moment où on le retrouve brusquement marié, père et chef de tribu) ou encore un manque cruel de rythme pour les scènes d'action par rapport aux scènes plus introspectives. Et les atermoiements de Paul ont fini par me lasser sérieusement.

C'est d'autant plus dommage que l'univers est vraiment riche et inventif. Il y a une vraie matière à exploiter. Mais comme souvent avec la science-fiction, je suis déçue par la façon dont l'auteur exploite ses idées ingénieuses (seul Dan Simmons a su trouver grâce à mes yeux dans le genre space opéra). 

Bref, si je suis contente de m'être enfin frottée à ce monument de la littérature, je n'ai pas été suffisamment séduite pour poursuivre la saga.


Dune, de Frank Herbert
Traduit par Michel Demuth
Éditions Robert Laffont pour Kindle
Septembre 2020

Nickel boys [Colson Whitehead]

L'auteur
: Colson Whitehead est un journaliste et romancier américain né en novembre 1969 à New York, un des rares auteurs à remporter deux fois le prix Pulitzer de la fiction en 2017 et 2020, pour ses romans Underground railroad et Nickel boys.

L'histoire : Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à cœur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université pour y faire de brillantes études, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu’il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes.

Mon avis : Indubitablement un roman fort par son sujet, qui ne peut que faire écho à l’actualité puisqu’il est basé sur un fait tout ce qu’il y a de plus réel, celui de la Dozier School, ouverte de 1900 à 2011 et dont le personnel encadrant commis les pires méfaits sur les jeunes qui leur étaient confiés, allant jusqu’au décès, aggravés par un racisme primaire ignoble. Tout cela met à nouveau en lumière l’immense dette humaine des États-Unis et la meurtrissure profonde qui marque cette société, hantée par le pire des ségrégationnismes. De fait, le lecteur ne peut donc qu’être touché par l’histoire d’Elwood.

Maintenant, je suis beaucoup moins convaincue par le style. Peut-être en attendais-je beaucoup trop de la part d’un auteur doublement primé du Pulitzer, y compris pour ce roman-ci. J’ai trouvé que ça manquait d’intensité, notamment dans la description des personnages, trop succincte et avec peu de psychologie. Et puis les changements de temps n’aident pas à donner du rythme au récit. Est-ce le problème du style de l’auteur ou de la traduction ? Impossible à dire de façon claire mais j’aurais tendance à croire que non car je trouve qu’il y a aussi de la facilité dans certains points, comme de se référer systématiquement à Martin Luther King et ses discours pour montrer l’idéalisme du jeune garçon et construire l’opposition entre rêve et réalité. Le rêve de ce qu’il veut être, la réalité de ce que la société lui impose. Enfin, le retournement annoncé comme une gifle par beaucoup dans les dernières pages ne m’a pas vraiment surprise, je m’y attendais un peu.

Bref, pour un roman tant en encensé par la critique, je suis restée sur ma faim.


"S'interdire de penser à la fuite, ne serait-ce que pour un instant volatil, c'était assassiner sa propre humanité."


Nickel boys, de Colson Whitehead
Traduit par Charles Recoursé
Éditions Albin Michel pour Kindle
Août 2020

Des gens d'importance [Mariah Fredericks]

L'auteur
: Mariah Fredericks est une romancière américaine, vivant à New York, diplômée d'histoire. Des gens d'importance est son premier roman, premier d'une série mettant en scène Jane Prescott femme de chambre.

L'histoire : New York, 1910. Jane Prescott, femme de chambre, jouit d'une réputation exemplaire, et d’un esprit affûté qui lui permet de voir bien au-delà du mode de vie mondain et fastueux des riches parvenus chez qui elle sert. Jane est ainsi la première à comprendre ce que les fiançailles de sa jeune maîtresse avec le très en vue Norrie Newsome, déjà promis à une autre, ont de scandaleux. Et quand ce dernier est retrouvé mort, elle est aussi la mieux placée pour trouver qui avait intérêt à le voir disparaître. Dans un contexte social incandescent, le coupable est à chercher aussi bien dans les milieux anarchistes que les demeures bourgeoises. Car Jane sait que, autant dans la bonne société que dans les entrailles abandonnées de la ville, la haine et la violence couvent sous la surface, et peuvent éclater à tout moment…

Mon avis : Voici un roman policier historique, dont je n’attendais pas grand-chose et qui a su agréablement me surprendre. Je l’ai vite lu, alors qu’en ce moment j’ai globalement du mal à me concentrer ce qui fait traîner mes lectures en longueur.

Le récit navigue entre la petite et la grande histoire. Vous le savez maintenant, j’aime particulièrement découvrir des épisodes historiques par l’intermédiaire d’un récit plus classique. C’est ce que nous offre ici Mariah Fredericks, en choisissant comme personnage principal une femme de chambre dans le New York des années 1910, juste avant la Première guerre mondiale. Des vieilles familles désargentées (le terme aristocratie me paraît difficilement applicable au regard de ce qu’il représente dans le vieux monde) voient arriver de nouvelles familles qui ont pu faire fortune lors du Gilded age en reconstruisant le pays, ouvrant à coup d'argent les portes jusque là fermées pour leur progéniture. Cette cohabitation n’est pas sans aller avec des rancœurs et des détestations. Des mariages arrangés sont parfois remis en question lorsqu’un parti plus fortuné apparaît. Mais ces problèmes de riches semblent risible face aux problématiques de droits des femmes, des classes populaires surexploitées, des enfants… des revendications qui amènent certaines communautés à s’exprimer plus que ne le voudrait le gouvernement, qui se livre par moment à une véritable chasse aux sorcières.

Au milieu de ce décor, un riche héritier est assassiné en pleine soirée mondaine. Jane Prescott, femme de chambre donc, se pose des questions et craint que sa maîtresse ne soit accusée à tort, sans aucune possibilité de réhabiliter sa réputation à jamais entachée. La façon dont elle est amenée à enquêter est plutôt bien trouvée et assez crédible : a aucun moment elle ne va poser des questions à droite et à gauche, ni ne se transforme pas en détective amateur. Elle s'interroge, se pose des questions, trouve des incohérences, mais ne dit rien jusqu'à ce qu'on lui demande expressément son avis. Seul bémol peut-être de cet aspect policier : le personnage assassiné étant parfaitement détestable, on n’a guère envie de savoir qui l’a tué autrement que pour suivre les aventures de Jane. Le mystère en lui-même est en fait très secondaire et les indices assez gros pour qu’on devine une bonne partie.

Mais encore une fois, le roman sait passionner le lecteur en montrant les prémices de la médecine légale et du journalisme d’investigation, les scandales de l’exploitation des enfants dans les mines de charbon de l’arrière-pays. Bref, un contexte historique vraiment intéressant qui fait tout le charme de ce roman.



Des gens d'importance, de Mariah Fredericks
Traduit par Corine Derblum
Éditions 12-21 pour Kindle
Septembre 2018

Farallon Islands [Abby Geni]

L'auteur
: Autrice américaine, Abby Geni signe ici son premier roman qui a reçu deux prix aux États-Unis.

L'histoire : Miranda débarque sur les îles Farallon, archipel sauvage au large de San Francisco livré aux caprices des vents et des migrations saisonnières. Sur cette petite planète minérale et inhabitée, elle rejoint une communauté récalcitrante de biologistes en observation, pour une année de résidence de photographe. Sa spécialité : les paysages extrêmes. La voilà servie.
Et si personne ici ne l’attend ni ne l’accueille, il faut bien pactiser avec les rares humains déjà sur place, dans la promiscuité imposée de la seule maison de l’île ; six obsessionnels taiseux et appliqués (plus un poulpe domestique), chacun entièrement tendu vers l’objet de ses recherches.

Mon avis : Voici un roman qui aurait pu paraître dans une autre maison d’éditions habituée du nature writing tant il s’inscrit parfaitement dans ce mouvement. La narratrice, Miranda, est photographe naturaliste. Elle parcourt le globe, sans attache familiale. Elle arrive sur les îles Farallon, au large de la Californie, inhospitalières au possible, habitées (pour les besoins du roman) uniquement par une poignée de biologistes chargés d’étudier la faune locale : pléthore d’oiseaux, requins et autres éléphants de mer. Tout ce monde s’entasse dans une bicoque où règne la promiscuité et où on oublie toute intimité. À l’extérieur, la nature se révèle à l’état le plus brut. Comme un miroir, les hommes semblent eux aussi retrouver leurs instincts primaires. Cela donne un environnement oppressant et hostile dans lequel Miranda, quelque peu déstabilisée au début, va se retrouver elle-même et s’épanouir.

J’avoue ne pas être vraiment convaincue. Déjà les longues descriptions de la nature, si elles sont parfois charmantes, sont aussi répétitives et un peu lassantes. Le récit monte progressivement en tension mais j'ai été profondément choquée par l’utilisation de l’événement traumatisant subi par Miranda pour promouvoir sa renaissance. Qu’une femme ait pu penser et écrire ça me dépasse, surtout de nos jours. Pour autant, je reconnais à l'autrice un certain talent pour donner un charme assez hypnotique à ces replis rocheux abruptes malgré l’hostilité permanente du lieu. Mais cela ne suffit pas à me faire avaler la grosse couleuvre du twist.




Farallon Islands, d'Abby Geni
Traduit par Céline Leroy
Éditions Actes Sud
Juin 2017

Takedown twenty [Janet Evanovich]

Plus d'un an depuis ma dernière lecture des aventures de Stephanie Plum, avec Notorious nineteen.
 
L'histoire : New Jersey bounty hunter Stephanie Plum knows better than to mess with family. But when powerful mobster Salvatore "Uncle Sunny" Sunucchi goes on the lam in Trenton, it's up to Stephanie to find him.

Uncle Sunny is charged with murder for running over a guy (twice), bot nobody wants to turn him in - not his poker buddies or his bimbo girlfriend. Even Trenton's hottest cop, Joe Morelli, has skin in the game, because - juste Stephanie's luck - the godfather is his actual godfather.

Uncle Sunny isn't the only one giving Stephanie the runaround. Secrutiy specialist Ranger needs her help to solve the bizarre death of a top client's mother, a woman who happened to play bingo with Stephanie's Grandma Mazur. Before Stephanie knows it, she's working side by side with Ranger and Grandma trying to catch a killer on the loose - and the bingo balls are not ralling in their favor.

Withe bullet holes in her car an hechmen on her tail, Stephanie will have to up her game for the ultimate takedown.

Mon avis : Est-ce parce que ce n'était pas vraiment le moment pour cette lecture ? Je n'en suis pas certaine car en général, les aventures de Stephanie Plum sont au contraire mon refuge en cas de moment difficile : une lecture facile garantie, même en anglais. Pourtant là, j'avoue m'être ennuyée. La faute au schéma toujours le même, même si ça à la rigueur, on peut le pardonner puisque c'est aussi ce qui fait son charme. Notre chasseuse de prime a toujours besoin de faire une capture car son frigo est vide et qu'elle a besoin d'une nouvelle voiture. Mais elle oscille toujours lamentablement entre Ranger et Morelli et ses atermoiements m'ont fatiguée. L'enquête n'étant pas non plus à la hauteur, elle patauge à tous les niveaux, et l'humour au final peut présent, si on met de côté les saillies de Lula qui se lance à la poursuite d'une girafe. 

Il manque en fait cette fois le petit grain d'originalité. La séquence dans la boucherie ne suffit pas à donner un peu de souffle de folie à ce tome. C'est dommage. Une déception.


Takedown twenty, de Janet Evanovich
Bantam books
Juin 2014

True story [Kate Reed Petty]

L'auteur
: Kate Reed Petty est une autrice américaine qui a publié dans plusieurs magazines et a réalisé plusieurs courts métrages. True Story est son premier roman.

L'histoire : Talentueuse mais solitaire, Alice Lovett prête sa plume pour écrire les histoires des autres. Pourtant elle reste hantée par la seule histoire qui lui échappe : sa propre vie. Une simple rumeur, lancée en ce lointain été 1000 par deux ados éméchés, a embrasé en un rien de temps toute la communauté. Que s'est-il passé sur la banquette arrière de cette voiture alors qu'ils ramenaient Alice, endormie, chez elle ? Accusations, rejets, déni, faux-semblants... la réalité de chaque protagoniste vacille et reste marquée à tout jamais. Et quand le présent offre une chance de réparer le passé, comment la saisir ? Faut-il se venger ou pardonner ? Ou mieux vaut-il tout oublier ? Mais peut-on oublier ce qu'on n'a jamais vraiment su ?

Mon avis : Qu’est-ce que le vrai ? Les faits ? Quand on ne les connait pas, comment se faire un avis ? Et surtout comment se construire quand tout un pan de notre histoire nous échappe ? D’autant plus quand il s’agit d’un événement traumatique qui va avoir un impact sur le reste de votre vie. Comment se confronter à son passé ?

On suit les principaux protagonistes de ce moment clé, une fête de lycée qui dégénère, sur 15 ans : Alice la victime, Nick un ami des deux jeunes hommes qui l’auraient agressée ou Haley son amie. Pendant ce récit, le lecteur se rend compte qu’aucun n’est sorti indemne de cet instant. A tort ou à raison, ce n’est pas vraiment la question. Ils sont hantés par la rumeur qui s’est propagée.

Le récit est volontairement décousu, la trame narrative classique déconstruite. On passe d’un récit à la troisième ou à la deuxième personne, à un scénario très naïf de film d’horreur, puis à des brouillons de lettre de motivation ou à un monologue. Les différents personnages peuvent prendre la parole, sans respect de chronologie. Le lecteur ne sait jamais ce que sera le chapitre suivant et doit reconstruire la trame.

C’est efficace, ça tient en haleine, mais c’est parfois excessif, comme si l’ensemble tenait plus de l’exercice de style que de la volonté de dire quelque chose. Comme si l’autrice s’était concentrée sur la forme plus que sur le fond, pourtant très pertinent. Au final, si le propos est intéressant, le lecteur se perd dans ce méli-mélo de formes.


« Les monstres existent, les fantômes aussi, ils vivent à l’intérieur de nous ».


True Story, de Kate Reed Perry
Traduit par Jacques Mailhos
Éditions Gallmeister
Août 2021